Tolérance Factice et Ostracisme Du Sens.

La tolérance bien entendue implique la légifération limitative de tous privilèges particuliers de groupes et d’individus entravant la pleine liberté collective où tous sont censés être acceptés et respectés dans leurs droits et devoirs, libres au sein de la société ouverte. CLM

L’égalité des hommes est une chimère grossière que se paient des démagogues pour flatter l’égo des simplistes, alors que l’équité constitue l’horizon légitime de l’authentique militant de la justice sociale et de la tolérance éclairée comme voie d’humanisation du monde.

L’une des illusions de la « démocratie » formelle, est de faire croire à l’égalité des réflexions réduites toutes selon la clameur populacière au rang d’opinions. Ainsi, tous peuvent récuser tous, et la vérité imposée dans l’ordre social, celle de la fonctionnalité d’une économie au profit de quelques-uns que garantit l’État, se pose en « métaphysique » de facto que la société intégrale adopte, vit et nourrit de toutes ses énergies. L’idéologie est la vérité artificielle rendue état naturel de l’ordre dominant selon le mode de penser et d’agir, le vivre ensemble social. Et contre qui ose rejeter l’ordre établi, toutes les formes de l’ostracisme et de la répression prennent l’essor châtieur du coupable. D’abord le rejet par la masse inquisitrice des soi disant citoyens, programmés par l’ordre ; ensuite, l’exclusion entre autres, économique de l’importun, et enfin, la menace de l’un des deux cloaques répressifs, deux véritables dépotoirs officiels punitifs du système pour se débarrasser des dérangeurs en nos démocraties d’extermination : la prison ou l’asile psychiatrique. En vérité, le trublion accusé d’antisocialité n’en sort jamais totalement indemne des suspicions à vie qui pèseront sur lui via la main écrasante des suggestions « moralisatrices » du cerbère officiel, détenteur des organes de l’axiologie appliquée : structures d’éducation, de conversion et de répression dans l’État et la société. Une Société frappée d’obsession de contrôle des masses et qui vit de délire du pouvoir absolu, de paranoïa autoritaire, de frénésie de puissance, d’angoisses obsidionales des élites économiques prédatrices, effrayées à l’idée d’éventuelle révolte à réprimer, est une sellette pour les esprits libres soupçonnés de conspiration de renversement. Esprits libres qui, au nom du système « démocratique » que l’on nous impose comme inviolable morale politique planétaire, doivent être marginalisés et constamment décriés comme fous, dysfonctionnels sinon dangereux.

C’est pourquoi les amis de la liberté ne doivent jamais oublier que le combat de la libération ne doit en aucun cas pactiser avec la plupart des politiciens de l’ordre, virulents ennemis de la liberté ! La libération ne peut être vraie que si elle rejette sans complaisance dans sa procession tout ordre asservissant de quelque type qu’il soit. Car tout est dénaturé dans le statu quo, où la prostitution devient la carte de visite d’une société des horreurs.

La peur de la liberté dans la société, qui motive les répressions subtiles dans l’éducation formelle et surtout informelle par la presse et le populisme culturel, pour mouler les jeunes consciences au système établi, est le plus terrible butoir à l’évolution humaine des individus vers le statut de personne plénière en idéologisant mérite et morale, altérant des qualités et défauts des êtres humains. On omet de dire que seul l’Homme vraiment libre exprime ce qu’il est par des choix dignes ou indignes de son humanité. L’on comprend alors que notre jugement d’autrui hérité de la famille selon la préséance des parents naturels, n’est souvent que la justification du niveau de conformité à l’ordre établi chez les reflets de la bêtise sociale mirée différemment dans les « consciences » réifiées, asservies que sont la plupart des individus. Et la valeur dans ses deux dimensions de logique et de morale, verse dans le jugement déviant des erreurs et horreurs de la convenance répétées d’âge en âge par les structures de reproduction de la société… Convenance toute d’hypocrisie vu l’infâme mythe d’essentialisme de classe et de race des imbéciles à foison peuplant le monde et qui, telle une déviance monstrueuse sommeille dans les populations. Essentialisme que des esprits pervers, des moins que rien au pouvoir attisent à volonté pour en faire des idéologies et des politiques. Essentialisme qui voit des ex rescapés du racisme adopter le langage de leur propre infériorisation par leurs anciens bourreaux pour jouer stupidement aux supérieurs et aux racistes à leur tour. Ainsi, l’injure, le racisme du plus primitif et misérable quidam vil et minable, se déferle en arguant idiotement de couleur voire d’ethnie pour projeter sur autrui leur haine de soi, leur mal-être invivable, leur misère d’être ontologique.

