Libye, crime d’émiettement étatique du narcissisme occidental.

En politique, tout chambardement qui n’a point la pleine possession des voies et moyens clairs de la substitution d’un nouvel État au statu quo, est toujours en grave risque de chaos et de tragique existentiel collectif pour les peuples qui le subissent. La médication, en ces occurrences, est le plus souvent pire que la maladie réelle ou prétendue que l’on voudrait traiter… CLM

Les multiples révoltes anti-Cnt à Benghazi et ailleurs en Libye, viennent de dessiller les yeux aux plus crédules et puérils désinformés qui, une fois encore, nombreux et permissifs, avaient voulu croire à la légitimité libératrice de l’intervention criminelle de l’Onu-Otan. D’abord, disons que les méthodes ignobles d’exacerbation de la haine ethnique, d’utilisation de mercenaires armés puis de bombardement de civils au nom de pétrolières multinationales occidentales en arguant que la démocratie tient uniquement aux élections cycliques, ont été en soi de la propagande pour l’abêtissement de l’opinion publique. Quand on sait, entre autres intérêts obscurs, que le groupe Total a gagné la part du lion pour l’exploitation préférentielle des puits pétroliers libyens, on devine aisément que la démocratie dont il est question, n’est que prédation des vautours industriels occidentaux et résurgence des vieux démons de pulsions assassines de tout ce qui refuse de se soumettre à l’ordre colonial occidental.

La glorification par Sarkozy du prince saoudien, sultan Ben Abdel Aziz al-Saoud dauphin du roi, mort en octobre 2011 - glorification qui survint après les massacres de civils et l’assassinat de Kadhafi par l’Otan sous l’instigation du même Sarkozy au nom de la liberté – glorification donc de l’immonde système monarchique de droit divin d’Arabie saoudite, monarchie qui fait exécuter femmes et jeunes gens à la moindre incartade religieuse ou politique, prouve hors de tout doute, que l’occident, tout en faisant mine d’accuser ses détestés non soumis parmi les pays périphériques, pratique éhonté l’encouragement discriminatoire de vraies crapuleries despotiques et agressions économiques dont ses ploutocrates profitent autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières. Les roueries propagandistes, malgré leur multiplicité médiatique, leur sournoiserie idéologique rendant parfois imperceptibles leur invasion et leur maquillage, ne changent guère la nature des hommes et des choses ni ne transforment les prédateurs impérialistes en bienfaiteurs de l’humanité…

Égruger des États et en fonder d’autres, une prérogative raciste de l’occident.

Depuis au moins cinq cents ans, depuis Christophe Colomb, l’occident s’est évertué d’abord en ce qui allait être nommé ethnocentriquement l’Amérique, puis, partout, sur tous les continents où sa rage, sa frénésie prédatrice l’a conduit, à être exterminateur de chefs locaux, refondateurs d’espaces géographiques via une géostratégie uniquement vouée à ses intérêts. Faire du monde le marchepied des aristocraties européennes puis des bourgeois européens et nord-américains, aura polarisé l’essentiel de la politique extérieure multiséculaire occidentale.

En fait, toute l’histoire internationale de l’occident est une succession de créations ou de refontes hégémoniques d’États partout au monde, comme signature de ses conquêtes et invasions. Plus près de nous, c’est moins la création que le démantèlement bruyant d’États comme celui sonnant le glas de tout un bloc idéologique je cite la mise à mort de l’Union Soviétique, loin d’être étranger aux impérialistes occidentaux qui ont su utiliser ce nigaud manipulé que fut Gorbatchev, ce complexé d’infériorité face à l’occident, ce jouet malléable programmable des Reagan-Thatcher le manoeuvrant tant directement que par sa femme Raïssa, fortement embourgeoisée, pour le faire dénaturer les changements nécessaires à porter à l’État soviétique en crise.

L’Irak, l’Afghanistan sont quant eux, les victimes de la pulvérisation découlant de l’interventionnisme belliciste du monstre occidental orthopédique dont la démocratie sanguinaire pour redresser les tordus de la terre, ne se lasse onques d’hécatombes, ne se prive jamais d’infliger aux sales, aux anormaux, aux inférieurs, aux barbares, de lourds tributs en vies humaines pour la plus grande gloire des seigneurs du nord.

Pour revenir à la Libye, ce pays dont les programmes sociaux de l’ère Kadhafi, dépassaient de loin ceux des États-unis et de nombreux pays du nord, la haine et le mépris occidental des peuples de la périphérie ; le refus de voir vivre des non occidentaux loin de la misère et de la pauvreté planifiée par l’occident et ses complices bourgeois ou hommes de main sur place, commencent déjà à se faire sentir douloureusement pour la nation libyenne dans les horreurs qui se profilent. Encore une fois, l’obsession raciste et sociocentriste des oligarchies occidentales civilisatrices de sauvages qu’il faille réduire à la servitude et à la misère sinon les tuer pour les civiliser, vient sans doute d’enclencher sous les regards inconséquents et complaisants de la majorité, une autre catastrophe de la démocratie criminelle, exterminatrice des oligarques.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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