Débat Sur l’Islam : bien secouer avant de s’en servir

(J’avais rédigé il y a plus d’une semaine cet article et un débat hier soir sur le sujet m’y a fait repenser. Je le laisse tel quel sachant que le thème est devenu officiellement la - Laïcité )

Bien Agiter Avant de S’en Servir. Il fera donc pchitttttttt en arrosant au passage les arroseurs ! Ce débat de par son titre est sans doute le thème le plus stupide qui soit à mettre en avant aujourd‘hui. Avoir fait l’ENA démontre une fois encore que les plus grandes intelligences n’en sortent pas.

L’essentiel étant de faire du bruit pour exister, ces prédicateurs de la peur et prévaricateurs, car coupables envers leurs concitoyens de détournement de sujets fondamentaux, veulent confiner l’avenir de la France au seul sujet de l’islamité de certains citoyens. Mais sachez que le musulmane française du VIIIéme arrondissement de Paris qui s’habille chez Dior ou l’avocat du 16éme ne sont pas concernés réellement, ils ne seront que des victimes collatérales.

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Photo d’une pénitente catholique à Séville

Le vrai sujet qui se cache derrière tout ceci concerne les quartiers populaires et les banlieues. Cela s’appelle de l’ostracisme, c’est la détestation des pauvres qui est mise en avant et le racisme. Une liste maccarthyste d’une partie des plus défavorisés et des moins représentés politiquement et médiatiquement. Leur stigmatisation sert de bouclier pour éviter de recevoir les coups d’un peuple entier qui se mettrait en colère demain. Mais si hier les révolutions se faisaient parce que le peuple avait faim, aujourd’hui elles se feront, non pas par manque de vivres dans une société consumériste et productiviste, mais par l’élargissement de la conscience du peuple qui anticipera lui-même cet état de manque pour se réapproprier ses biens et ses droits. Voilà la vraie révolution.

L’Islam reste malgré tout un sujet qui est à des années-lumière des réelles inquiétudes et des réels dangers qui menacent l’avenir des Français et de leurs enfants, mais il est devenu une affaire d‘Etat. La démarche est démagogique certes, mais surtout malsaine, perverse.

Alors peut-on réduire tous les problèmes de la France, les broyer et en ressortir un bloc compact, ou un pavé islamisé que l’on jette ensuite sur la foule en lui disant : Ce n’est pas nouuuuuuuuus ! C’est l’islam le responsable. C‘est de sa faute si tout va mal ? En décodé : Courage ne fuyons pas, gardons nos privilèges et nos statuts, mais nions nos responsabilités.

En tout cas ce débat, contrairement au fait d’aider la droite, étale la preuve manifeste de son impéritie et non l‘inverse.

L’Islam serait donc un danger ; admettons. Mais j’aimerais voir un journaliste interroger par exemple Jean-François Copé sur le Coran pour qu’il nous dise si celui-ci est plus violent ou moins violent que la bible judéo-chrétienne, le Tanak ou le Talmud ? Qu’il lui demande si l’extrémisme juif avec ses milices n’est pas également un vrai problème en France ? Si certains prêches fondamentalistes et racistes dans nos synagogues ne sont pas inquiétantes pour la sécurité ? Si le principe de laïcité que JF Copé défend bec et ongles n’est pas remis en cause ou piétiné quand un grand nombre de personnalités politiques fait allégeance au CRIF ? Si l’amalgame entre culture et religion musulmanes n’est pas fait pour induire volontairement en erreur ? Car la jeunesse issue de l’immigration n’est que très peu pratiquante. Ce n’est pas des reportages propagandistes et générateurs de peur qui nous montrent deux intermittentes en burqa ou se convertir à l’islam qui peuvent être probants, ni ceux complètement partisans et parfois bidons d‘ un Harry Roselmack qui prouvent quoi que ce soit. La France, Terre d’accueil, a évolué aussi grâce à ce brassage d’identités ; se repli ethnocentrique n’est-il pas une porte béante ouverte sur l’extrémisme, un recul, une involution et non une évolution ? Si la responsabilité n’incombe pas aux pouvoirs publics quand un culte mendie sur les trottoirs pour pouvoir prier ? Si l’absence de politique d’intégration et d’assimilation n’est pas le vrai sujet ? Et si plusieurs millions d’électeurs ne méritent pas respect et considération plutôt qu’une diabolisation infondée ?