La démocratie est aussi réduite hélas par pseudo-liberté, aux droits de propriété et à la consommation et au sexualisme comme emblème de la libération des mœurs. On oublie que la liberté absolue est aussi une abomination qui brise les limites garantissant l’assumation humaine de l’individu.

Le plus difficile pari dans cette jungle agressive et répressive dite société humaine, est d’aller à contre courant des déferlements d’une morale diabolique du consensus où quasiment tous, à vau de route, courent à l’échouage de leur humanité, à la déchéance absolue.

Entre d’une part, l’hédonisme diabolique du plaisir prétendument sans bornes, qui inspire les délirants en quête de jouissance à toutes sortes d’expérimentation avilissante du corps dont les orifices naturels sont désormais transformés en trous d’insertions de toutes sortes, jouets d’intromission de tous les gadgets phalloïdes ou vibratoires - et d’autre part, l’avarice bancaire et financier du monde de l’argent sale et du crédit, nous sommes à l’heure de la tolérance et de l’ovation du mal et de la dégradation de l’homme rendu vil objet du sexualisme et de l’économisme qui excommunie tout importun rétif à leur obscénité.

Mais, je le sais, la plus grande thaumaturgie de l’idéologie, est de pouvoir créer de la réalité en se passant de la vérité, c’est aussi de vendre de la pathologie de consommation comme norme politique et santé de l’économie en abstrayant les pathologies et déviances comportementales des individus sous-tendues par la société de consommation.

De toute façon, la tolérance authentique implique l’acceptation de toutes les majorités et minorités, sans idéologiser des mœurs d’assouvissement qui font oublier la répression économique et systémique des individus rendus chose d’une prétendue société du désir où l’assouvissement prime la satisfaction véritable. La tolérance se distingue de la promiscuité scélérate par la décence des catégories dans l’assumation de leurs prérogatives au cœur de l’espace public.

La démocratie ne peut - sous prétexte de tolérance somme toute factice - se pâmer ni dans un gauchisme démagogique qui loue des religions répressives ni dans le sexualisme où la sexualité, chose qui doit être libre dans le privé et l’intimité, est idéologisée et faite agressante de la décence publique pour simuler un délire de libertés dans l’État-moloch d’aujourd’hui. Tout comme la vraie démocratie ne saurait se commettre avec la droite ploutocratique mondiale, elle ne peut s’abandonner aux délires exhibitionnistes du sexualisme contemporain.

L’amalgame idéologique avec ses contrevérités, ses excentricités proclamatrices, ses négativismes, ses dénonciations sélectives des sociétés répressives, au nom d’une soi disant démocratie intégrant toutes les catégories méprisantes de la dignité humaine dans leur mode de vie et leur politique, est une sanie purulente et puante dans le corps de la tolérance authentique pour une société vraiment équilibrée dans la liberté.

La tolérance, cette politique d’acceptation logique et morale d’autrui dans son altérité, pour être vraie, doit exiger la justice sociale qui est respect des droit économiques du peuple, puis, être respectueuse de tous ceux qui partagent l’espace public selon leurs sensibilités différentes. Le respect des droits de tous sans monopolisation des biens et ressources par la finance et certaines grosses compagnies, est l’ossature même de la tolérance !

Ailleurs c’est la tolérance démagogique des mœurs bêtement exhibées, dénaturation du sens pour masquer l’ostracisme économique, qui est le trait dominant et grimaçant de l’État « moderne démocratique » d’aujourd’hui. Véritable dévoration anthropophagique d’une histoire faite aux dépens de l’homme…

Car c’est le logos social et ses formes diluées dans les pratiques et suggestions institutionnelles qu’il faille renverser pour la nouvelle société dûment pétrie selon une éducation humano-citoyenne.

Le tragique existentiel fait aux hommes sous le feu roulant de la servitude par l’idéologie peut se pâmer si les hommes reconnaissent la contingence de leur sort social sans nulle nécessité naturelle ni transcendante parce que provoquée et maintenue par d’ignobles et indignes élites.

Pour revenir à mon exergue, disons que l’équité est la prégnance de l’ouverture à autrui et le refus politique de la mesquinerie avec ses monstrueuses ignominies d’ostracismes et d’injustices. D’où, l’équité est l’espace de la tolérance qui, néanmoins, ne saurait être de la promiscuité ni de l’indécence agressive ou encore de l’intrusion provocatrice de ce qui est privé et intime dans l’espace public.

La tolérance, cette acceptation lucide de chacun, est la pierre de touche de la liberté sociale. La tolérance n’existe donc qu’en démocratie effective, là où aucune démagogie oligarchique ne singe le respect clinquant des excentricités minoritaires qui folklorisent les droits inaliénables dans l’espace public par la surenchère d’une démocratie-spectacle où toute grimace est permise, sauf le droit du peuple de contrôler politiquement le système socioéconomique.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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