Profil des vrais Poètes !

Ceux qui voient la nue et contemplent l’orage par les tempêtes du cœur

Ceux qui mordent le temps et savourent l’éternité

Dans un calice de vin où dansent les anges

Ceux qui, furibonds dans l’ivresse des corps,

Éjaculent par mots, par cor et par cris les lumières de l’extase

Dithyrambe cantatoire et incantatoire de leur azur

Ceux qui délirent et dont le délire si beau fait des novae en explosion

Ceux qui respirent et dont le souffle est déploiement solaire contre l’obscurantisme des reîtres

Ceux qui disent et par le dire, nous mettent l’univers à portée d’âme

Ceux qui chantent et dont la voix, psalmodie transcendante,

Nous fait vivre nos divines origines

Ceux qui pleurent et dont les larmes sont suppliques d’Amour

Ceux qui vivent et dont le temps est affranchissement de l’ordre blême des hommes-fonctions

Ceux qui se moquent de la dictature de l’utile

Ceux qui ironisent sur l’utilitaire pragmatisme des États

Et qui crachent sur la tyrannie du rentable

Ceux qui dédaignent le proxénétisme-prostitution politique instigué par des structures liberticides de la création

Ceux qui se méfient des académies de claustration de l’art

Ceux qui refusent toute rection de l’artiste et du génie par des institutions aux prix idéologiques,

Ceux qui se rient de la reconnaissance biaisée officielle, instrumentalisante des oeuvres...

Ceux dont la liberté Proclamée-Vécue contre l’ombre routinière du monde, est clarté solitaire.

Ceux qui poétisent un grain de sable

Dans la clameur de l’instant

Et qui conspuent le pouvoir des führers

Pour humer la mer et la peau d’une femme

Ceux que l’on craint et que l’on aime tout à la fois, inspirateurs d’un déchirement intentionnel dont le commun ne peut se défaire

Ceux qui émerveillent et dérangent, font rêver et font fulminer…

Ceux qui disent « je t’aime » et « merde » avec une même passion et une colère égale, majestueuse souveraine.

Ceux qui sentent et dont le sentir si fort si contagieux

Fait pleurer ou copuler par l’intimité touchante des mots

Ceux qui refusent l’ordinaire, réfutent la mollesse intronisée de la civilisation des hologrammes errants, proliférants

Ceux qui vivent de principes de valeur mais jamais de lois

Ceux qui décodifient les certitudes des valets et des rois

Et piétinent les défroques tautologiques des idéologues officiels et des monstres déifiés

Ceux qui orchestrent les codes de l’amour à leurs jets de salive et d’encre

En la pureté de leur volition d’aigle et d’éther

Ceux qui, passionnés, osent héler leur intériorité

Lorsque tous se répriment et se refoulent

Ceux qui ne transigent jamais leur norme propre pour la masse des normaux de la mêlée

Ceux qui sont le sel d’une terre affadie et sans autre Phusis que l’oseille qui dénature

Ceux qui sont la magnificence incarnée de la transcendance

Ceux qui, paresseux, inutiles, sont pourtant signes de la grandeur humaine sur les servitudes animales de la simple bête anthropomorphe

Ceux qu’on cite par affection ou pointe par exécration

Ceux que l’on nomme par contemplation pure ou par amour-haine pitoyable

Mais qui ne laissent indifférents ni saints ni damnés

Ceux, enfants terribles ni loups ni agneaux,

Ni prédateurs ni proies,

Conscience incarnée des puissants et des faibles, qui déjouent les tenderies des braconniers du sens

Ceux qui parlent, écrivent ardents et chauds comme un orgasme

Et dont le verbe et les gémissements jouissifs, sont prières infinies à Dieu pour la Beauté

Ceux au titre chargé d’émotions, que vous et moi connaissons tous, reconnaissons en nous

Et contemplons à l’orée des miroirs verbaux, aux sommets des splendeurs :

Les Poètes.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

intellection.over-blog.com


 
 
 
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