Transréalisme

Le transréalisme évoque un discernement qui a émergé et se développe, à travers le temps, telle une lucidité grandissante, qui donne sens à l’évolution de la conscience et définit, ainsi, l’idéal humain.
Que savons-nous du développement de la faculté qu’a l’être humain de connaître sa propre réalité et de la juger, de cette connaissance intérieure que chacun a, de ce qui est bien et de ce qui est mal ? Comment est-elle apparue ?
Cet invisible qui nous habite, qui nous permet de réaliser qu’on existe, qui invite à se demander pourquoi, a-t-il une raison d’être ? Est-il fruit d’un simple composant d’atomes, comme le corps, dont la destination est de devenir poussière ?
Ou, est-elle une existence immatérielle, mue par un certain déterminisme ? Si oui, lequel ?
Les monothéismes religieux, par exemple, affirment qu’un Dieu est, à l’origine, de tout ce qui existe dans l’univers. Ils prétendent qu’il a créé Adam et Ève, - à son image, selon les Catholiques, notamment-,en les dotant de cette redoutable faculté de savoir ce qui est bien et ce qui est mal, en les invitant à mériter le ciel, par l’obéissance à ses préceptes dictés à ses prophètes, fils ou élus, chargés de les transmettre.
Ces affirmations impliquent que la possibilité d’évoluer de la conscience serait donc un leurre, puisque l’existence ne vaut que pour atteindre le ciel, grâce à une obédience scrupuleuse à Dieu – ce qui implique que tout Homme a capacité de l’écouter ou non, ou, autrement dit, que l’Homme aurait toujours eu pleine conscience du bien et du mal, définis par Dieu.
Pourquoi, alors, a-t-il fallu des prophètes pour écrire les Tables de la Loi ? Pourquoi ces écrits saints sont-ils survenus, si tardivement, après l’apparition de l’Homme sur terre ?
Tous les êtres ayant vécu avant ces lois ne pouvaient les respecter faute de les connaître ? Étaient-ils irrémédiablement condamnés ? Pourquoi un Dieu unique donnerait-il naissance à trois religions, avec des préceptes sensiblement différents ?
Chacun peut déjà convenir d’un fait : toutes les règles divines sont vouées à la morale et attachées à l’amélioration des comportements et relations sur terre.
Cette évidence montre déjà que la conscience ne saurait être une existence immuable, tout comme il devient de moins en moins raisonnable de prétendre que l’Homme n’a pas évolué, aussi bien dans son apparence physique, que par sa capacité de développer sa connaissance et sa lucidité, donc, - sa conscience.
Que savons-nous de cette évolution depuis l’apparition de l’Homme sur terre ?
Les premiers hominidés, ou australopithèques, existaient il y a six millions d’années sur la terre, formée il y a environ 4,6 milliards d’années. Selon les anthropologues, ils disparurent il y a un million d’années.
L’Homo habilis - qui crée des outils (galets taillés)-, apparait il y a 2 500 000 ans.
L’Homo erectus (position debout), il y a 1 800 000 ans - il dispose d’une boîte crânienne de 825 cm3.
L’Homo erectus présapiens se distingue par une boîte crânienne de 1200 cm3 et apparaît il y a 200 000 ans.

- 600 000 ans : maîtrise du feu, début de la chasse aux grands animaux nécessitant une organisation.
- 80 000 ans, est l’âge de l’Homo sapiens (crâne de 1500 cm3, soit notre capacité actuelle). A l’usage d’outillages plus variés et fonctionnels (lames, pointes, racloirs), survient la création de sépultures, ou un rapport à la mort qui marque la naissance de la religion ;
- 50 000 ans est l’âge de l’Homo sapiens sapiens (l’Humain actuel). Il est présent dans la plus grande partie des régions de la terre.
- 30 000 ans : Naissance de L’Art.
- 15 000 ans : Peinture de Lascaux, invention de l’arc.
- 11 000 ans : sédentarisation, formation de villages.
- 10 000 ans : premiers villages circulaires en Syrie/Palestine, début de l’agriculture , domestication du chien.
- 8000 ans techniques médicales (trépanation) et de construction (fortification de Jericho)
- 7000 ans : domestication de la chèvre, du mouton, du bœuf,
- 6000 ans : premières grandes civilisations au bord de l’Indus, du Tigre et de l’Euphrate, du Nil.
- 5500 ans : début de la métallurgie du cuivre en Anatolie.
- 4500 ans : premiers dolmens et menhirs sur la façade atlantique de l’Europe,
- 4000 ans : invention de la roue en Mésopotamie, développement de la poterie, culture du riz et du millet en Chine.
- 3500 ans : domestication du cheval.
- 3000 ans : Naissance de l’écriture à SUMER : commencement de l’Histoire.

Que pouvons-nous conclure de ces faits ?
Comment le concept transréaliste peut-il s’y inscrire ?
Réfuter l’existence d’une évolution de l’espèce humaine, aussi bien physique que spirituelle, ne démontre plus qu’un aveuglement forcené.
Il apparaît clairement que la religion, et l’Art, ont été des facteurs déterminants de l’accélération de l’évolution de la conscience, et que cet accroissement n’a cessé de prendre une allure exponentielle, depuis la naissance de l’écriture qui, grâce à son pouvoir de transmettre, marque le début de l’Histoire et le développement accéléré de la connaissance, - qui est l’aliment nécessaire à l’épanouissement de la conscience, et, notamment, à la croissance de la réflexion qui favorise la lucidité de ce que nous sommes et recherchons idéalement.
Aussi évident que puisse paraître cette conclusion à connotation existentialiste, elle interroge sur la fonction de Dieu, des croyances et Religions, car elle tend à mettre en lumière, que le pouvoir de connaître toujours davantage, permet à la conscience morale de progresser, sans l’intervention céleste.
Si l’épanouissement de la conscience des Hommes semble bien ne dépendre que d’eux, la provenance de sa présence et son existence, même à son état embryonnaire, reste posée, et m’invite à trouver le lien qui existe entre ce mystère originel et les moyens de son développement ; et cela, afin de démontrer la véracité de l’idéal défini par le transréalisme, - qui précise que l’évolution de la conscience humaine n’a de sens que si elle développe la capacité de l’Homme à toujours mieux considérer, mieux respecter, afin de se sentir toujours davantage en harmonie avec son univers.
Le fait d’inviter le lecteur à la réflexion repose sur une conviction : Il ne suffit pas de dire que l’idéal consiste à toujours mieux respecter, il faut, pour le concrétiser, s’en convaincre, non seulement par l’éducation collective de la connaissance vouée au respect, mais surtout, par la réflexion individuelle.
Il est plus efficace de se convaincre soi-même que d’être convaincu par las autres. L’amélioration des comportements et relations ne saurait provenir de la seule incitation collective, mais de la clairvoyance de chaque individu que son bonheur dépend de sa contribution au mieux vivre ensemble.


 
 
 
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