Programme du PS pour 2012 ou quand le parti socialiste est nu

Trente propositions du PS pour l’élection présidentielle de 2012 : « C’est le projet des socialistes, a expliqué Martine Aubry. C’est un immense travail de deux ans et demi, c’est tout ce travail qui se retrouve dans un condensé pour un nouveau projet de société pour les Français. »

Et à ce sujet...

Que le public soit venu au secours du privé à coups de milliards... aucune trace dans le programme du PS de cette actualité hier encore inimaginable (1).

Comme si... rien, jamais, n’était arrivé !

Sans voix nous sommes face à ce programme... sans courage !

Rien sur l’Euro : chômage, absence de croissance, déficit commercial.

Rien sur l’Europe : sa banque et sa Commission.

Rien sur les retraites et la recherche d’un financement alternatif ou complémentaire.

Rien sur la politique étrangère.

Rien sur la réforme urgente de nos institutions.

Plus grave encore : ce programme est incapable de saisir l’opportunité historique offerte par l’échec d’un libéralisme économique (2) et d’une mondialisation aussi absurdes que pervers.

Est-ce dans le souci de ne pas désespérer la City et Wall Street (en lieu et place de Billancourt) ?

***

Message reçu : pour le PS, il n’y a pas d’alternative !

Et pour l’écrire autrement, en autres sujets d’actualité pris comme exemple : l’Etat doit à la fois, et avec notre argent, renflouer les banques et continuer de rembourser la dette.

Le parti socialiste est nu ; sans plus d’idéaux, son programme a tourné le dos à l’utopie avant d’abandonner la recherche d’une alternative quelle qu’elle soit, même modeste ; de plus, ce programme qui, apriori, semble faire le deuil du soutien des partis qui se trouvent à sa gauche, a bel et bien définitivement renoncé à re-conquérir les classes populaires.

Qu’à cela ne tienne...

Avec pour seuls alliés des Euro-écologistes occupés à adapter l’écologie au marché, toute honte bue, ce programme du PS - programme de campagne mais certainement pas... programme de société -, part à la conquête des voix du centre droit (Bayrou, Borloo) jusque dans le camp de l’UMP : chez les Villepinistes.

Car...

Le PS a vu le pouvoir à terre ; il sait qu’il suffit de se baisser pour le ramasser (avec un DSK que l’on dit gagnant à tous les coups ?), et ce faisant... remettre en route des carrières gelées (3), comme en stand-by, depuis la défaite de Jospin : soit plus de 15 années de placard pour des carriéristes aux dents longues et à la vue... courte.

Aussi…

A quand la légitimation d’un militantisme politique du mépris, de la colère, et pour finir... de l’insulte et du crachat face à l’opportunisme, à la lâcheté et à l’indigence scandaleuses de ce parti que l’on n’ose même plus nommer ?


1 - Même si cette économie libérale a toujours eu comme projet de privatiser les bénéfices et de nationaliser les pertes : 50 milliards d’intérêts par an, remboursés par un Etat qui n’a rien demandé aux banques en échange de leur sauvetage !

2 - Thatcher et Reagan - et alors que la gauche a gagné : oui ! La gauche a gagné : nous n’avons jamais cessé d’avoir besoin d’un Etat fort et de frontières commerciales ! Mais comment cette gauche qui part perdante depuis 1983 aurait-elle bien pu espérer une telle victoire ?

3 - Ministres, sécrétaires d’Etat, conseillers, sénateurs, députés, innombrables possibilités de conflits d’intérêts lucratifs, le plus souvent, en toute impunité... salaires, indemnités (ministre un jour, ministre toujours !), plans de retraite... qui feraient pâlir d’envie même un rentier car, rares sont ceux qui quittent la politique plus pauvres qu’en y entrant. Un parti qui n’est plus capable de proposer de telles perspectives professionnelles à ses membres est condamné à la marginalisation et au déclin.


 
 
 
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5 commentaires
  • Programme du PS pour 2012 ou quand le parti socialiste est nu 23 avril 2011 21:41, par Torsade de Pointes

    « Un parti qui n’est plus capable de proposer de telles perspectives professionnelles à ses membres est condamné à la marginalisation et au déclin. »

    Voilà qui est bien pessimiste. Si ce que vous écrivez est vrai, il ne vous reste plus qu’à fermer boutique, non ?

