Géant de Papier

Revenir à une tendresse presque enfantine, l’amour n’est que souffrance !
Immense lassitude face à cette montagne aux neiges éternelles, inaccessible. Elle a froid.
Soupir d’impuissance face à cette "chose" qui la broie toujours et ne l’épanouit pas.
Seule la tendresse la rend utile au monde, lui donne un sens.
L’amour ça prend, ça bat, ça brouille les idées.
La tendresse c’est patient, ça construit tranquillement.
L’amour ne comble que des manques, il renvoie à soi-même, c’est tout.
La tendresse porte, elle n’a pas peur de la vie quand celle-ci se fait garce.
La tendresse n’est qu’altruisme et douceur.

Elle découvre, effeuille tendrement l’âme de l’autre. Il faut la laisser faire car elle est sans limite, elle est intensité. D’aucun vous diront qu’elle n’est que sécurité. Les idiots ... s’ils savaient ! Oui, il y a aussi et toujours les adeptes de l’amour, de la passion, du rouge et des flammes. Oui … celui qui vous laisse assis là, hébété, frappé de plein fouet, brisé. Il y a encore les adeptes de l’amour qui transcende où même l’amour à la Kalil, celui entre raison, intelligence, don, bataille, enfin, le parfait quoi !

Comme il faut du temps pour la reconnaître, oser se l’approprier pour l’offrir. De celle qui emporte dans une volute légèrement opaque - pour protéger des regards trompeurs de l’amour - tel un air d’opéra. Souffle puissant, profond, vrai de la tendresse. Tellement peu savent, tant la dénigrent. Apprendre à l’approcher, la faire sienne, inépuisable et en comprendre les mystères.

La tendresse se fait légère, énigmatique. Telle une gamme, telle une main caressant un bras dans un geste de don entier, elle porte les sentiments avec la force d’un géant.

Tendresse du courage et de l’espoir.
Tel cet homme debout à côté du lit de sa femme mourante, chambre d’hôpital impersonnelle. Il lui caresse la joue, tendrement « mon bébé, ma petite femme », et ce regard …. Je sors de la pièce, c’est trop de don, je regarde dehors, pff… il pleut encore où quoi ? Toute cette tendresse qui subitement nous a transportée, c’était géant !

Tiens, tu vois, si tu me donnais la tienne, si tu cessais de me répéter "je t’aime", mais si tu me murmurait tendrement "c’est toi , toi ..." Si tu me reconnaissais enfin et passais ta main sur ma joue - frôlement, tendrement - tu laisserais alors le silence nous envelopper de cette volute filant dans les airs.

La tendresse comme reconnaître l’autre dans son essentiel, c’est bien autre chose que l’amour ça, non ? Indicible.

L’amour … On ne dit jamais "je t’aime" qu’à soi-même tu sais.

Référence à l’œuvre « Le prophète » de Kalil Gibran


 
 
 
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2 commentaires
  • Géant de Papier 15 janvier 2012 19:23, par cosette

    Bravo Libre Plume, vous êtes la poétesse du XXIe siècle ! En vous lisant on sent le Beau qui s’entiche du Bon. Platon et Baudelaire qui s’épousent.

    • Géant de Papier 19 janvier 2012 00:15, par Libre Plume

      @ Cosette
      Votre commentaire suinte du fiel de la bêtise et de la suffisance des crétins prétentieux.
      Si mes textes vous gênent, ne les lisez pas !

 
 
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