-Toi et Moi-

À nos Amours Cosmiques

Le priapisme de saturne

Enceintera ta lune

Lorsque de la terre

Le vent de nos cieux

Comme une pluie de lave lumineuse

Comme un jet de subduction sanguine

Jettera son volcan de larves et de chrysalides

Sur nos fleurs-phéromones.

Alors nos abeilles et nos guêpes en rut

Nos pavillons volants

Nos alcôves veloutées

Papillons de feu à l’orée des quasars

Caravelles d’azur séminal aux extases océanes

Comme les hirondelles perlières des fantasmes vécus,

Oriflamme enflammé des pulsars,

Dessineront l’armoirie incandescente de nos soleils,

Entonneront la liberté des ailes !

Toi et moi,

Ronde stellaire

Des lotus cantatoires

À nos dunes lacustres,

Valve incantatoire de tes eaux onctueuses

À nos huis ouverts,

Atrium indicible de stupre sacré

Pulsion et Propulsion

Aux gigotements gesticulants de nos éthers !

Ô ! Ramages réitérés des échos et des ramures !

Et l’espace surmoïque enfin libéré en nos jouissances !

Toi et moi,

À l’assaut du jour,

Au lasso des désirs,

Libido fumeuse de nos flammes non fumantes.

O ! Mon étoile susurrante, ma colombe dansante !

Toi et moi, matière translatée d’esprit et d’âme,

Brillons comme des photons galactiques

Dans le multivers des passions.

Ah ! Nos érections d’anges !

Fébriles murmures des orages de muse !

Branle-bas diluviens de nos éruptions

Agitations astrales de nos atomes flambants !

Menuet frissonnant à ta peau hérissée,

Frénétiques cadences des jusants de nos êtres,

Frétillante rumba des ressacs de nos corps.

Soupir guinchant de l’infini

Plénitude extatique de nos souffles.


 
 
 
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1 commentaire
  • À nos Amours Cosmiques 13 février 2011 19:47, par André Chenet

    Camille Loty Malebranche réinvente un langage poétique subjuguant, lyrique, détonnant, chatoyant, sensuel, universel et sans tabous. Il célèbre l’amour avec une ferveur sans pareil au milieu du désenchantement généralisé d’un l’occident occis par ses crises successives. Il déploie toute une gamme savante d"analogies qui plonge le lecteur éberlué, à condition que celui-ci veuille bien se laisser entraîner dans les cataractes et les remous du verbe sauvagement débridé, dans le mystère fulgurant de la naissance et de la mort. Flore, faune, minéraux, terre, ciel, vents, eaux vivifiantes, planètes, pulsars, atomes, sperme, lave : le poète nous rend à notre nature originelle, non soumise, où matière et esprit se réaccordent érotiquement en une danse de plénitude extatique. Ce "Fils du soleil" nous exhorte à arracher nos tristes armures existentielles qui nous rendent insensibles à la beauté de ce qu’Édouart Glissant, récemment disparu, nommait le Tout-Monde. Laissons-nous porter jusqu’à la mer par les courants puissants de ce poème-univers. Et merveille des merveilles, les caravelles d’azur du désir désentravé "dessineront/ l’armoirie incandescente de nos soleils,/ Entonneront la liberté des ailes".