Du symbole au signe, la ronde du faux… (Bref regard sur l’Onu-Otan)

Le signe social diffère du signe en général parce qu’il est en fait artificiel comme le symbole, quoique systématiquement produit comme naturel. D’où, le signe social dévore les vrais signes, sémiovore à l’image des symboles dont se paient les grands mystificateurs pour tromper, manipuler et régner. Le signe social n’émane donc guère de l’être ou entité qu’il est censé révéler mais de fait, représente à l’instar du symbole, ce que veut l’idéologie dominante. CLM

Un exemple de signe d’horreur produit en symbole, le couple Otan-Onu en ce début du 21ème siècle. L’Otan instrumentalisant l’Onu par manière de légalisme sordide - dans la redéfinition agressive et belliciste du nouvel interventionnisme colonialiste occidental de bombardements, de massacres de militaires et civils pour ensuite, littéralement coloniser par des crapules armées placées au pouvoir dans les États que les establishments miniers et pétroliers occidentaux veulent piller - est en train de s’ériger en symbole contemporain de la horde des quelques puissances brutes de l’occident en déclin, qui se veulent le noble signe d’une « démocratie planétaire » triomphante justifiant toutes les hécatombes et tous les excès meurtriers. Otan, (ordre des terroristes avides de numéraire), soit disant symbole du militarisme noble, mais de fait (organisation des tueurs avares nécrophages) qui ne font pas la guerre parce que de lâches massacreurs jeteurs de bombes, de vulgaires assassins de peuples, qui se contentent de distiller dans leur délire de conquérants, des images médiatiques indécentes de leur triomphalisme sanguinaire aux peuples, faisant accroire à ceux-ci, une prétendue gloire de leur armée nationale salvatrice de démocratie en terre barbare sans leur dire que ce sont des soldatesques voyous sans fait d’armes ni stratégie, qui tuent au nom de quelques industries minières et pétrolières occidentales pillardes.

Le symbole, parce qu’il est clairement désigné comme représentation, il est de loin facile à tout observateur sagace de déceler les trahisons et forfaitures, les félonies et manipulations auxquelles on soumet l’opinion et par quoi, on la manipule en dénaturant les essences et les faits. Il est obvie que dans le parler et le faire politique ou religieux (qui est encore politique) les symboles servent souvent de fuite aux hommes dans leur cupidité rageuse de pouvoir, leur pusillanimité à assumer les horreurs qu’ils commettent. Et la société, créatrice à foison de signes artificiels, rappelle sans cesse l’indécence symbolique de Pilate qui substituait à l’exigence de justice à rendre, l’ignoble et mensongère manière de l’ablution des mains. Car en fait, les institutions d’État de droit, de justice comme le parlement, des contrepouvoirs tels la presse et certains grands syndicats relevant tous des mêmes maîtres de l’économie, du même noyau décideur derrière les plus belles structures de la démocratie représentative, sont des signes menteurs - parce que simples symboles pour cacher l’ignominie despotiques des ploutocrates - d’une égalité voire d’une dignité civile et politique au sein de la nation. L’apodictique masquant la problématique systémique dans les proclamations et comportements systématiques des soi disant élites, la pluralité des mondes est pris en otage dans le monde unique des hégémonistes, faiseurs de lois, monopolisateurs de la violence, égrugeurs de tous les sens par une montagne d’apparences, une collection de symboles. Veulerie criminelle et quiproquo de pouvoir parmi les plus vils fats de l’ethnocentrisme, les plus abjectes crapules de la terre, la charogne masquée de vie se pavane en ses incommensurables puanteurs et croit pavoiser de grandeur à la face du bien marginalisé !

Substitutions ironiques, Symboles « sémiovores » !

Les institutions, à l’instar de l’homme, ne communiquent que de soi et que soi. En-deçà et au-delà d’un médiaire plus ou moins contrôlé comme le verbe des communications officielles, ce sont donc les signes des tendances fonctionnelles actives et réactives qui communiquent le mieux, la vérité de toute institution humaine, de tout système sociopolitique et économique. D’où la sémiologie la plus finie des institutions, est une herméneutique de l’ombre, une physionomie discrète de l’orientation institutionnelle. Sémiologie, lumière médiate, vue sommaire sur l’au-delà du tangible et de l’immédiat ! Le signe est donc l’immédiat par l’évidence subtile de la présence non évidente en soi !

Le signe est essentiellement l’indice que guette l’herméneute, le quelque chose qui, permanent en tel phénomène, permet d’identifier ledit phénomène même quand il n’est pas encore visible à proprement parler, en en extériorisant pour son connaisseur, le substratum. Le signe est l’arme même de la prévision et de la connaissance des êtres. En ce sens, le signe, tout signe est naturel en tant qu’émanant de la nature de l’être et le portant à notre perception, notre attention. À l’échelle naturelle, l’homme se révèle comme toute créature un être éminemment sémiofère (porteur de signes), étudiable et saisissable dans sa dimension connaissable par ses signes connus. Par contre dans la sphère sociale, l’homme devient sémiogène, (générateur de signes) insoupçonnés qui, pour suborner, invente des repères et codes accoutrant la vérité et fondant une sémiologie artificielle où le signe divorce de son essence de révélateur de la nature de tout étant dont il émane pour signifier par apparence. Le signe, en société, de par son artificialité et ses artifices, manifeste néanmoins, la face masquée et la matoiserie mensongère de la société. Sans être des symboles au sens propre, car le symbole est direct et défini comme tel avec la signification que lui imprime ses inventeurs et utilisateurs, les signes sociaux fonctionnent exactement comme des symboles, c’est-à-dire représentation de ce qui est absent, alors qu’ailleurs, comme nous l’avons déjà affirmé dans d’autres écrits, le signe est essentiellement indicateur d’une présence précise à laquelle il renvoie.

Quand toute institution officielle réfère au vide de ce qu’elle est censée incarner, ne sommes-nous pas pris dans l’ordre de la schizophrénie régnante, la tyrannie des symboles moqueurs, mensonges des substituts ironiques ? Pires que la connotation qui tient lieu de sens « idéologique » étendu imprimé au sens sémantique strict de la dénotation, simulations et lubies tissent leur toile de veuve noire autour de l’entendement collectif et jettent leurs œillères sur son regard dans l’orthodoxie trompeuse des us et le mésusage des choses.

L’on comprend alors le ton faussement sérieux voire prétentieux, l’arrogance affectée de nos bourgeois et politicards larbins avec leurs journaleux lèche-bottes entonnant leur immonde grandeur pour le vulgum pecus occidental manipulé, éberlué des prouesses militaires de leurs pays supérieurs, qui y cherchent grossièrement une compensation à leur misérabilisme, leur facticité existentielle.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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