  • Programme du PS pour 2012 ou quand le parti socialiste est nu 24 avril 2011 00:26, par claude ananian

    Bravo Serge, continue à casser du Ps, il le mérite. Le malheur c’est que les autres "de gauche" ils n’arriveront pas au second tour. Faut-il voter marine pour casser un peu l’établissement ? Je me pose la question... hélas !

  • Le PS n’a effectivement pas grand chose à proposer pour 2012.
    En fait quelques impôts plus symboliques que réels, histoire de dire qu’on n’aime pas les riches(dixit Hollande en 2007), des emplois jeunes (ça c’est l’archaïsme du PS qui a la nostalgie des TUC et autres CES).

    Le PS joue toujours avec des gadgets censés faire un miracle.

    En 2007 c’était la mystique et autoritaire Ségolène ROYAL, laquelle d’ailleurs se fait agonir d’injures par presque tous les chefs PS y compris ceux qui étaient dans son état-major et qui pour la plupart ont déserté ce qui témoigne de leur ingratitude.Mais comme on dit "Malheur aux vaincus".

    Cet année ils ont trouvé un nouveau gadget censé les sauver d’une nouvelle défaite voire d’un naufrage en la personne de Domminique STRAUSS-KAHN, chef du capitalisme international et qui organise les politiques d’austérité en Grèce, au Portugal en Espagne et ailleurs en Europe.

    Ne nous leurrons pas. SARKOZY et DSK(ou tout autre candidat du PS) c’est grosso-modo la même politique et la même camelote qu’ils nous vendent car ils ont les mêmes fournisseurs à savoir la Banque Mondiale, le FMI, l’Union Européenne l’OTAN.

    Et la gauche de la gauche( PC, Mélenchon et autres trotskistes) ne semble pas pouvoir ou vouloir offrir et présenter des perspectives et un programme révolutionnaire, à part peut-être le PRCF et l’URCF

  • @ Claude Ananian : le vote F.N. est le plus ultralibéral qui soit, et ce quelle que soit le protectionnisme affiché : ceux qui ont tout à perdre perdront définitivement tout ce qu’ils ont avec ce parti aimé des milliardaires.

    @ Revizor, je pense que le Front de Gauche (P.C.F., P.G., G.U.) peut changer la donne. Le programme partagé est en cours de parchèvement. Des axes forts sont déjà signés : retrait du Traité de Lisbonnes (donc mise en demeure faite à l’Europe de changer de fonctionnement), de l’ OTAN (fin de l’alignement sur l’Empire), planification écologique à toutes les échelles du territoire, avec pouvoir de coercition sur les entreprises pollueuses, interdiction de licenciement pour les entreprises bénéficiaires, retour de l’I.S.F., fin du bouclier fiscal et même demande de remboursement du trop perçu, démocratie dans les entreprises avec association des travailleurs à la conductions des objectifs, retraite à 60 ans, revalorisation des minimas sociaux et de l’échelle des salaires, politique étrangère rompant avec toute velléité coloniale, création d’une 6ème République pour en finir avec la présidentialisation, etc.
    Contrairement à ce qu’un P.S. désabusé veut nous faire croire, tout ceci est finançable, la productivité des ouvriers français, la richesse du pays, n’ayant jamais été aussi fortes.
    Le partenariat entre les organisations principales s’est créé lentement mais surement, dans un débat houleux, qui sera bientôt fini. Quelques mésententes persistent (représentation, nucléaire), mais ce ne sont pas de broutille dont on parle, mais d’un changement équivalent à celui effectué dans les pays de l’A.L.B.A. !

    C’est ce Front de progrès qu’il faut soutenir. En lui soumettant vos idées (allez sur les sites des différentes composantes).

  • Programme du PS pour 2012 ou quand le parti socialiste est nu 28 avril 2011 09:15, par Serge ULESKI

    Que dire... sinon... ce qui suit : mieux vaut une défaite qu’une victoire avec le projet (programme ?) de ce PS là.

 
 
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