Nous préférons chanter au présent que croire aux lendemains qui chantent

Nous sommes tous des désobéisseurs !
Tous à la Rencontre nationale le samedi 8 octobre à Grigny (Rhône) !
Paul Ariès, directeur du Sarkophage
René Balme, Maire de Grigny (Rhône)

Cette rentrée sociale est marquée par l’aggravation de la crise du système. Nous appelons les citoyens à se mobiliser contre toute politique de « rilance » c’est- à-dire ce mélange de rigueur et de relance selon la formule de Christine Lagarde, alors Ministre de Sarkozy et pas encore chargée par les mêmes puissances financières de conduire la même politique que le « socialiste » DSK (affaire de mœurs exclues) à mené à la tête du FMI. Nous refusons l’austérité imposée aux peuples car pour nous la rigueur de gauche n’est pas plus acceptable que celle de droite ! Nous refusons aussi toute idée de relance économique car davantage de croissance est tout simplement impossible sur le plan écologique. Nous ne disons surtout pas que droite et gauche s’équivalent car si parler d’une vraie gauche par opposition aux socio-libéraux renvoie toujours du côté de l’émancipation des peuples et des individus, parler d’une vraie droite renvoie immanquablement du côté du F-Haine. Nous ne pourrons échapper aux deux mâchoires de ce piège que nous tendent les gérants de droite comme de gauche du système capitaliste et productiviste que si nous parvenons à mobiliser tous ceux qui ont tout à perdre à la poursuite des politiques actuelles. Nous ne pourrons y parvenir que si nous savons entendre ce nouveau projet qui se cherche derrière une pluralité de termes très proches comme le Buen Vivir, la vie bonne, la vie pleine, la sobriété joyeuse, le convivialisme, les Jours heureux du nom du programme du CNR, etc. Nous ne pourrons y parvenir que si nous préférons la gauche maquisarde à la gauche buissonnière, le faire sécession au faire carrière, la construction d’une autre monde plutôt que l’attente du grand soir. Nous souhaitons arracher au politique les moyens de vivre autrement en inventant mille et une alternatives concrètes.
Nous préférons chanter au présent que croire aux lendemains qui chantent. Nous savons que pour cela nous devrons souvent désobéir face à des lois injustes, face à une hiérarchie des normes juridiques inversée. Nous sommes aux côtés des Indignés comme aux côtés des faucheurs d’OGM, des déboulonneurs « anti-pub », de ceux qui réquisitionnent les logements vides, de ceux qui cachent les sans-papiers, de ceux qui refusent le flicage (telesurveillance, ADN, etc), des salariés désobéisseurs, des médecins solidaires, bref, nous sommes convaincus que la gauche doit redevenir rebelle pour redevenir vivante.
Nous sommes tous des désobéisseurs car ce combat permet de réagencer autour de l’idée d’une « politique vive », ce qui se trouve en déperdition du côté de la politique parlementaire et des formes d’institutionnalisation mises en place par celle-ci (le syndicalisme actuel dans ses formes majoritaires mais aussi les ONG complices du système). Nous devons penser une politique qui ne s’accomplisse aux conditions de l’Etat pour en finir avec la politique hors-sol, avec cette politique sans le peuple. La désobéissance est l’un des opérateurs de ce passage d’une politique pensée en termes molaires et centralisée à une politique moléculaire et vivante. Face aux atteintes portées à la démocratie par une oligarchie toujours plus agressive, face aux remises en cause du pacte social et notamment des services publics, face à la nécessité de renforcer le répertoire d’action des citoyens, des salariés, des chômeurs, des consommateurs, de tous les sans (logement, papier etc.), la question de la désobéissance est posée par des acteurs sociaux les plus divers et toujours plus nombreux.
Ces actes de désobéissance ne sont en rien un retour au vieil illégalisme. Ils en appellent à la désobéissance au nom d’une conception plus haute du droit. Désobéissance individuelle pour échapper à l’idéologie du système et à ses engrenages : réseaux anti-pub, collectifs d’accueil des étrangers en situation irrégulière, RESF, faucheurs volontaires, bilinguisme régional, semences paysannes, lanceurs d’alerte, refus de la télévision, des JO, réquisition de locaux (DAL, Jeudi Noir), etc. Désobéissance professionnelle pour échapper à la casse des services publics, aux logiques de privatisation du vivant, avec les enseignants désobéisseurs, les médecins solidaires, les postiers qui refusent d’être transformés en VRP, les électriciens qui rétablissent le courant, les travailleurs sociaux qui refusent de devenir des auxiliaires de police, l’appel des cinéastes à désobéir, les mouvements pour défendre les services publics (EGSP), le droit à l’avortement, le refus du travail dominical et des nocturnes commerciaux, etc. Désobéissance institutionnelle avec des collectivités territoriales qui refusent les expulsions, qui contournent les interdits en matière de services publics gratuits, qui se proclament territoires sans OGM, villes hors AGCS, qui pratiquent des semis désobéissants, admettent de l’habitat léger, refusent l’implantation de grandes surfaces, revendiquent la désobéissance européenne, etc.

Nous vous lançons un Appel à nous rejoindre le 8 octobre à Grigny (Rhône) pour fêter et réfléchir à la désobéissance. Ce sera notre rentrée, à nous, les indignés, les invisibles, les antiproductistes des gauches et les écologistes antilibéraux.

Colloque co-organisé par la ville de Grigny et le Sarkophage – Entrée libre.
Tous renseignements pratiques : site lesarkophage.com et www.mairie-grigny69.fr


 
 
 
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4 commentaires
  • bonjour !!! A mon avis, on va tous passer de sales moments, mais si on garde notre optimisme et notre détermination, on arrivera peut-être bien à un Monde qui chante !!!

  • Si je pouvais, je serais à vos côtés. Et j’applaudirais. Et j’élèverais les barricades contre l’obscurantisme, l’ignorance, et la peur dans lesquelles on nous maintient. Je suis avec vous.

  • Bravo à la désobéissance civile, juste, raisonnable et anti chambre de la révolte salutaire et révolutionnaire.

    J’appuie la désobéissance civile.

  • je me demande souvent si Daniel Balavoine n’avait pas bien résumé le problème dans une de ses chansons, où il dit"les lois ne font plus les hommes mais quelques hommes font la loi", c’est bel et bien à ces derniers qu’il faut désobéir, pour créér de nouveaux droits, qui rendent le monde vivable pour le vivant, dont l’humain fait partie. Que ce soient les peuples d’amérique du sud, ou des pays arabes en révolte, en passant par les indignés et aussi par quelques citoyens et/ou élus qui résistent en France, c’est dans la nuit de la crise écologique et financière que la liberté nous écoute

 
 
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