Les minarets seraient également un problème dans le paysage. Personnellement leur vue ne me dérange pas. Je la préfère à celle des centrales nucléaires et de certains ouvrages du Génie-civil qui, de plus, en cas de guerre terrestre ou cosmique deviennent des constructions catastrophiques. Je la préfère à celle sur les bâtiments de l’élevage concentrationnaire, sur les usines, sur les lieux de déforestation, de forage, sur celle des usines d’armement et de ces immenses temples de la grande distribution qui fleurissent comme des champignons dans nos villes et qui sont laids.

Mais avec plus de sang-froid et de considération pour la cohésion nationale le débat aurait été acceptable et surtout utile si son titre avait été : Nos erreurs, nos manquements fragilisent-ils la laïcité et l‘unité nationale. Et si le fond du débat avait été d’instruire ceux-ci, et d’y apporter de vraies solutions, et non des réponses électoralistes et populistes, alors oui le jeu en valait les enjeux.

Le mea culpa pourtant excite toujours la curiosité alors que la diabolisation, éculée jusqu’à la trame, à force de s’en servir, ne fait pratiquement plus recette.

Mais il est évident que nous devons savoir si l’Hexagone sera demain un champ de bataille, par incurie totale et intérêts étatiques nationaux et étrangers, ou si la diversité sera la seule façon de cimenter la concorde nationale pour faire face à ce mondialisme broyeur.

Mais la peur de l’islam est aussi incluse dans ce plan de domination (pour la concentration des pouvoirs) afin que l’opinion publique donne son aval aux invasions et aux bombardements des riches pays arabo-musulmans. L’islamophobie sert également à faire, non pas un écran de fumée, mais à ériger un mur de béton pour que le peuple ne regarde surtout pas ce qui se passe derrière à son insu. On mise sur sa crédulité, son ignorance et sa bêtise pour mener à terme des politiques qui le desservent et le desserviront. L’Islam est donc mis à toutes les sauces pour qu’aucun autre goût ne vienne titiller nos papilles. Nous sommes éduqués à l’inappétence pour les autres sujets. Les décisions qui sont prises et les évènements qui se déroulent derrière ce mur doivent continuer de nourrir l’obscurantisme qui modèle nos opinions afin de ne pas contrarier les intérêts d‘un petite oligarchie élue par le dieu Mammon, et qui est dévolue à son service.

Chacun sait pourtant que les grands criminels, les grands trafiquants, dealers, fraudeurs et pilleurs ne se trouvent pas dans les banlieues ni dans les mosquées. Mais le projecteur est braqué à ces endroits pour que nos sociétés continuent de s’enfoncer inexorablement dans la corruption et que les coupables ne soient jamais inquiétés. Pour que nous laissions, avec un grand sourire, les grands argentiers nous appauvrir afin qu‘ils s‘enrichissent encore et encore. Alors éradiquons les causes en amont et non leurs effets. Autrement c’est de la diversion.

La délinquance est un fait, son instrumentalisation aussi. Mais oser dire au XXI siècle que les problèmes et les dangers à venir sont inhérents à ce constat, est déjà un constat d’échec des autorités et un énorme mensonge.

Le dicton populaire dit : «  User mais ne pas abuser  ». Sans parler du post-colonialisme, la France a bien usé de ces travailleurs issus de l‘immigration. Ils permettent encore de maintenir des salaires bas, de créer un chômage indispensable pour les profits générés par les grandes entreprises, ils servent de boucs-émissaires pour voter des lois de plus en plus sécuritaires et liberticides et à faire croire aux classes intermédiaires qu’elles sont encore privilégiées. Mais surtout et essentiellement ils servent à masquer le vrai danger, celui des sionistes ou des néoconservateurs qui s’emparent de notre pays pour le détruire.


 
 
 
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