Femmes libérées, femmes d’aujourd’hui

Colère d’un soir,

Un jour, la vie s’ouvre à toi.

Un jour, tu as 15 ans, toutes les certitudes de l’univers – qui ne sont rien de plus que celles de tes parents – mais, bref, tu y crois !

16 ans. Tu écoutes un air de Bach et tu te dis que là, vraiment, pour ne pas croire qu’Il existe, faut être bouché à la toile émerie !

Et puis, c’est sûr ! Pas question de brader ton coeur, il n’ira qu’à un homme bien, un tout fait pour toi. Un comme papa – parce que c’est ce qu’on t’a appris – c’est que Papa était un type bien ! Intelligent, cultivé, bosseur, un de ceux qui réussissent.

Aujourd’hui, 18 ans. Vive les voyages ! L’Afrique, l’Europe … je suis une fille libre ! Je veux voyager, je ne dois rien à personne. Et puis encore, l’Amérique. Oui, je te dis, les voyages.

Je me trimballe avec juste une malle … et un coeur vide, mais vide... Mais, je me garde pour Mr Good. Avec lui, ça sera enfin, le Bonheur ! Fini la solitude, le silence.

Et puis, les voilà qui passent, ces hommes. Ah ! Un salaud. Sûrement ma faute, j’ai mal choisi. Toujour ce coeur vide, mais vide. Encore un … et puis, du gratiné celui-là.
Ce sont les soldes, je vous brade le coeur, le corps. L’âme, c’est pour la promo suivante, celle qui arrive en rafale – 70 % sur l’article poussièreux et moche.

En voilà un ? Ah, oui ! Peut-être bien ! Un gentil, un … Celui-là, oui, je voudrais bien … patatra … « ma femme » … non ! Je rêve ! Je ne vais pas faire partie de celles qui attendent un crétin marié qui te laisse toutes les soirées de Noël seule et qui claironne « c’est promis, je lui parle ce soir ! « .
Barre-toi !

C’est moi qui dois choisir. Je ne veux pas me laisser impressionner par les hommes. Ca non, je prends ou ne prends pas. Je ne sais plus rien des femmes d’avant. Mon avenir, je le fais.

Et puis un jour, c’est pas « l’grand soir » mais ça y ressemble. Hardi petit, je me lance. La belle robe blanche, Papa, maman, toute la famille. Avec celui-là, je fais mes gosses.

Mes grands gosses aujourd’hui, mon frein et mon moteur, ma bénédiction. Ceux qui me bousculent et m’envoient tout l’amour du monde juste dans un mot court, tendre, vivant – M’man – Oh Dieu, que j’aime ce mot ! Après toutes ces années, je ne m’en lasse pas.

Pourtant, tout se met en panne petit à petit. Tristesse, coeur en berne. Elle est passée où mon âme ? Quand même pas restée dans les bras des salauds, des petits bras ! Allez, dans l’tas, j’vous en accorde un comme ça, un type bien … oui, bien sûr.

Et il y a tous ces maris de copines qui, arrogants de leur sexe en mal d’exercice, trahissent, salissent dans toute la puissance du macho à la manque. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous ? Aimer deux femmes en même temps ? Ben voyons, comme c’est pratique. Lâche, Lâche !

Une des ces envies de faire payer tous ces bourreaux puérils …
Quand elles tombent là, évanouies dans l’horreur de la trahison, sous un choc tel que toute vie s’enfuit d’un seul coup. Alors qu’elles perdent leur voix, ne reste qu’à serrer leurs mains, accrocher le regard, « Reste avec moi, Reste avec moi ». Coeur et tendresse détruits en elles.

Et puis, toujours le temps.
Un matin, tu te réveilles, et tu sais que l’amour ne sera jamais plus pour toi. Enfin, si, si … Ca existe puisque tu aimes toujours Bach, la peinture, l’art, les mots, la vie et l’Amour Absolu. Mais c’est juste que pour toi, c’est pas pareil. L’amour avec un grand D pour désespérance, désamour, divorce, dézinguée, décalée, désespoir.

Tu as enfin compris que ce ne sont pas seulement les hommes.
C’est juste que la femme en toi ne supporte plus aucune forme de domination.
Je te possède, tu me domines, je me donne, tu reprends, je t’abandonne...

Et ce soir là, tu leur balançerais bien une balle dans la tête à tous ces mecs.
Tu vois, bien net, bien propre, pas une goutte de sang. Juste la balle qui transperce le cerveau en forme de couilles qu’ils se sont inconsciemment – ou pas – placées là,

A en oublier la plus magnifique des créations,
La plus impressionnante des associations,

L’homme et la femme.

Pan !


 
 
 
Forum lié à cet article

5 commentaires
  • Femmes libérées, femmes d’aujourd’hui 22 septembre 2011 15:04, par Christian Pélier

    YES !!!!!! Un texte que j’aurais aimé écrire. Surprenant, visuel, simple et sincère.
    Bravo Libre Plume

  • Femmes libérées, femmes d’aujourd’hui 27 septembre 2011 12:02, par cosette

    Votre chemin sera encore long libre plume... On trouve les partenaires qu’on mérite. Peut-être faudrait-il aussi vous remettre en question au lieu d’imaginer un coup de pistolet dans un cerveau en forme de couilles, image originale !
    Bonne chance.

  • Femmes libérées, femmes d’aujourd’hui 27 septembre 2011 19:44, par Libre Plume

    Votre "sollicitude" me touche, M’sieur Cosette.
    Etre aussi "intelligent, intellectuel, cultivé, manier le paradoxe avec une tel brio !" et se contenter d’un "on trouve les partenaires qu’on mérite" .... Avez-vous pensé à "qui se ressemble s’assemble ?" Non ? oh, vous me décevez car, ça c’est du texte !

    Donc, je peux me targuer de savoir écrire Une (pas deux) image originale apparemment ... trop d’honneur ! Ouf ... heureusement que vous êtes là pour me rassurer !
    Je vois surtout qu’elle vous parle, d’ailleurs.

    Quand je pense que votre grandeur condescend à écrire un commentaire sur un de mes textes ... trop d’honneur à nouveau !

    Bonne chance également, trèèès cher Cosette....
    Inutile de répondre, je sais déjà ce que vous bafouillerez comme platitude. Prenez garde à pas trop vous prendre le melon.

    Et passez votre chemin.

  • Femmes libérées, femmes d’aujourd’hui 28 septembre 2011 23:22, par cosette

    Oh !... "se prendre le melon" est indigne d’une belle Plume... surtout une professeuse... mais vous avez raison "condescendre" à vous écrire est une preuve de respect, presque d’amour... Allez, venez donc me voir un jour, je suis sûr qu’on s’entendra... L’avantage des disputes c’est la réconciliation ! ça met du piment dans la vie ! et vous en avez besoin je crois !
    cordialement
    cosette