Dénaturation logique et factuelle de la démocratie.

Toute gouvernance verticale telle qu’il en est à l’échelle du monde dans les États, est manière vicieuse, mode vicié d’expropriation des peuples de ce qui leur appartient et les regarde : le pouvoir. La démocratie véritable ne peut être qu’horizontale, gouvernance collective et participative avec le contrôle effectif et réel du peuple organisé en nation sur les structures administratives décideuses de son sort. Le leader vrai, quant à lui, est un guide consultant du peuple et non un régnant. CLM

Nous vivons le temps de la démocratie verticale exclusive. La démocratie formelle sans souci du peuple ou de l’équité est aujourd’hui, de fait, la seule dictature admise et régnante au point que quiconque la refuse ou pense autrement le concept, est accusé d’antilibertaire par le commun qui le considère tyran potentiel et ennemi antisocial des peuples. D’ailleurs, aujourd’hui le droit international lui consacre les fameux droit et devoir d’intervention « onusien » via l’Onu inféodé aux puissances néocolonialistes, associé de fait aux rages hégémoniques et bellicistes des frappes aériennes de l’Otan, contre tout violateur avéré des droits de l’homme consacrés par la soi disant démocratie. Mais disons-le, intervenir pour la démocratie aurait pu être juste si c’était vraiment pour les peuples et non pour les empires qui veulent prendre la place des « tyrans » (vrais ou faux) que l’on destitue (car on crée des tyrans à satiété dans le laïus de cour des gigantesques agences de presse et grands médias toujours plus ou moins courtisans et surtout ultra-alignés).

Ailleurs, comme l’allégorie chrétienne de la poutre et de la paille, la démocratie doit au départ corriger la démocratie pour qu’elle cesse d’être dans les pays du nord, qu’un argument oligarchique formel, que l’alibi d’une clique de voyous cravatés faisant main base sur le patrimoine de tous et garantissant leur forfaits par des lois. Argument de pétrolières, de minières, de banques et de bourses pour envahir des États à piller que l’on traite de pestiférés afin de justifier leur mise à sac, leur séquestration par des gouvernements fantoches au service de l’occident. En fait, seule une vraie démocratie en occident, (qui est aussi dans de larges proportions le nord économique) peut couper court aux crimes et abus contre l’humanité des establishments occidentaux contre les pays dits périphériques.

Il faut dynamiser et rendre la démocratie à elle-même, c’est-à-dire la fonder telle qu’elle n’a jamais été jusque là, comme un espace convivial et solidaire du mitsein en vivre-ensemble véritable, d’abord dans les sociétés du nord et ensuite entre les États, sans ostracisme de classe, de caste et surtout sans lynchage et strangulation économique. Je crois qu’il faille propulser la culture, ce paramètre important de la liberté libre des superstitions idéologiques et de leurs préjugés excommunicateurs, pour en faire un lieu d’humanisation des masses et ainsi « élitiser » toute la société à l’heure des banques de données où les rudiments de la grande et vraie culture de l’humanité sont partout disponibles. Car la culture vraie, en tant qu’élévation de l’Esprit et de l’entendement, sa faculté majeure, est la meilleure alliée de la démocratie. Il faut cesser d’abrutir le peuple pour la consommation et la détestation de la différence par les vilenies de la fausse culture des médias d’assouvissement. Il faut arrêter le conservatisme désuet et niais promu par des gouvernements imbéciles sans autre capacité que la redondance des visions obsolètes de monarchisme et de république monarchique.

Le drame de la démocratie - son lieu de déviance simiesque, sa face d’ogre dévorante, sa faille haïssable dans les barbaries molles de l’idéologie de l’argent-dieu où les partis et politiciens arguent de breloques verbales pour berner tous - est qu’elle est une affaire de nombre et non de raison, où la restreinte canaille bourgeoise use des émotions de la vaste foule votante qu’elle encanaille. La démocratie ainsi utilisée, s’inscrit dès lors au cœur du galvaudage et de la dénaturation. Elle est l’alibi des corrupteurs et aliénateurs qui en manipulent le sens en sabrant le bon sens collectif. Hélas ! Le nombre sans une éducation véritable, mû par l’instruction bourgeoisement idéologisée et corruptrice des intelligences, est le plus souvent un abîme de pulsions facilement manipulables et les dirigeants s’y adonnent avec voracité ! Donc, ceux qui osent dépasser le donné immédiat des choses, les modes d’être préfabriqués du social, tant que l’État Moloch dévorant usurpera le trône du peuple avec sa propre complicité de passivité, seront toujours marginaux et terriblement minoritaires, victimes du populisme culturo-idéologique bourgeois dit démocratie, dans le verbiage savant des organes de la rection étatico-sociale…

Nombre, foule et enlisement de la démocratie

Les majorités qui constituent les nations et les peuples, ne sont majoritaires que comme nombre et non comme citoyens assumant la citoyenneté. Les élections cycliques, cet alibi de souveraineté populaire, sont dans la ploutocratie de droit divin où nous vivons, l’ironie du peuple et de la démocratie, la manipulation des votants dans un système qui se renouvelle, se légitime aux dépens des illusions collectives. Les élections ne sont que le maintien et le retour du même sous des masques différents !

