Les Mentawai, le peuple des fleurs

Les Mentawai (ou encore Mentawei, Mentawaï ou Mentawi) sont la population des îles Mentawai située au large de la côte ouest de la province de Sumatra Ouest en Indonésie. On les appelle aussi « hommes-fleurs » car, pour eux, la beauté est une chose essentielle.
Les Mentawais portent des fleurs d’hibiscus sur leurs têtes. Dans la tradition, elles se transmettent de générations en générations.

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Avant la chasse, les hommes demandent aux esprits de la forêt de leur accorder la chance de ramener un sanglier ou un singe. En même temps, Teoreun (le chamane) va préparer le poison avec des feuilles, des écorces, des racines toxiques puis du piment. Tous ces éléments vont être ensuite rassemblés et pressés (le poison peut tuer un sanglier en moins de 5 mn). Cette fabrication n’est jamais pratiquée devant les enfants car une imitation pourrait être mortelle. Puis Teoreun enduit les flèches avec le poison. Les hommes s’entraînent avec des flèches sans poison sur une cible à 10 m. Enfin, les hommes partent à la chasse : les animaux sont presque invisibles. Quand les chasseurs voient un animal, ils le tuent et, afin de préserver l’équilibre de leur univers spirituel, les Mentawais remercient l’âme de l’animal qu’ils ont chassé.

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Les femmes pêchent des petites crevettes et des petits poissons avec des épuisettes. Les femmes ramènent peu de nourriture car elle est très peu abondante dans la rivière.
Après la chasse, la pêche ... les Mentawais partagent la nourriture : pendant le repas, chaque personne a le même nombre de morceaux de nourriture que son voisin. Les nouveau-nés ont autant de nourriture que les adultes. Car, pour eux, chaque personne a la même importance, que la personne soit chamane ou pas, qu’elle soit vieille ou jeune.

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Les Mentawais ont sans doute été le premier peuple sur terre à faire des tatouages. Ils se tatouent le corps des pieds à la tête. Les tatouages, très impressionnants par leur taille et leur apparence guerrière, ont plusieurs explications :
La première est liée à la religion : leur croyance animiste. Ils croient que tout objet est animé et possède une âme capable de sortir de son enveloppe matérielle. Pour empêcher que l’âme ne parte (ce qui donnerait des maladies et la mort), ils se décorent la peau. Le tatouage vient de cette croyance : il sert à préserver intacte l’âme de l’individu. La seconde fonction permet de connaitre l’identité, le clan et à quelle famille appartient l’individu grâce à des symboles (ex : la lune, le soleil...) qui déterminent l’appartenance à une famille. Les tatouages ont une troisième explication. Ils remplacent leurs vêtements et ils paraissent protéger les humains .

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Les séances de tatouages sont très nombreuses dans une vie de Mentawai pour que le corps en soit presque recouvert. Chaque partie du corps est tatoué petit à petit : les jambes, les bras, le torse et parfois le visage. Les tatouages sont constitués de courbes et de lignes. Hommes et femmes sont tatoués de la même façon exceptés les bras et les cuisses des femmes qui ne sont pas marqués.
Les tatouages sont faits à l’aide d’un petit pinceau appelé « patit » sur lequel est fixée une pointe de laiton. L’encre est constituée d’un mélange de noir de fumée récupéré sous les marmites et de jus de canne à sucre. Les motifs sont d’abord dessinés sans encre sur le corps du futur tatoué, en prenant exemple sur le corps du tatoueur.

Les plus anciens, qui assistent à la séance donnent leur avis sur les dessins et le tatoueur recommence jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord sur la forme artistique des motifs qui doit suivre la tradition. Le tatoueur peut alors commencer avec l’encre. Le « patit » est enduit d’encre et le tatoueur repasse les motifs dessinés avec de l’encre. A l’aide d’une baguette en bois, le tatoueur donne de petits coups secs et rapides sur l’instrument pour que l’aiguille pique la peau. Elle se déplace alors lentement le long de la ligne tracée. La séance est longue et très douloureuse, mais les gens tout autour racontent des blagues et des histoires pour soutenir le tatoué.

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Dans leur village il n’y a pas de chef, mais un guide, le chaman.Chacun sait ce qu’il doit faire. Après le repas du soir, les Mentawai se réunissent pour parler avec des cigarettes dans la bouche. Les réunions peuvent durer des heures car il faut que tout le monde soit d’accord, ce n’est pas la majorité qui l’emporte.

Les Mentawai ont subi une politique très dure d’acculturation et de sédentarisation forcée, menée au nom de la modernisation par le gouvernement indonésien dès les années 1950, appliquée avec l’usage de la violence sous la dictature de Soeharto. Cette politique a été source d’un bouleversement du mode de vie des Mentawai, contraints de quitter la forêt, leur lieu de vie ancestral, et de s’installer dans des villages constitués de maisons individuelles au lieu des traditionnelles grandes maisons communautaires ou uma.

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Depuis la démission de Soeharto en 1998, cette acculturation forcée a cessé, mais nombre de Mentawai ne savent plus vivre ou survivre dans la forêt. L’île a été classée Réserve de la biosphère par l’ONU. Quelques Mentawais ont alors décidé de reprendre leur mode de vie traditionnel en retournant dans la forêt et en reconstruisant des uma. Ils seraient aujourd’hui un millier à avoir retrouvé ce mode de vie ancestral, qui est encore découragé par le gouvernement central et local.


 
 
 
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