Main basse sur la Libye. C’est la curée ! Tout ce qui de prés ou de loin appartenait à l’Etat libyen est en vente libre.

Source : COMAGUER

Tel est le cas d’un grand navire de croisière en construction à Saint-Nazaire par le chantier STX.

En 2010 la compagnie maritime d’Etat libyenne, la GNMTC, qui jusqu’alors ne possédait qu’une flotte pétrolière décide de se lancer dans une nouvelle activité : les croisières maritimes, un secteur en développement en Méditerranée qui constitue le second marché mondial de la croisière après les caraïbes.

Elle commande son premier navire de croisières au chantier STX de Saint-Nazaire qui lui propose de construire le « sister-ship » (une « copie » en termes de construction navale) du MSC DIVINA, navire livré précédemment à la compagnie suisse MSC : MEDITERRANEAN SHIPPING COMPANY.

MSC est une compagnie fondée en 1970 par un capitaine au long cours italien GIANLUIGI APONTE, né à Sorrente (Golfe de Naples), dont le siège est à Genève et qui est devenue en quarante ans le second armateur mondial de porte-conteneurs (après le danois MAERSK et devant le français CMA-CGM). A sa fondation MSC possèdait un navire, elle en possède aujourd’hui plus de 400. En 1998, MSC décide d’investir dans le secteur de la croisière et se retrouve aujourd’hui à la quatrième place mondiale de la catégorie. Le MSC DIVINA est la dernière unité de cette flotte.

MSC est donc pour STX un bon client et peut aisément prendre la place de la GNMTC libyenne qui a, on sait comment, été empêchée de verser un second acompte.

Reste une petite difficulté juridique : la GNMTC n’a pas été placée sous embargo par l’ONU et il va donc falloir démontrer qu’elle était en fait contrôlée par Hannibal Kadhafi, un des fils du Colonel, dont les biens ont été mis sous séquestre et qu’en conséquence ses biens peuvent être vendus à qui se présente.

Mais la campagne de Libye a démontré que les formes juridiques n’étaient pas des obstacles à la démolition du régime. Cette récente commande libyenne à un chantier naval établi en France et qui est l’objet d’une sollicitude particulière de la présidence de la République semble indiquer que jusqu’au dernier moment Kadhafi a pensé que quelques gestes économiques envers la France, à défaut d’acheter les fameux Rafale, suffiraient à le protéger d’une agression. Il n’avait peut-être pas compris qu’une victoire militaire était considérée à l’Elysée comme indispensable pour gagner l’élection présidentielle de 2012.

MSC reconnaît s’intéresser à l’ex-paquebot libyen construit à Saint-Nazaire

Ce n’est pas vraiment une surprise mais les propos ont, au moins, le mérite de clarifier un peu la situation. Vendredi, lors d’un déplacement en Allemagne, Pierfrancesco Vago, président de MSC Croisières, a évoqué l’intérêt potentiel de sa compagnie pour la coque de l’ex-paquebot libyen, actuellement en phase d’assemblage aux chantiers de Saint-Nazaire. Commandé en juin 2010 par General National Maritime Transport Company (GNMTC), compagnie nationale libyenne autour de laquelle gravitait l’un des fils du colonel Kadhafi, le X32 a vu sa première tôle découpée en décembre 2010, en présence des responsables de GNMTC. Mais, suite aux évènements intervenus en Libye, les chantiers STX France ont été contraints d’annuler le contrat en raison d’un défaut de paiement, l’armateur ne s’acquittant pas du second acompte, prévu pour être versé au printemps dernier.

Une belle opportunité

Dès lors, les chantiers nazairiens cherchaient un repreneur à cette coque, qui présente la particularité d’être identique à celle du MSC Divina (U32), mis à flot le 3 septembre par STX. Long de 333 mètres pour une jauge légèrement inférieure à140.000 tonneaux, le X32, qui aurait pu s’appeler Phaenicia, doit disposer de 1739 cabines. Son coût est estimé à 550 millions d’euros, dont 10% ont été payés par GNMTC à la signature de la commande. De plus, une partie des frais engagés par le chantier pour la construction (sans doute jusqu’à la rupture du contrat) est couverte par les assurances. Dans ces conditions, la reprise du X32 représenterait une aubaine pour MSC Croisières, qui pourrait négocier les prix dans un contexte particulièrement favorable. Au sein de la compagnie, on reconnait que l’opportunité représentée par la rupture du contrat libyen peut être intéressante, notamment du fait que le X32 est un sistership du U32 et que sa reprise permettrait de disposer de quatre navires de la classe Fantasia, complétant les quatre Musica et les Quatre Armonia/Lirica. Interrogé samedi à ce sujet lors de la mise à flot du MSC Divina, Erminio Eschena, directeur général de MSC France, a confirmé l’intérêt de la compagnie pour cette coque, tout en demeurant prudent. « Notre armateur l’a confirmé et manifesté l’intérêt de la compagnie pour de multiples raisons. Mais aujourd’hui, nous n’en sommes qu’à ce stade, c’est-à-dire un intérêt réciproque de MSC Croisières et STX France quant à l’avenir de ce navire », a-t-il expliqué, rappelant que l’achat d’un paquebot était une opération complexe d’un point de vue architectural et financier.

Extrait de : www.meretmarine.com-20110905-[article] ]


 
 
 
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