Affaire DSK : jusqu’où vont-ils descendre ?

Ce que l’affaire DSK… et plus particulièrement après l’audience du 1 juillet… nous permet de comprendre, ce sont les raisons qui font que seule une femme violée sur dix porte plainte…

Car, si vous avez plus de 15 ans et avez porté une mini-jupe un jour, ne serait-ce qu’une fois, n’allez surtout pas porter plainte pour viol ! Un peu comme dans l’Etranger de Camus : Meursault sera condamné à la guillotine non pas pour le meurtre d’un homme qui le menaçait de son couteau mais pour n’avoir pas pleuré à la mort de sa mère... tête en l’air qu’il était.

***

Quant à la garde rapprochée de DSK qui souhaite son retour dans les meilleurs délais afin qu’il puisse se présenter aux primaires du PS - Les Moscovici, Hollande, Le Guen et tous les journalistes de télés (1) avec eux...

Qui dénoncera le fait que des leaders d’opinion prennent vraiment leur Pays, qui est encore le nôtre, à savoir la France (2), pour une trainée, et la fonction de Président de la République… celle de souteneur ?

Des journalistes et une garde rapprochée qui n’en sont déjà plus à se demander comment ce qui s’est avéré être le sperme de DSK s’est retrouvé sur les vêtements d’une femme de chambre (fait établi – tout comme d’autres faits eux aussi établis scientifiquement, sévices corporels inclus)...

Mais bien... et sans sourciller le moins du monde, si cette victime a cherché ou non à tirer profit d’une situation imposée par un homme que les médias veulent pour Président ; un homme qui ne trouve rien de mieux, à l’occasion de ses déplacements, que d’imposer des fellations à des femmes de chambre qu’il voudrait consentantes malgré elles car… il n’est pas nécessaire de faire preuve d’une imagination débordante pour penser qu’elles n’attendent que ça, plus encore à l’heure du SIDA, même et surtout, celles qui ne demandent qu’une chose : qu’on les laisse faire leur travail de femme de chambre... et certainement pas un travail de domestique corvéable à merci, corps et biens.

Certes ! Chez une victime, on n’aime rien tant que son traumatisme tétanisant ; aussi, une victime qui ne perd pas le Nord n’est déjà plus tout à fait une victime mais bien… plus prosaïquement : une calculatrice bientôt détestable.

Mais alors...

Jusqu’où le PS et les journalistes de télés vont-ils descendre et avec eux, ceux qui pourraient être encore tentés de les y rejoindre ?

Journalistes politiques dépourvus de morale publique (faute de formation ou bien, d’exemples à suivre ?), et qui ne servent que la force et la puissance, où qu’elles soient, d’où qu’elles viennent, et plus encore, lorsque le vent tourne du côté de cette même force et de cette même puissance, au détriment d’une information honnête et responsable.

Bien sûr, dans la classe politique et celle des journalistes, nombreux sont ceux qui, en soutenant DSK, ne souhaitent pas jouer leur avenir politique et/ou professionnel à la roulette judiciaire (dont les USA sont les champions) et des sondages de popularité à venir, avant le retour de DSK.

Ne pas négliger bien évidemment le soutien communautaire (My communauty, right or wrong !) et l’allégeance à la cause sioniste : un DSK Président, ce n’est pas rien dans cette perspective.

Il suffit de se rendre sur la RDJ de BHL pour y lire un soutien inconditionnel, sans réserve, sans nuance aucune, à DSK, et ce dès les premières heures de son arrestation. Et quand on sait que ce soutien ne peut en aucun cas avoir pour racine une quelconque vigilance à l’encontre d’un antisémitisme larvée du type « affaire Dreyfus », et moins encore un souci purement politique de défendre les intérêts de la gauche et des classes populaires (la bonne blague !), que reste-t-il alors ?

Il reste du côté de BHL et de quelques autres un : « DSK ne peut pas ne pas être respectable car il ne peut ne pas être notre prochain Président ». Affaire Dreyfus inversée : pour BHL, DSK est innocent parce que… juif et sioniste.

Quant au PS : ce parti a vu le pouvoir à terre ; il sait qu’il suffit de se baisser pour le ramasser (avec un DSK que l’on dit gagnant à tous les coups ?), et ce faisant... remettre en route des carrières gelées, comme en stand-by, depuis la défaite de Jospin : soit plus de 15 années de placard pour des carriéristes aux dents longues et à la vue... courte.