La capacité à déclencher et à canaliser les passions, constitue actuellement en nos démocraties extrêmement lacunaires, en fait, nos populismes culturo-idéologiques, le plus terrible des pouvoirs de l’oligarchie sur les masses. Les nigauds scolarisés, surdiplômés et comme c’est toujours le cas avec les ignares, pleins de préjugés et de mesquineries - ces pierres de touche de leur chétivité d’âme, leur absence d’humanité - s’acharnent médiocrement et impitoyablement à excommunier tout ce qui est articulé et intellectuellement élaboré. Par le populisme culturel, la délégation du pouvoir à des « leaders » bâclés, ne constitue non plus simplement de la déperdition mais de la phagocytation des pouvoirs populaires, de l’absorption des possibles par l’altération du sens et de la vocation de l’économie via le mensonge politique. Et le peuple aliéné se charge d’imposer le mutisme marginalisant aux voix dissidentes d’entre ses membres, vendu qu’il est à la foire pseudo-démocratique à l’œuvre dans le vacarme populacier des médias.

L’intelligence humaine se met en acte par l’exigence de comprendre, de réagir et éventuellement d’agir sur le cours des choses, l’intellect quant à lui naît de l’idéation abstractive selon l’imaginaire idéel de la conscience interrogeante et critique de l’homme. C’est donc cette conscience qui opère le rejet des faussetés logiques et est l’inspiratrice du factum de refus des claustrations dans les dogmes séculiers ou faussement transcendants des oligarques. L’intellect est donc exigence de comprendre tout ce qui est rationnellement atteignable.

Il faut arriver à faire cesser l’excitation des pulsions primitives et de l’émotion brute du nombre par la presse. Car la société contemporaine bornée des œillères de la presse vile, se croyant libre parce que portant la livrée dans son esprit malgré la cravate et le veston, est nue et constitue une force brutale, ennemie de la liberté et sans respect ni estime de l’homme, valeur fondatrice de la civilisation qui, lorsqu’il est abêti transforme tout en barbarie et monstruosité.

Les majorités ne sont que nombre et cohues serviles. Nombre dans leur soumission et leur collaboration avec et pour les minorités infimes qui les mènent, misérable foule que l’on utilise en paillasson de l’ordre des oligarques. D’où, rien n’est plus servile et antidémocratique que le nombre sans but commun, sans souci de dignité, vils assassins de la démocratie. Une majorité sans conscience politique propre et émancipatrice n’est rien face à quelques-uns sachant jouer des manettes de l’idéologie. Il en découle une démocratie prisonnière du cycle électoral, Mais les élections n’ont jamais, nulle part sous la ténèbre ploutocratique contemporaine, rien résolu de systémique en politique d’État. C’est même pour ça qu’elles existent dans ce capharnaüm de faussetés idéologiques bourgeoises, dit démocratie ! Élections, souvent légitimation de la désignification politique et achoppement du sens de l’État-nation sur les butoirs des séquestreurs d’États.

Il faut aussi rappeler que vouloir subsister par instinct de conservation sans prendre le recul de l’intellection, pousse presque tous à accepter de leurs semblables les pires asservissements. Mais le cercle est vicieux, l’asservi réifié, n’étant plus pleinement humain ne subsiste pas en tant qu’Homme mais ombre d’autrui. La mort pure et simple, en vérité, est préférable au fait de jouer au vivant tout en n’étant que chose d’autres mortels sans oser se battre !

Au reste, disons qu’une véritable démocratie participative implique la création des groupes de quartier et de villes débattant et motivant les populations. La démocratie effectivement populaire suppose un rapprochement dialogique, une proximité des citoyens permettant une vision intelligée de la chose collective, des droits et devoirs que le pouvoir sous contrôle du peuple se chargera d’appuyer et d’exécuter dans ses décisions politiques.

À ceux qui croient aux bons côtés du système socio-économique actuel et qui le tolèrent, je dis qu’une ploutocratie, parce qu’elle assoit par la politique le règne de quelques-uns sur la ruine et l’écrasement de tous, ne peut être bonne en aucun domaine de son existence. Les bons côtés d’un tel système du mal, ne sont qu’alibis pseudo-ethiques, prétextes moraux pour justifier l’injustifiable et légitimer ses innombrables horreurs.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

http://intellection.over-blog.com/


 
 
 
Forum lié à cet article

1 commentaire
  • Dénaturation logique et factuelle de la démocratie. 15 octobre 2011 21:54, par geabel

    Dès le début de votre propos, je prend la mesure de la puissance, la pertinence de votre vision et votre claire-voyance que j’épouse en tous points.
    Votre point de vue me parait valable autant pour un peuple que pour un couple.
    Mais, pourquoi vouloir obliger un aveugle à voir la lumière, ou à un fou d’être conscient de ses actes ?
    Vos paroles doivent être dites et entendues.
    Malheureusement, c’est un caillou jeté dans une mare que seul le recul permet de voir son effet, pas pour ceux qui flottent à proximité et qui ont pris l’habitude de ces ondulations (clearstream, 11 septembre, fukushima, etc.).
    La dénonciation des méfaits par d’autres est devenue un argument de bonne conscience que chacun intériorise pour lui permettre de ne pas agir à son propre niveau, estimant toujours qu’il n’a pas les moyens de le faire, et que d’autres le feront pour lui.
    Triste époque.
    Continuez.

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes