Comment revitaliser nos villages ? (+ vidéo eva R-sistons)

Mort d’un village ! C’est le titre d’un article paru le 18 juillet 1982 dans le journal Le Monde. Extraits :

" Les cloches de l’église ne sonnent que pour les morts, jamais pour les naissances et pour les mariages. Il n’y a plus d’école ni de curé. Les maisons vétustes sont transformées une à une en résidences secondaires.

Dans ce village perché à 900 m d’altitude au coeur des Pyrénées, sur 300 habitants au siècle dernier, il en reste 30 aujourd’hui, pour des centaines d’hectares de forêts, de pics et d’herbages. (..) Les métiers à tisser ont été brûlés depuis longtemps, ils ne servaient plus à rien et prenaient trop de place. (..) Un a un, les vieux meurent, les jeunes sont partis à la ville depuis 30 ans, et le seul couple resté est sans enfants. Les célibataires en sabots tirant leur âne, harassés et épuisés, montent et descendent la montagne (..) Personne n’a voulu d’eux et de leur fumier collé aux sabots, personne ne voudra de leurs terres où aucune route ne mène. Les derniers habitants disent : "Bientôt les ours seront à notre porte..." (..) Personne ne cultive plus, les fours à pain tombent en ruine, dans ce village sans commerçant qui vivait encore en autarcie il y a cinquante ans.."

La lecture de cet article m’a fendu le cœur, moi qui aime tant l’odeur de la bonne terre, l’authenticité, le terroir, moi qui suis née à la limite de la Picardie et de la Normandie, au milieu des chevaux, des vaches, des poules en liberté... Je ne supporte pas de voir nos villages mourir, asphyxiés par Bruxelles et par le Nouvel Ordre Mondial et leurs réformes des Collectivités territoriales pour mieux nous étouffer.

Quoi, nos joyaux du terroir seront-ils un jour condamnés à n’être que des déserts, des hangars à machines, ou des lieux folkloriques qu’on visite, éventuellement, comme témoins d’un passé révolu ? Intolérable !

Il est temps de retrouver le goût de la bonne terre, il est temps de défendre un cadre de vie plus humain, plus solidaire, aussi. Le bonheur dépend de la qualité de vie et des relations sociales, pas de l’épaisseur du porte-monnaie. On veut tuer nos villages ? Rendons-les attractifs, vivants ! Et pour cela, nos zones rurales ont besoin d’initiatives. Substituons la logique humaine, créative, à la logique financière !

Imaginez : On ne parle même plus d’agriculteurs, aujourd’hui, on parle d’entrepreneurs, d’investisseurs avec nécessairement retours sur investissements ! Mais nos paysans sont l’âme du terroir, ils sont la providence nourricière, et on veut les sacrifier à la Loi impitoyable du Marché ? Insensé !

Le Nouvel Ordre Mondial a un projet : Nous détourner du terroir, nous inciter à nous agglutiner dans les grandes villes, dans les mégapoles monstrueuses, inhumaines, pour mieux nous y enfermer, nous y entasser, nous y étouffer, chacun dans notre coin, sans tisser des liens alentour puisqu’il n’y a que du béton ! Les grandes villes concentrent tous les grands problèmes de l’humanité. Alors il faut CONTRER ces projets malfaisants. La petite commune, le village, c’est un supplément d’âme ! Chacun doit redevenir acteur social... Et si l’on invente de nouvelles voies, si l’on met de l’ambiance, le lieu, la Maison du Village peut très vite devenir un espace incontournable (comme la Librairie le Bleuet à Banon, dans un coin perdu des Hautes Provence, on y accourt de partout !), un vrai phénomène de société, tout en étant la vitrine de la commune, tout en apportant un supplément d’âme, d’animation, de solidarité.

Alors, réapproprions-nous nos villages, nos espaces, notre vivre ensemble... Non à l’exode rural, non à la désertification, mettons l’imagination au pouvoir !

Et d’abord, trouvons un local, demandons à la commune de nous fournir un ancien fonds de commerce, rénovons-le dans l’esprit de la région, équipons-le, et proposons le lieu en gérance ! Mettons en valeur notre patrimoine, en nous basant sur une démarche solidaire et d’ouverture.

Voici mon idée, ma proposition : Objectifs de cette Maison de Village :

- Etre une vitrine de la commune
- Etre un outil de dépannage
- Renforcer le lien social, la solidarité, le goût pour la culture
- Etre un lieu d’animation et de service public
- Etre un relais des talents locaux, des acteurs de proximité, des producteurs du terroir, des artistes en herbe ou de talent... Et encore sans doute bien d’autres choses !

Et pour quelles activités ? Comme l’Auberge espagnole, chacun y apporte ce qu’il veut...

D’abord, cela devrait être un lieu de dépannage, si par exemple on s’aperçoit que la bouteille d’huile est vide. Produits de base, de dépannage, utiles, mais proposés pour leur qualité et si possible, leur authenticité (production locale). D’une façon générale, choisir un produit durable...

Ensuite, un lieu de dépôt-vente de la production locale, du terroir, avec vente directe du producteur au consommateur - les produits locaux doivent trouver des débouchés. C’est une nécessité absolue pour pérenniser notre patrimoine local !

Cet espace proposera une épicerie "intelligente", un mini bazar intelligent, offrant des produits d’utilité publique. Le profit n’y aura pas sa place, les prix seront serrés, pas question de faire du business, mais d’animer, d’être utile, et de créer, si possible, un ou plusieurs emplois. Un exemple de produits proposés ? Une lampe-radio solaire (coût une vingtaine d’euros, et c’est économique, c’est écologique, et ça évite le gaspillage).

Enfin, on pourra proposer le dépôt-vente de vieux objets, vêtements, petit mobilier etc, cela soulagera financièrement certaines familles et cela évitera le gaspillage... Un mini-Emmaüs, quoi !

On va plus loin. Pourquoi ne pas imaginer un véhicule, un "commerce" (épicerie-petit bazar-mercerie..) itinérant, proposant même du pain mais par exemple complet, bref pourquoi ne pas songer à des tournées au moins hebdomadaires pour visiter les villageois isolés, se déplaçant peu, âgés, etc. Ce petit commerce itinérant participerait du service public, il permettrait de rompre un peu la solitude des isolés, comme jadis le facteur. Et pourquoi ne pas imaginer d’utiliser le véhicule afin de dépanner une personne ayant besoin de chercher ses médicaments, de faire ses courses, de transporter son animal chez le vétérinaire ? Et même lorsqu’il y a une animation, il est possible d’envisager de "cueillir" les personnes isolées, âgées, à leur domicile, pour les faire participer à la vie locale. Bref, un véhicule rendant de menus services, et faisant rayonner la chaleur humaine.

Et pourquoi, dans la foulée, ne pas imaginer le portage à domicile, au moins une fois par semaine, de repas préparés par un "cordon-bleu" local, par exemple une mère de famille ou une retraitée ayant besoin d’arrondir ses fins de mois ? Et cela permettrait de créer des liens, de re-créer du lien social...

Mais ce n’est pas fini ! Et le pôle d’animation, alors ?

D’abord, le local mettra à la disposition de la population locale un panneau d’affichage mettant en relation offres et services, proposant troc de biens, de services, etc, pour soulager, là encore, les bourses plates, créer du lien, et contrer la société capitaliste financière et marchande.

Ensuite, puisque nos bistrots disparaissent les uns après les autres, un distributeur de boissons sera proposé, il y aura une ou deux petites tables, on pourra venir jouer à la belote, discuter, lire le journal et le commenter avec ses pairs ou avec ses impairs, échanger, débattre - et pourquoi, avec quelques chaises, ne pas imaginer des soirées-débats, à thèmes ? J’en ai animé à la frontière franco-espagnole. Une mini-bibliothèque proposera quelques ouvrages, offerts par la population (au lieu d’être jetés), cela évitera le gaspillage, là encore, et puis cela favorisera la culture et les échanges. Le tout sera agrémenté d’un mini-coin Internet, pour dépanner, avec un volontaire pour former les non-initiés.

La décoration mettra en valeur les artistes locaux, qui pourront exposer leurs peintures, leurs contes, leur savoir-faire, bref remplir les murs de leurs talents. Petit lieu d’exposition, et de vente directe, là aussi, de l’artiste au public !

Et pourquoi, dans ce lieu évidemment charmant, un habitant ne viendrait-il pas apporter son accordéon, et le public esquisser trois pas de danse, comme dans les fêtes d’antan ? Ca me donne des ailes, j’adorerais animer un lieu comme ça !

Alors, elle serait pas belle, la Maison de Village ? Projet polyvalent, global, souple, ouvert, vitrine de la région, et revitalisant nos petites communes désertées. Alors, chiche ?

Proposez-moi un local dans le Sud, et j’y vais ! Et ça sera vivant, sûr !

Demandez l’aide de votre Municipalité, il y a bien quelque part un local désaffecté qui ne demandera qu’à revivre. Des aides financières pourront peut-être être apportées, aussi.

Et surtout, si vous habitez une micro-commune, sans commerce, alors contactez votre Elu local, et montrez-lui le projet !

En avant les vocations, en avant nos villages, en avant la ré-humanisation, en avant la vie et le partage, et foin du Nouvel Ordre Mondial, au diable la barbarie !

Votre eva R-sistons

Http ://r-sistons.over-blog.com

La vidéo d’eva R-sistons ici : _ http://www.dailymotion.com/video/xl9tpd_r-sistons-video-1-revitaliser-nos-villages-l-idee-d-eva-r-sistons_news#from=embediframe


 
 
 
Forum lié à cet article

2 commentaires
 
 
Les derniers articles
 
Thèmes