Français, Francs et franconiens...

Nous les Français avons hélas un penchant germanique lourd. Curieusement, bien que venu après dans l’histoire, il étouffe presque entièrement notre gallicité et surtout notre romanité dont notre langue pourtant est le reflet. Bien avant la chute de l’Empire romain, nos futurs ancêtres sont Francs, peuple germanique d’entre Rhin et monts de Bohême. Quelques siècles plus tard, ayant passé le Rhin et occupé l’actuelle Belgique, le Franc Clovis devient notre roi parce qu’il se fait chrétien et, depuis Soisson et le sacre de Reims, dessine notre moi national : Une tête fendue pour un vase et un couronnement par un évêque dans une ville du nord qui ne connaissait ni Champagne ni art gothique, voilà notre fier blason : Le Sabre et le goupillon. Sabre germain et goupillon papal, traduit dans le langage chrétien d’époque par le fier : « France fille aînée de l’Eglise » tandis qu’Otton, branche à l’est du Rhin des Francs, sera fils aîné du « Saint Empire Romain Germanique ». Ça se résumera pendant des siècles à Fils hargneux contre Fille rusée.

Les classes dirigeantes françaises ont ce souvenir jusque dans leur sang, dans leur Blut plus que dans leur Boden, ont ce vieux réflexe de chercher appui chez l’Allemand surtout depuis que celui de Rome a disparu. Louis XVI arrêté à Varennes, allait à Koblenz. Les aristocrates européens, à l’appel des Ludwig de l’Est se coalisent contre notre Révolution en 1792, et si le Corse grincheux avait su faire passer l’intérêt national avant son ego italien de condottiere, nous n’aurions pas eu besoin de Talleyrand pour, en 1815, sauver la France des appétits de ces mêmes aristocrates désormais unis contre nous dans leur commune détestation du petit « Robespierre à cheval » qui incarnait alors notre pays. Même un Italien n’a pas pu, malgré ses talents certains, purger le germanique en nous ! En 1870, les Prussiens encerclent Paris et sont utilisées par les bons Français de Versailles pour mater les Parisiens de la Commune, Gaulois bien plus intelligents que les vulgaires Thiers (Thier, en allemand signifie animal). « Hitler plutôt que le Front populaire », à la fin des années 1930, est le slogan de ces châtrés. En 1940, Pétain soulage son angoisse anti-communiste, anti maçonnique et anti judaïque et offre la France aux Prussiens, Franconiens et autres Alamans, il les précède dans leur œuvre purificatrice... En 1968, de Gaulle, désemparé par la chienlit populaire, va à… Baden Baden voir un Massu, vieux copain du « quarteron de généraux à la retraite » dont il se gaussait huit ans auparavant. Qui était-il cet homme, sinon un homme du Nord, de Lille ? Et qui était Jaurès sinon un homme du sud, seul vrai démocrate dans ce pays de faux-culs. Un finira président par un coup d’état militaire admiré de tous, l’autre assassiné par un ultra nationaliste d’extrême droite, de Reims justement, et qui sera acquitté devant la cour d’assise de la Seine par un jury « populaire », par onze voix contre une, le 29 mars 1919. La veuve de Jaurès, partie civile, sera elle condamnée aux dépens. Justice à la franque qui te frappe quand tu es déjà à terre. Aujourd’hui, Talonnette 1er couche avec la Feldgrau Merkel, incapable qu’il est d’accoucher une politique pour la France. Petit machiste empêtré, il se la fait dicter sa politique par miss RDA plus machiste que lui. Et voici que la Germanie redevient un modèle pour tous les connards qui autrefois la haïssaient ou en plaisantaient. Les Français sont moins que des « veaux », comme disait celui qui les aimait tant, ils ne sont que des Francs qui, en période difficile, se tournent vers maman la « fran-conne », cette débordante pouffiasse mangeuse de saucisse et de chou qui depuis un siècle veut nous « franciser » et nous, à intervalle, voulons bien nous laisser franciser. L’inceste avec la mère -qui est dans ce cas aussi le mauvais grand-frère-, ça nous a toujours tentés, nous les cartésiens, les aventuriers de pacotille, nous les pervers...

Et ça va loin. Jean-Luc Mélenchon, pourtant né au Maroc*, donc sudiste de cœur, s’est joint au chœur des amants teutoniques en rappelant, avec un rien de condescendance à Montebourg qui avait tapé juste, que « l’amitié franco-allemande est un devoir pour la paix et la construction européenne ». Que l’amitié soit un devoir, ça c’est bien une idée allemande, de Kant précisément. Pour un Français, l’amitié est une libre inclination, c’est de Montaigne. Quant à la fameuse « construction européenne », au point où elle en est, on s’en passera volontiers. On voudrait ne plus être des Francs messieurs les politiques, mais des Français, on aimerait que le chant des peuples qui constituent notre vieille nation se fasse entendre harmonieusement du Béarn à la Provence, de Bretagne en Pays de Loire, de Lorraine en Bourgogne et en Massif central. Avec en plus, cette magnifique participation des Alsaciens toujours à la pointe de l’amour patriotique, à toujours choisir la France et pas la Franconie quand on les mets devant ce choix.

Quand on veut contraindre à habiter sous le même toit des gens qui ne demandent que des relations de bon voisinage, on crée des haines farouches. Non seulement « la construction européenne » n’est pas un facteur de paix, mais elle porte, dans son principe même, les germes de conflits en un temps où la solidarité entre les peuples serait nécessaire. A bas la Fraçallemagne de Merkosy et de Schröder, ce ploutocrate social-démocrate traitre à son peuple et voyou, à bas l’Europe libérale et rapace qui affame ses peuples et les pays africains. Osons le dire : l’Europe telle qu’elle est une idée de bourgeois qui ont voulu dès la fin de la deuxième guerre mondiale (et qui veulent toujours) se remplir les poches au nom d’une « amitié franco-allemande » illusoire. Voyez le Franconien Chirac (soi-disant Corrézien) qui nous a démontré à la Mairie de Paris et à la présidence de la République, qu’il fut non seulement prévaricateur sans scrupule mais aussi Mérovingien fainéant ouvrant des comptes bancaires au Japon. Voyez le Sarko augmentant son salaire dès son arrivée à l’Elysée, voyez le capitaine de pédalo Hollande, corrézien d’adoption, en train de suivre le même chemin en sanctifiant la dette, prêt à aller s’agenouiller à Canossa-Francfort et à faire payer le peuple… Celui qui allait ramasser le vase à Soissons, saurons nous jamais qui il était ?...

Sursum corda la France, ou t’es foutue ! Die Deutschen lieben dich nicht. Wie früher wollen sie nur, dass du eine Sklavin bleibst, eine kleine lächerliche Schwester des vierten Reiches*.


 
P.S.

* Traduction : Les Allemands ne t’aiment pas. Comme autrefois, ils veulent juste que tu restes une esclave, une petite soeur ridicule de IVe Reich.

 
 
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1 commentaire
  • Français, Francs et franconiens... 26 décembre 2011 08:35, par Serge Portejoie

    Une leçon d ’histoire.

    Dans cette période de fêtes, à déguster . . . sans modération.