A propos de la loi mémorielle du 22 décembre 2011

Dans un monde libre et fraternel, ce n’est ni à l’Élysée, ni à l’UMP, ni au parlement de dire ce qu’est l’Histoire et encore moins de l’écrire.

Sur proposition de l’UMP, du Nouveau Centre et de l’Élysée, la loi mémorielle qui vient d’être adoptée le 22 décembre 2011 ne vise pas uniquement le génocide arménien. Cette loi comporte deux articles essentiels :

- Un qui modifie la loi de 1881 sur la liberté de la presse en élargissant les peines prévues pour la négation des crimes contre l’humanité à ceux qui ont contesté l’existence d’un ou plusieurs crimes de génocide ;
- L’autre qui modifie la disposition de la loi sur la presse, autorisant les associations à se porter partie civile contre l’apologie de crimes de guerre contre l’humanité.

Au prétexte de transposer dans le droit français la décision cadre du Conseil de l’Europe, plus d’un an après l’expiration du délai de transposition, cette loi intervient au cœur d’une campagne électorale où la position du candidat de l’UMP est particulièrement difficile. De là à penser que, ce faisant, Monsieur Sarközy veut s’attirer les faveurs d’un certains nombre d’électeurs concernés par cette loi ou sensibles au principe des lois mémorielles, il n’y a qu’un pas qu’il est autorisé de franchir sans grande peur de se tromper.

Les raisons électoralistes qui ont conduit Monsieur Sarközy à faire adopter cette loi de circonstance, liée à une échéance électorale, sont loin d’être respectables et d’apaiser les tensions liées à tous les passés coloniaux ou esclavagistes, et à ceux de la France en particulier. On peut regretter que certains députés de gauche se soient compromis dans cette aventure électoraliste.

Ce n’est pas de cette façon que l’on assure le respect du passé de telle ou telle communauté, bien au contraire. Cette loi, ne doit pas nous faire oublier que les livres d’Histoire sont aujourd’hui sous la coupe des lobbies de l’armement qui détiennent les maisons d’édition et en définissent, trop souvent, le contenu. Ce n’est pas de cette manière que l’on ouvrira l’esprit de la jeunesse et qu’on la préparera à avoir un esprit critique sur son Histoire.

Si les peuples sans histoire sont condamnés à mourir de froid, ainsi que l’affirmait le poète, les peuples à qui l’on écrit l’Histoire sont condamnés à perdre leur identité et leur souveraineté.

Monsieur Sarközy qui s’arroge bien des pouvoirs n’a pas celui-là et j’invite toutes celles et ceux qui partagent ce point de vue à le lui faire savoir, y compris dans les urnes.

René Balme [1]
le 23 décembre 2011


Notes

[1] René Balme est candidat du Front de Gauche sur la 11 ème circonscription du Rhône.


 
 
 
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