Japon : au drame provoqué par la nature s’ajoute celui de la folie des hommes

Le Japon vient de connaître la pire catastrophe naturelle de son histoire. Il semblerait, selon les spécialistes, que le mouvement des plaques tectoniques se poursuive inexorablement et risque d’aboutir à un tremblement de terre tout aussi puissant que celui de la fin de la semaine dernière. Nous nous inclinons devant les victimes de ce séisme et du raz de marrée qu’il a provoqué et assurons l’ensemble des japonais de notre soutien.

A cette tragédie, s’en ajoute une autre, consécutive à la folie des hommes et à l’appât du gain caractérisés par une société capitaliste qui, depuis longtemps, ne place plus l’homme, mais l’argent au cœur de ses préoccupations. En effet, alors que ce pays est situé sur une zone sismique très active, connue, reconnue, scrutée et sous surveillance, on est en droit de s’interroger quant à la construction de centrales nucléaires qui n’ont pas résisté à un raz de marrée pourtant prévisible. Même constat pour les complexes pétrochimiques qui ont répandu dans le sol et dans l’eau des quantités inconnues de produits toxiques et de pétrole.

En minimisant délibérément les risques sismiques pour accroitre la rentabilité de ces outils de production chimique, pétrolier et électrique, c’est bien le système libéral et capitaliste qui porte l’entière responsabilité de cette situation dramatique. L’État nippon, les ingénieurs et exploitants, également responsables de ce qui s’annonce comme étant une catastrophe nucléaire et chimique majeure, devront rendre des comptes, pénalement, auprès des populations touchées, de manière durable au niveau local, tout comme auprès de ceux contaminés par un nuage, qui lui, n’a pas de frontière.

Il convient d’exiger de l’État français et de ses partenaires privés dans le domaine du chimique, du pétrolier et du nucléaire, de tirer tous les enseignements de ce qui se passe actuellement sur la côte Est du japon. Plus personne ne pourra désormais se montrer incrédule devant cette réalité. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement :

1 - de diligenter d’urgence un audit, réalisé par un ou plusieurs organismes indépendants, afin de connaître le comportement de tous les complexes chimiques, pétroliers et des centrales nucléaires français en cas de séisme, ou de tout autre événement causé par la nature ou par les hommes ;
2 – de rendre public cet audit en le portant à la connaissance du plus grand nombre afin d’ouvrir un véritable débat national autour des questions énergétiques et des choix qui doivent en découler ;
3 – de prendre, au plus vite, toutes les mesures nécessaires pour garantir l’intégrité physique des biens et des personnes, en édictant de nouvelles normes qui garantissent la sécurité de ces complexes pétrochimiques et des centrales nucléaires en prévision de toute catastrophe, ou autre risque naturel, susceptible de se produire à court, moyen ou long terme.

Notre propos n’est pas d’instrumentaliser le drame qui se joue au japon.
Il consiste à dire, avec force, que l’homme doit être toujours placé au centre de toutes les préoccupations, et qu’il convient que l’État, dont c’est le devoir régalien, prenne les dispositions utiles pour prévenir les risques technologiques et naturels en faisant abstraction de la rentabilité à court terme, du CAC 40 et de la financiarisation qui est un obstacle majeur à l’épanouissement de l’être humain et à la préservation de son intégrité physique et morale.

Pour ce faire, le service public doit être renforcé, les élus doivent retrouver le pouvoir que leur confère le suffrage universel qui, aujourd’hui, leur est retiré au profit d’une administration toute puissante et coupée des réalités quotidiennes.

René Balme
maire de Grigny
Le 14 mars 2011 16h00
www.rene-balme.org


 
 
 
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