Ministres, secrétaires d’Etat, conseillers, sénateurs, députés, innombrables possibilités de conflits et de prises d’intérêts lucratifs, le plus souvent, en toute impunité... salaires, indemnités (ministre un jour, ministre toujours !), plans de retraite... qui feraient pâlir d’envie même un rentier car, rares sont ceux qui quittent la politique plus pauvres qu’en y entrant ; tout en sachant qu’un parti, pareil à une entreprise, qui n’est plus capable de proposer de telles perspectives professionnelles à ses membres est condamné à la marginalisation et au déclin.

***

Et nous dans cette affaire ?

Comment allons-nous faire face à ce qui ressemble depuis le 1er juillet à un viol de nos consciences par une partie de la classe politique et la quasi totalité des journalistes des grands médias ?

Oui ! Nous qui ne sommes pas encore descendus au plus bas de l’échelle d’une considération morale ou bien, d’une décence commune à tous les gens de bonne volonté ; gens de bien aussi qui n’ont pas renoncé au respect de soi, et qui se tiennent éloignés d’une intériorisation cynique ou servile d’un environnement politique et social délétère où tout est possible puisque tout est permis ; environnement qui n’épargne plus personne : hier un Badinter (chez Pujadas le 19 mai) ; aujourd’hui, un Jean Daniel qui demande déjà à la justice américaine de s’excuser auprès d’un DSK maintenant victime.

Après la lepénisation de la France (3), n’assistons-nous pas à sa berlusconisation avec ce viol de nos consciences politique et morale ?

Une France qui ne mériterait alors qu’un Président, non pas au dessus mais... en dessous de tout, et de nous tous pour commencer, sans doute dans la mémoire d’une présidentielle de 2007 qui a vu Sarkozy ouvrir le bal d’une transmutation de notre société dont la veulerie démissionnaire n’a pas fini de ronger le coeur.

Certes ! Un général, une fois, a pu affirmer, dans le passé, que les f(F)rançais étaient des veaux.

Mais… jamais il n’a été dit que nous étions des porcs !

Aussi, il serait bon que la classe politique et que les journalistes ne l’oublient pas.


 
P.S.

1- Quiconque n’a pas vu et ni entendu Olivier Mazerolles sur BFMTV le 1er juillet 2011, à l’heure où DSK était à nouveau présenté devant le juge, ne saura jamais jusqu’où le métier de journaliste est descendu.

2 - Une France qui est tout ce qui nous reste pour l’heure, en attendant une Europe unie, forte, fraternelle et démocratique : d’où l’importance de l’élection présidentielle.

3 - Aujourd’hui 3 juillet 2011, un sondage indique qu’un f(F)rançais sur deux souhaite le retour de DSK en politique... 64% des militants du PS...

S’agit-il là d’une intériorisation cynique ou servile (affaissement moral ; perte de repères...), d’un environnement politique et social délétère où tout est possible puisque tout est permis ? Ou bien encore... d’une intériorisation-adhésion inconsciente à la racine de laquelle on trouverait le refoulement d’une indignation et d’une colère inexprimables en l’état tellement la coupe est pleine… à des fins d’éviter la douleur d’une angoisse plus insupportable encore ?

Quant à la culpabilité de DSK, qui nous empêche, nous citoyens et électeurs, de reconnaître que, décidément, DSK ne peut pas se présenter aux primaires du PS ? Car il ne peut pas être candidat... pour une simple raison : il ne peut pas occuper la fonction de Président.

Et si dans les jours et les semaines à venir, DSK devait être coupable de quoi que ce soit et son entourage avec lui : ce serait de vouloir poursuivre une carrière politique au plus haut niveau.

 
 
Forum lié à cet article

1 commentaire
  • Affaire DSK : jusqu’où vont-ils descendre ? 5 juillet 2011 22:27, par Gudule

    Aaaahh !... Voilà, c’est exactement l’article que je cherchais. Merci.
    Ce que nous infligent les journalistes et tous ceux qui se croient autorisés à publier leur avis, est insupportable. Chaque fois on se dit qu’on touche le fond, que décidément ils ne peuvent pas descendre plus bas. Eh bien si, il reste encore un seuil à passer, et ils le passent avec brio.
    Pour ne pas se retrouver par erreur du côté des loups, normalement c’est facile, il suffit de toujours défendre le plus faible.
    Eux choisissent toujours de se placer à l’ombre du plus fort.
    Et les dirigeants du parti socialiste aujourd’hui ne sont pas en reste : chaque heure qui passe voit tomber un record de petitesse !
    J’ai honte.
    Mais où sont-ils, ceux qui pourraient nous donner envie d’aller voter l’an prochain ?

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes