A chacun sa planète

Bien communiquer

Communiquer c’est faire se rencontrer des cartes différentes, des réalités différentes et sortir du cercle vicieux des attitudes préalables.

“Entre ce que je pense, Ce que je veux dire, Ce que je crois dire, Ce que je dis, Ce que vous avez envie d’entendre, Ce que vous entendez, Ce que vous comprenez, Il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même.” Bernard Werber

Alors, quel processus te parle le plus ?

As-tu tendance à généraliser ?

Ça a du bon. Ça te permet l’automatisation de certains gestes comme celui d’écrire, de conduire et faire du vélo, d’enlever ta main du feu. Tu t’es brûlé une fois, tu as compris le message. Comme celui quand tout petit tu as mis tes doigts dans la prise électrique et que tu n’as jamais recommencé. Et comme tout a son contraire sur notre bonne vieille et bipolaire terre, la généralisation n’est pas toujours la bonne réponse. Un chien te mord et tu fuis tous les chiens ? Un copain te trahit pour la première fois et il te trahira désormais toujours ? Ton ami te plaque, ils sont tous les mêmes. Sniffs sur une longue période d’abstinence qui se profile.

Dis-tu souvent tout, tous et toutes, jamais, tout le temps, le monde, les gens, toujours ? Je n’ai jamais de chance, les anglais sont de mauvais cuisiniers, les assureurs tous des voleurs et les politiques des bandits.

As-tu érigée des règles qui commencent invariablement pas il faut, je dois ? Il faut que je me lève tôt, trois repas par jour, et ne surtout pas toucher mon zizi. Ce qui nous amène aux jugements universels, c’est bien, c’est mal, le monde appartient aux gens qui se lèvent tôt ? La liste est longue.

Si tu te sens concerné et tu l’es car nul n’est épargné, vois les faits, précise, vérifie ce que l’on t’a raconté, écoute-toi et modifie au besoin ta vision du monde, changes-en, je te le souhaite.

Ou à sélectionner ?

Puisque nous vivons dans la dualité, la récolte des informations qui nous arrivent est aussi positive que négative.

Du bon côté, elle nous aide à nous adapter car nous pouvons sélectionner les éléments essentiels pour vivre un événement, et ne pas voir ce qui peut nous causer un choc traumatique qu’il faudra des années à résorber surtout si t’es pas suivi, te retournes pas.

De l’autre côté, notre façon de sélectionner les informations captées par chacun de nos sens peut nous amener à trier ce qui nous conforte dans nos croyances, à ne voir, sentir et retenir que ce qui nous intéresse et va bien sur notre planète quitte à occulter les vrais restes, enfin ce qui a voulu être transmis, et dieu sait combien c’est difficile.

Au quotidien, la sélection se traduit par des informations manquantes dans une conversation : je suis heureux, mais à propos de quoi ? Il faut que vous soyez le meilleur, mais par rapport à qui ? J’ai réussi ! Quoi ? Comment ?

Ici encore tout est question de précision. Plus le langage est précis et plus tu comprends ce que l’on tient tant à te dire, jusqu’à sa main sur la tienne comme une antenne pour que tu captes mieux le message.

Éviter de sélectionner c’est écouter et ne pas réfléchir à ce que tu vas dire. C’est taire les sentiments parasites qui te ramène à papa ou maman, irrémédiablement. Tu ne tries plus. Tu es là. Tu entends et tu t’intéresses, raconte-moi tout !

Et distordre ? Ça tu aimes bien.

Vu du bon côté, c’est ta créativité. Tu peux ainsi t’évader de la réalité pour imaginer, comme un architecte sur ses plans. De l’autre côté distordre c’est réinterpréter les choses à ta manière, et quand on connait le nombre de filtres que tu possèdes et que ta planète n’est pas celle des autres, tu imagines les situations dans lesquelles la distorsion de la réalité peut te prendre la tête. En fait, tu ne vois que ce qu’il y a sur ta carte en oubliant que ton voisin n’a pas la même.

En pratique ? La télépathie. Il va me dire non, je suis sûr qu’elle me dirait ça, on n’a plus besoin de se parler pour savoir ce qu’on va dire, je suis sûr que vous êtes d’accord avec moi.

Les faux rapports de cause à effet : il faut faire de la gym pour être mince, bouffe moins déjà, faut boire deux litres d’eau par jour !, sauf qu’une autre étude a montré l’inverse, faut battre le fer tant qu’il est chaud, au risque de se brûler, faut en chier dans la vie, jamais compris.

Ou des équivalences comme ceci égale cela. Il me fait la tête, il ne m’aime pas. Elle n’a pas répondu à mon SMS, elle ne m’aime plus.

Et des présuppositions. Si tu vas à la cuisine prends le sel, sous-entendu que tu y vas même si tu t’apprêtais à te vautrer dans le canapé devant Lie to me que tu ne manques jamais.

Les seules solutions sont de limiter les interprétations, de ne jamais croire savoir ce que veulent les gens, de leur demander, bref d’acquérir un langage de précision. Vas-tu à la cuisine ? Es-tu d’accord avec moi ? Veux-tu de mon aide ? Que puis-je faire pour alléger ta peine ? As-tu envie d’en parler ?

Comme l’écrit si bien Bernard Werber :

"La communication se résume par cette phrase que j’ai affichée chez moi :

"Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre."

La communication est très difficile parce que nous sommes remplis de préjugés, parce qu’on comprend de travers, parce qu’on a des difficultés à s’exprimer et parce qu’on a des difficultés à écouter. Reste un énorme travail à faire. Nous sommes à l’aube de la communication.

C’est étrange parce que maintenant que nous avons des outils très répandus et très puissants on peut communiquer facilement mais on n’utilise pas ces moyens. Plus on a d’outils pour communiquer, moins on communique et plus la communication perd en richesse. Nous sommes à une époque où la communication va prendre énormément d’importance et où il faudrait avoir une réflexion : on communique quoi ? Quelles idées ?"


 
 
 
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