Conjoncture : occident - monde arabe.

Honnie soit l’hégémonique "démocratie" !

À vouloir essentialiser par réflexe ethno-sociocentriste ou flagornerie, les vertus prétendues de quelques-uns pour conspuer ceux que l’on hait ou discrimine selon un besoin pathologique d’infériorisation et d’hégémonie, on finit par puer l’incohérence la plus inepte et l’inhumanité la plus crasse.

« Les récents jours de la colère en Irak » et la répression du peuple irakien soulevé contre l’impéritie, la gabegie, la corruption apportées et renforcées par la présence occidentale qui a émietté le pays, prouvent encore une fois dans le sang et le tumulte, le racisme et la violence primitive, l’impropriété politique et l’insanité absolue des interventions occidentales en ce 21ème siècle. Les interventions (directes et bellicistes) du type de l’invasion bushienne et les innombrables boucheries infligées aux civils en Irak et en Afghanistan ou (indirectes et « pacifistes ») via les multiples missions otaniennes et/ou onusiennes, montrent leur criante inanité, leur désarmante infamie voire criminalité.

Aujourd’hui, le cas de la Libye, pays où Kadhafi a commencé à perdre toute crédibilité dès qu’il s’est tourné vers l’occident, cédant de vastes intérêts de la manne pétrolière aux firmes occidentales pour obtenir l’acceptation de son fils comme héritier à son pouvoir, est un des plus ignominieux épisodes de la vassalité partielle d’un pays que les prédateurs occidentaux veulent désormais totale. Un bel exemple du sort qui attend les états résistant à la mainmise occidentale, si d’aventure, ces états s’avisaient de créer des brèches dans leur propre indépendance pour quelques bénéfices sordides voire personnels d’un dirigeant inconséquent et visiblement mentalement déséquilibrés ! Car de quoi l’occident prétend-il tenir son droit et devoir d’intervention ? Droit que d’ailleurs, il appelle de ses vœux dans l’occurrence libyenne ! Droit d’établir la démocratie et d’instaurer la bonne gouvernance ? En Libye, l’argument occidental est ignoblement scélérat et vil puisqu’il nous présente des états dits de droit, qui, au lieu de chercher une solution négociée du départ de Kadhafi, osent se vautrer dans l’abjection sale d’appuyer des groupes ethniques armés et des mercenaires envahisseurs que l’on peut soupçonner soutenus par le sempiternel quarteron d’états ex colonialistes et impérialistes qui s’érigent agressivement comme la « communauté internationale » ‘communauté interventionniste’ voyou dans son irrespect total des peuples et des états, faut-il le souligner encore ici.

Démocratie et Gouvernance, une paire de concepts-alibis…

Penser personnellement ou collectivement, c’est se repenser dans l’ipséité ou l’altérité ; c’est se maintenir ou se changer en pleine conscience de projection méliorative de soi. Sinon, c’est la déchéance, l’aliénation...

À observer la désignation par les occidentaux du reste de la planète, passablement « mal gouvernée » et plus ou moins en panne de démocratie, occidentaux qui sont à la fois le centre culturo-civilisationnel, le nord économique et le sommet diplomatico-onusien, il faut que nous regardions de près ce que les concepts de gouvernance et de démocratie évoquent dans l’imaginaire et le réel des pays prôneurs jusqu’à l’interventionnisme militaire au nom de ces sortes de mantras politique que sont la bonne gouvernance à établir et de la démocratie à instaurer.

La bonne gouvernance pour les rois financiers de l’occident se veut à la fois une totale soumission des états aux diktats des financiers et institutions financières de l’occident comme la Banque mondiale, le Fmi, cela passe le plus souvent par l’application du sinistre Pas (plan d’ajustement structurel) consistant à privatiser tous les services essentiels sociaux et nationaux détenus par l’État rendu simple spectateur des choix de ces institutions capitales pour la société, et qui malgré les bonnes notes de croissance économique qui n’enrayent nullement la pauvreté en pays périphériques, aggravent la fragilité et la précarité du sort des peuples qui peuvent, pour un oui ou un on, se voir privés de tous ces services si jamais un conflit n’éclate entre l’État et les bailleurs de fonds investisseurs dans ces services ou tout simplement si les propriétaires anonymes choisissent d’aller investir ailleurs où c’est plus rentable.

Quant à la démocratie, nous le savons déjà, elle se borne à des élections cycliques liées à des partis totalement inféodés par les grandes puissances qui les financent via toutes sortes d’institutions gouvernementales ou des Ong, même si l’insécurité alimentaire et sanitaire, les pires avec leur millions de morts annuels, la paupérisation des agriculteurs, ajoutées au banditisme urbain et à la l’insécurité proprement dite, sévissent dans l’infernale prison urbaine et suburbaine des populations paupérisées et entassées dans les taudis et bidonvilles des mégapoles cachant la laideur par le béton ironique et hypocrite des buildings de centres-ville commerciaux et de bureaux officiels.

Dans un occident où la désastreuse gouvernance des kleptocrates gouvernementaux et financiers (bancaires et autres) ont provoqué une crise que le pouvoir dictatorial des politiciens a amorcé en pillant les réserves du peuple pour renflouer et enrichir encore plus les fautifs banquiers lanceurs exponentiels de crédit, réduisant tous les services auxquels l’État est préposé, chose que bien d’étasuniens sont en train de contester au Wisconsin et dans plusieurs autres états vu la misère qui envahit le pays du dollar vert, il est impudent et crapuleusement indécent que l’on ose aller faire arrogamment et agressivement la leçon de bonne gouvernance ailleurs par sociocentrisme grivois et prédateur. La démocratie occidentale, quant à elle, qui s’accommode des crimes de ses alliés et salit tous ceux qui ne lui sont guère acquis, est en soi une insulte à l’intelligence des états, des peuples et nations. Car l’Arabie saoudite et la Colombie y figurent comme démocratiques alors que le Vénézuéla et Cuba y sont des dictatures monstrueuses.

La démocratie et la bonne gouvernance font partie de ces vocables idéologiques impérialistes voire directement colonialistes construits en concepts-alibis pour légitimer l’hégémonie telle que s’en paient si souvent les colons et interventionnistes faiseurs d’empire.

Concepts-alibis des néo-esclavagistes que tous les peuples et leurs représentants onusiens doivent expédier aux cloaques de l’économisme ordurier et de sa financiarisation de tout, pour reprendre le contrôle d’eux-mêmes envers et contre les ignobles hégémonistes exterminateurs des droits des peuples à vivre dignes et respectés chez eux dans l’équité tant nationale qu’internationale.

Nous sommes encore et encore en présence de la tentation diabolique du plus fort écrasant le plus petit. L’attitude occidentale, mélange d’arrogance et d’indécence, attitude d’interventionniste grossier vis-à-vis des pays périphériques les plus faibles, posture de lèche-bottes infra-humains face aux forts, nous rappelle que l’instinct bestial de certains individus ou establishments de se croire grandis en écrasant les pacifiques et les désarmés, ne cesse de faire de la terre un cloaque et de l’inhumanité, une vaste déchetterie où plusieurs ne sont que des rejets anthropomorphes se gargarisant éhontés d’une humanité qu’ils ne cessent d’égruger et de démentir au fil de leurs immondes mufleries, leur platitude arrogante.

Les peuples doivent se penser et se repenser eux-mêmes et refuser la fausse définition que leur applique et impose l’occident sous prétexte de démocratie et de civilisation. Les peuples doivent se repenser dans le même et la différence selon leurs intérêts ou ce sera purement et simplement leur asservissement, leur disparition par les interventionnistes.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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