Plaidoyer pour la discursivité idéelle et le langage conceptuel.

Quel niveau de langage pour le débat public ?

L’ignorance, cet état naturel de l’homme, devient crapulerie et sottise lorsqu’elle veut soumettre le monde, lorsqu’elle s’insurge contre le savoir, plutôt que de chercher à se résorber par l’effort d’intellection. CLM

Dès le départ, vu l’arrogance agressive et inintelligente de certains liseurs maudissant tout langage soutenu et conceptuel de la part des analystes aux forums publics, nous, partisan de la liberté de l’acte de parole et d’écriture, et compte tenu que nul auteur ne force, ni ne peut contraindre quiconque à le lire, postulons et proclamons ici le droit de tout intellectuel desdits forums, de s’y exprimer, selon son niveau de langage, celui qu’il maîtrise, sans devoir altérer sa pensée, son message par une langue amenuisée pour plaire à quiconque. Donc à la question liminaire posée au titre de ce texte, je réponds : tout niveau de langage linguistiquement signifiant, ne relevant point de jargon strictement inconnu du public parce qu’inaccessible sans étude particulière dans une discipline spécifique, et donc logiquement intelligible par l’effort de recherche, de réflexion et de compréhension.

Les manques intellectuels, conceptuels et langagiers de certains, doivent rester dans l’intimité sans que ceux-ci aient besoin d’agonir d’insultes grivoises ou de bêtes quolibets, les auteurs qui contribuent aux forums publics. C’est aux lecteurs intéressés à tel type de textes, de s’apprêter intellectuellement et lexicalement pour les lire et non aux auteurs d’être injustement mis en boucs émissaires de la sottise d’autrui, (la sottise étant l’ignorance agressive et de mauvaise foi contre le savoir) sur la sellette des balourds, les faisant passer pour de quasi criminels contre je sais quelle humanité !

Un auteur n’a pas à s’excuser s’il est jugé trop haut, trop inaccessible par quelques-uns ne pouvant ni ne voulant faire l’effort d’amélioration de leur propre bagage logique, lexical et conceptuel. D’ailleurs, ce qui est élevé et langagièrement abstrait ou conceptuel, peut être pour les esprits équilibrés, pas les veules crétins qui haïssent tout ce qui les dépasse, un bon prétexte pour se cultiver et se dépasser ! Les complexés d’infériorité n’ont qu’à placer l’auteur jugé incompréhensible pour eux, sur leur liste rouge. S’abstenir de le lire. Néanmoins, leur droit de ne pas lire ou de lire, ne prime guère celui de chaque auteur d’écrire comme il le peut, comme il le sent et comme il sait écrire.

À un moment où l’encyclopédie linguistique avec l’étymologie, la terminologie sont sous la souris informatique au bout de quelques clics, seul le goût morbide du simplisme, de la médiocrité et de l’abandon à la facilité, justifie la haine d’un auteur pour son langage élaboré qui ne plaît pas à la populace des liseurs du web. Alors que cette même canaille ne pouvant accéder que moyennant paiement aux organes où s’expriment certains spécialistes et intellectuels du système qui écrase les majorités, magnifie ces derniers ! La gratuité d’accès des sites alternatifs, incite la fripouille à venir vomir son glaviot immonde sur des auteurs sous prétexte que leur langage n’est pas immédiatement à portée de leur encanaillement, de leur ignoble ignorance vitupératrice.

Ignorance défaitiste et refus pusillanime de l’effort

Hegel après bien d’autres parlait de l’intelligence comme « courage de la connaissance ». Ici, je tiens à rappeler et à souligner que le langage est en soi connaissance à acquérir. Instrument à maîtriser en vue d’autres maîtrises dans différents domaines.

Dans un monde de baragouins et de papotages, de palilalies et de psittacismes, aller hors des sentiers battus tout en y mettant le langage idoine, semble devenir un crime de lèse-imbécillité. Et le douteux e faux lecteur, le minable liseur qui voit dans le langage et le concept, un butoir du sens, en criant haineusement et vilement avec injures et jurons, au défaut et à l’anathème de l’auteur, n’est-il pas lui-même, une crapule méchante qui répand la haine de soi, son sentiment de vide intellectuel, sa vacuité d’entendement comme une bile vénéneuse pour ternir le travail d’autrui.

Crapuleux liseur délétère qui fait porter aux auteurs les faix immondes de ses manques et inepties !

En attendant pour la démocratie et pour le partage de qualité, nous continuerons à soutenir et argumenter conceptuellement en langage approprié, sans nous sentir criminel, les nuances que la pensée méditative, réflexive et cognitive nous donne de comprendre. Nous le faisons et le ferons encore et toujours avec l’ouverture de l’éducateur-étudiant, du maître-élève, de l’enseignant-ignorant qui sait qu’il apprend et s’enrichit autant du lecteur intelligent que lui il ne l’enrichit quand ce lecteur, cet interlocuteur, opère la face de complémentarité soit en proposant soit en interrogeant la vision publiée, et intervient pour partager entre humains respectueux quitte à problématiser les idées émises, sans une infecte posture de bêtes hurleuses ou de meute dévorante. La complétude de la chose écrite et à fortiori, du discours critique et révolutionnaire, passe par là.

