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Un Risque Nucléaire Sérieux.

À l’heure où la diplomatie livre ses derniers combats pour éviter le pire en Iraq, il semble justifié de s’interroger sur des risques d’escalade démesurée où les américains, exaspérés et pressés d’en finir en limitant leurs pertes humaines, pourraient finalement utiliser des bombes nucléaires tactiques.

Cette guerre, dont l’imminence se rapproche, pourrait se dérouler en quatre temps :

- Une première phase, d’une durée de quelques jours, de lancement de missiles de croisière sur les postes de défense anti-aérienne, les nœuds de communication, les postes de commandement militaire et les bases de l’armée de l’air Irakienne. L’objectif est, bien sûr, d’affaiblir les défenses militaires en paralysant le commandement central.

- Une deuxième phase de bombardements massifs suivra, avec des bombes conventionnelles à forte puissance et le lancement de missiles mer-sol et air-sol sur des objectifs militaires divers, chars, rampes de lancement de missiles, concentrations de troupes, transports d’équipement militaire, bases de défense disséminées dans tout le pays pour protéger des sites névralgiques. On parle de 800.000 bombes, ce qui fait une moyenne d’une bombe pour 45 habitants ! Du jamais vu dans l’histoire ignominieuse des guerres qui ont ensanglanté la planète depuis l’apparition de l’homo sapiens. Un grand nombre de civils innocents périront lors de ces frappes, dans des « dommages collatéraux » inévitables quand on lance des tapis de bombes. Ces deux premières phases permettront la destruction d’une partie des défenses militaires et la démoralisation des troupes de l’armée régulière et des populations, sans devoir engager des troupes au sol. Il est possible qu’à l’issue de ces deux phases la population et l’Armée régulière se retournent contre Saddam Hussein. C’est sûrement l’espoir des stratèges américains. Les seules forces engagées au sol pour l’instant, du côté américain, auront été les forces spéciales parachutées pour empêcher la destruction des sites pétroliers. Saddam, avec ses bunkers et ses cibles factices, gardera intacts une bonne partie de ses moyens militaires après ces bombardements et, si le moral de ses troupes et des populations le permet, il donnera alors du fil à retordre aux militaires américains.

- Un déploiement américain de troupes au sol sera la phase suivante, à partir des bases turques et Koweïtiennes. Les fantassins américains, appuyés par l’artillerie au sol et l’armée de l’air, tenteront de progresser vers Bagdad. Le degré de résistance rencontré, qui donnera lieu à des affrontements de guérilla urbaine et l’utilisation possible par l’Irak d’armes chimiques et bactériologiques, dépendra de la fidélité de l’armée régulière Irakienne et de la résistance des populations à l’avance américaine. Bagdad, ultime bastion de résistance, sera défendue par les unités d’élite de la garde républicaine, qui seront fidèles à Saddam jusqu’à la mort. Cette phase de combats au sol sera déterminante : si elle dure plus d’un mois, les américains voudront négocier le départ de Saddam. S’il refuse et que les combats au sol font des centaines ou des milliers de morts du côté américain, les Etats-Unis seront tentés d’utiliser l’arme nucléaire.

- Ce serait la phase 4 du conflit. Les américains, exaspérés, pressés d’en finir avec une résistance Irakienne qui fait des milliers de morts chez les boys, utiliseraient plusieurs bombes nucléaires tactiques sur des objectifs militaires et sur Bagdad, pour l’exemple. Ces bombes, d’une puissance bien inférieure à LA bombe atomique, font quand même une cinquantaine de kilotonnes. On peut comparer avec celles de Hiroshima ou Nagasaki qui, elles, ne faisaient que 20 kilotonnes…

Si le déroulement de la guerre en arrive à cette étape, on aura franchi une frontière d’une portée considérable. Dans un climat mondial détestable, avec le monde arabe humilé, l’Europe et le reste du monde méprisés, les hommes libres du monde entier comprendront que la lutte pour la domination mondiale n’a plus de limites.

Il risque pourtant d’y avoir une cinquième phase. Celle où l’opposition Irakienne se battra contre le gouvernement fantoche mis en place en Iraq par l’administration américaine, et où les gouvernements du monde entier, Europe en tête, se donneront les moyens pour, un jour, tenir la dragée haute aux américains. Si les États-Unis ont une chance de gagner les quatre premières phases, cette dernière phase-là, la cinquième, ils sont sûrs de la perdre.

Algarath.


 
 
 
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