Sean Penn : un Département d’Etat "qui peut"

Avec le respect dû au Département d’État des Etats-Unis et à la Secrétaire d’Etat Clinton, au sujet de sanctions économiques appliquées par le CISADA (the Comprehensive Iran Sanctions, Accountability and Divestment Act) contre le Venezuela et contre six autres pays étrangers.

Parmi les pays affectés, seul le Venezuela est une nation qui connaît une pauvreté abjecte. Le pétrole est son principal produit d’exportation et l’impact particulièrement dévastateur sur son peuple mérite un examen spécifique. Il y a un barrage systématique de désinformation et de décontextualisation de la part des médias états-uniens, relayées par de nombreux représentants au Congrès, au sujet du Venezuela et de son president démocratiquement élu Hugo Chavez.

Les états-uniens sont depuis longtemps habitués à entendre parler du président vénézuélien comme d’un dictateur non seulement par les représentants des médias mais aussi par des dirigeants des deux partis. C’est une diffamation non seulement envers le président Chavez mais aussi envers la majorité de la population vénézuélienne qui l’a élu à plusieurs reprises.

Nous n’avons pas affaire à un dictateur appuyé par les classes riches mais à un président élu par les plus pauvres, et qui s’est mis au service de la constitution vénézuélienne, un document qui ressemble au nôtre. C’est un leader flamboyant, passionné. Et bien que notre propre conditionnement constitutionnel et culturel peut nous amener à nourrir de sérieux doutes au sujet de ses pouvoirs personnels, nous devrions ajuster notre perception et rendre à nos analyses un contexte qui existe bien au-delà de nos frontières.

Ce manque de compréhension et ces informations tronquées expliquent la réponse passive du citoyen états-unien. Les vigilances essentielles de l’opinion publique sont efficacement reléguées et en revanche il existe une prédisposition à accepter une intervention états-unienne au Venezuela. De plus, les lobbyistes de la frange droitière exploitent le vide de communication diplomatique directe entre les Etats-Unis et le Venezuela pour attiser une division affectant deux pays qui possèdent d’immenses intérêts en commun.

C’est au gouvernement et au peuple des États-Unis de considérer publiquement, avec minutie, toute intervention économique contre une nation étrangère, en particulier contre celles qui sont frappées par la pauvreté. Les Etats-Unis et en fait toutes les nations capitalistes, s’engagent dans un commerce pratiquement sans restrictions avec de nombreuses nations (qu’elles soient séculières ou théocratiques) traditionnellement associées à l’oppression sociale et politique, et même avec des contributeurs (soupçonnés ou reconnus) de la prolifération nucléaire. Alors qu’on nous dit que l’Iran est une telle nation, et que c’est à cause de leur commerce pétrolier avec l’Iran (réel ou allégué) que les vénézuéliens sont placés sur une liste, on peut aussi noter que l’état d’Israël figure parmi les sept pays sanctionnés.

Les excès potentiels de la classification “énergétique” de la CISADA rappellent certaines restrictions et des interdictions d’exportations dans la phase préliminaire de la guerre d’Irak : du matériel à usage purement civil tels que des appareils à rayons X, totalement inadaptables à l’armement, était classés comme matériels à “double usage”. Le seul résultat signifiant de cette politique fut de priver des patients civils irakiens de soins de base. La position du Département d’état – à savoir qu’en exportant sa source vitale de revenus vers un pays soupçonné de développer des instruments de prolifération, le Vénézuéla s’expose à des mesures de la part du CISADA - risque de créer un précédent et un excès que nous devons examiner minutieusement, en remettant les choses dans leur contexte et dans la vision d’ensemble.

Le Département d’État déclare avoir étudié l’impact général de cette mesure sur les marchés du pétrole, mais il n’a pas présenté d’étude aussi complète et détaillée à propos de l’impact humain sur les pays concernés.

C’est pourquoi le peuple états-unien devrait réclamer un moratoire sur les sanctions contre le Venezuela de la part du CISADA jusqu’à ce qu’une audition au congrès puisse être organisée et que les avantages stratégiques soient comparés avec les effets historiques de telles sanctions dans d’autres pays pauvres et en voie de développement.

La récente médiation menée par le Venezuela en collaboration avec la Colombie en vue de réintégrer le Honduras dans l’OEA, montrent la volonté d’harmoniser la diplomatie de la part du Président Chavez et du Venezuela, et les sanctions elles-mêmes devraient servir a initier des contacts de haut niveau qui a depuis trop longtemps subi le préjudice du groupe de pression politique anti-vénézuélien.

Sean Penn, le 8 juin

Traduction de l’anglais (US) : Thierry Deronne URL de cet article : http://www.larevolucionvive.org.ve/...

Source : http://venezuelanalysis.com/analysi...


 
 
 
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