Si je parle de la sorte, c’est que la thaumaturgie de l’ignorance agressive, paraît sur des sites dits alternatifs, si haineuse et prompte à brûler en effigie les contributeurs à cause de leur langage sans considérer l’essence de leur message. Pis encore, plusieurs de ces ignorants bourreaux-bourriques, avec leur coups de sabots contre le langage, semblent beaucoup plus portés à absoudre voire adopter les pires monstres et monstruosités politiques qu’en ignorants inconscients et aliénés, ils votent et portent au pouvoir, alors qu’ils conspuent la moindre élévation de langage par accusation-prétexte d’élitisme. C’est aussi une aberration du populisme global de l’idéologie d’une ploutocratie démagogique où trône par singerie de démocratie, l’inepte pangloss des opinions sans argumentation, que de soupçonner tout discours articulé et porteur d’idées-forces, d’élitisme. Tout auteur non standardisé, non simple répéteur servile de codes, en ces conditions, devient pestiféré, porteur de complexe de supériorité et de mégalomanie. On n’a plus le droit d’être élevé et personnalisé dans son langage et son message dans l’espace public !

Pour les idiots qui se complaisent dans l’idiotie et le texte-consommation, écrit d’assouvissement et de défoulement gravé en lettres à dévorer des yeux sans intelligence, en se gavant de bière devant un écran, les auteurs exigeant réflexion, sont hélas à lyncher ou à lapider.

La haine violente de l’imbécile savant, stupide juge avec sa posture procédurière de balourd heureux refusant l’effort, se lèvera toujours contre la démarche discursive authentique !

Hélas, Hélas ! Le complexe d’infériorité intellectuelle du sot, sa haine baveuse contre l’esprit, n’a de limite que l’effroyable et infinie propension à l’encanaillement de tout et de tous.

Hélas ! Sévit parmi le lectorat respectable, la meute des incultes liseurs accusateurs avec leur mauvaise foi invasive et toxique de culturellement morts, qui ventilent les mouches de leur mental décomposé et cherchent à ternir l’expression de tout auteur voulant au mieux de sa culture, élever le débat, respecter et servir le droit des vrais lecteurs au meilleur !

Entre les secousses telluriques des mots-concepts, tournures d’esprit avec leurs saillies esthétiques abstraites ou imagées du langage et la lamentation narcissique de l’inculte liseur basculant dans la rage et la malveillance par sentiment de misérabilisme intellectuel, nous affirmons que le flambeau et l’excellence du langage puissant et sublime exprimant la vraie culture contre toute débilité du populisme culturel, doit porter et accompagner le combat du changement.

Contre le populisme culturel et sa dictature du discours simplet immédiatement absorbable pour les populaciers, nous choisissons de respecter l’esprit des vrais lecteurs - ces interlocuteurs intelligents, heureusement majoritaires - qui veulent réfléchir et approfondir les concepts permettant de mieux comprendre le substratum des choses et situations au-delà de leur phénomène.

Pour les autres, les ignares haineux, obtus goguenards, se réfugiant dans le sarcasme et qui croient insulter les penseurs qu’ils ne comprennent pas, nous n’aurons que du dédain. Eux, qui, dans l’espoir d’exorciser leur pitoyable sort, projettent leur pauvreté d’âme comme une éclaboussure et voudraient jouer à l’arrogance pour paraître sans être ! De toute façon, n’est pas arrogant qui veut, et un matamore est faux et mufle jusque dans sa boursouflure, son irrespect simulé d’autrui. Nous avons beau nous arracher toutes les vibrisses, qu’aucune larme ne monte à nos yeux devant leur pathétique misère d’esprit victime de l’écriture difficile des auteurs ! Nous conspuons la corruption obvie de leur entendement mort !

Bienvenue à tous ceux et celles qui aiment l’interrogation intellectuelle et son articulation discursive-conceptuelle. Non au chahut ignare des liseurs de mauvaise foi, des analphabètes aigris, bêtes avec leur venimeux glaviot, mal disposés et méchants. Oui à la critique idéelle, au questionnement logique argumenté sans complaisance quoique courtois. Oui à la contradiction étayée par l’analyse monstrative et surtout démonstrative des intellections proposées dans des échanges enrichissants au cœur d’un espace public convivial.

Non, trois fois non, à l’ignominie des bêtes injurieuses sans autre apport que leur bave agressante sur les sites de réflexion.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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2 commentaires
  • Quel niveau de langage pour le débat public ? 20 septembre 2011 22:56, par Libre Plume

    Bien vu CLM. C’est vraiment clair, bien étayé.
    Juste une chose, c’est quoi un "effort d’intellection" ? pourquoi pas tout simplement "effort intellectuel" ?
    Cordialement.

    • Quel niveau de langage pour le débat public ? 21 septembre 2011 03:19, par Camille Loty MALEBRANCHE

      Merci Libre Plume de ton commentaire.

      Maintenant à ta question, je te dirai, qu’ici, le substantif est de loin plus précis que l’adjectif. Car l’effort intellectuel renvoie à une démarche générale de l’individu pour meubler son intelligence, rendre son entendement plus doté pour faire face aux subtilités du monde par interrogation et réflexion. L’intellection, elle, est beaucoup plus ciblée, elle est, en quelque sorte, la mise en acte singulière, particulière et spécifique de l’effort intellectuel.

      Ex. : En considérant l’angle essentialiste du crime de Brevick de Norvège, j’avais, à l’occasion, entrepris l’intellection dudit crime en utilisant la somme de bagages acquis par l’effort intellectuel produit dans mes études personnelles.

      Donc, la différence entre effort intellectuel et effort d’intellection, serait comme la distance qui sépare le général du spécifique.