La loi du 3 Janvier 1973, qui ruina la France.

La France souffre d’une dette d’État insupportable de 1 800 milliards d’Euros qui s’est accumulée au fil des ans, le tiers étant imputable au candidat Sarkozy pendant son quinquennat. Le poids de cette dette absorbe chaque année une bonne partie des recettes et a entraîné le sacrifice de nos retraites, les hausses d’impôts et les réductions des aides aux plus pauvres, ainsi qu’une longue liste de calamités en tous genres. Il existe pourtant un moyen de résorber cette dette sans que les Français soient mis à contribution, une solution sans douleur. C’est l’objet de ces quelques lignes, qui devraient ouvrir les yeux de ceux qui se sont résignés à consentir des sacrifices pour rembourser la dette nationale, sans savoir qu’il y a un autre moyen. Explications.

Dans n’importe quel pays au monde, les États se financent auprès de leur banque centrale, à des taux préférentiels très bas (en ce moment 1% et moins). Mais en Europe, à cause des traités de constitution, les états-membres ont l’obligation de passer par des intermédiaires, les banques privées, qui prélèvent au passage un profit de 2 à 6% supplémentaires, qui saignent nos budgets. Et le montant de ces 2 à 6%, voire plus, est déterminé par la note des agences de notation. Un triple A, c’est un surcoût de 2% par exemple, mais gare si le triple A est perdu. Comment en est-on arrivés à cela ?

Giscard d’Estaing et Olivier Wormser, patron à l’époque de la Banque de France et aujourd’hui décédé, furent en 1973 à l’origine de la loi 73-7 du 3 Janvier 1973. L’État français doit depuis cette date emprunter aux banques privées et n’a plus le droit d’emprunter à la banque centrale. Cadeau royal ! Au lieu de payer des intérêts de 1% à la banque centrale, la France empruntera désormais à 3% et plus aux banques privées. Prétexte mis en avant : Ce surcoût serait dissuasif, inciterait les États à gérer prudemment, et éviterait la tendance à faire marcher la planche à billets d’une banque centrale ce qui augmenterait l’inflation. L’obligation d’emprunter aux banques privées donne un pouvoir considérable aux agences de notation. Une menace de retirer le triple A et le gouvernement prend ce prétexte pour exiger des Français des efforts supplémentaires, une sorte de chantage bien pratique, vicieux et impitoyable. Si les financements se faisaient auprès de la banque centrale, les agences de notation pourraient aller se rhabiller et leurs décisions ne paraîtraient même pas à la rubrique des chiens écrasés.

Dans le cas de l’Europe, les agences de notation, toutes américaines, font le jeu des États-Unis pour affaiblir l’Euro. Le dollar est en train de perdre sa suprématie, née à Bretton Woods pendant la deuxième guerre mondiale. Les USA avaient réussi au cours des années 1970 à ruiner l’économie du Japon en important massivement des dollars au Japon, cette attaque relevant à 3 reprises le cours du Yen qui menaçait le dollar. Résultat : Les exportations de produits japonais sont considérablement réduites du fait du Yen fort. Depuis cette date, le Japon n’arrive pas à relever son économie, en déflation. L’Europe menace le dollar. C’est donc le jeu des USA d’affaiblir l’Euro et de le faire disparaître et les agences de notation sont un allié puissant.

Le système de la loi du 3 Janvier 1973 est reconduit à la création de l’Euro, les Allemands refusant l’idée que les Européens puissent emprunter à la banque centrale. En effet les Allemands sont profondément marqués par l’hyper inflation de la République de Weimar du début des années 1920 qui avait conduit à la guerre et à l’antisémitisme, les Juifs étant alors accusés de l’inflation et les billets de banque appelés « confettis juifs ». Les Allemands sont donc convaincus que forcer les États européens à se financer auprès de banques privées avec un surcoût les dissuadent de dépenser à mauvais escient. Eux s’en fichent car ils gèrent bien leurs dettes, aidés par leurs exportations, vers l’Europe pour une bonne part.

Plus récemment, la crise de 2011 aurait pu être résolue par un passage au financement de la banque centrale, mais Merkel a imposé son point de vue à Sarkozy, un peu trop facilement d’ailleurs, alors que tous les États européens voulaient la solution de la banque centrale européenne. Hollande a très brièvement prétendu que la Finance était l’ennemie de la France mais a rétropédalé à vitesse grand V lors de sa visite en Angleterre. Cela semble être un comportement type de ce Monsieur. Un autre indécis, Louis XVI, avait fait capoter la royauté et avait perdu sa tête en étant en permanence indécis. Ce trait de caractère, qu’on fait plus que deviner chez Monsieur Hollande, devrait le disqualifier. Cela en fera un très mauvais Président s’il était élu.

Dupont Aignan, Chevènement, Buffet, Mélanchon et Marine LePen ont dénoncé le scandale de la loi de 1973. Sur 1 800 milliards d’Euros de dette française, 1 300 milliards sont dûs à cette loi de 1973. En restant dans ce système, la France va continuer à plier sous le poids de cette dette. Alors, peur de l’inflation ou collusion des politiques avec la haute finance ?

Les politiciens se disputent sur quelques centaines de millions d’Euros gagnés par diverses mesures qu’ils proposent alors qu’on pourrait gagner 3% chaque année sur une dette de 1 800 milliards soit 54 milliards d’Euros. Cette manne pourrait à la fois aider grandement au désendettement et atténuer les méfaits de la crise. Qu’est-ce qu’on attend, autre que la coupure du lien de soumission des politiciens aux maîtres du monde ?

C’est vrai qu’on pourrait comprendre la peur des politiciens. En 1963, quand Kennedy signe l’executive order 11100 abolissant la Réserve Fédérale, il signe son arrêt de mort car il sera assassiné quelques semaines plus tard. Il ne fait pas bon d’attaquer les intérêts de la haute finance. En fait, ceux qui prétendent changer le principe de la loi de 1973 le font car ils ne sont pas élus. Hollande, qui croit en ses chances, est plus mou sur le sujet.

La haute finance a déjà bien verrouillé l’Europe au cours des dernières semaines. Mariano Rajoy, Président espagnol, est un ancien de la banque qui a crashé la première en 2008, Lehman Brothers, Mario Draghi est l’ancien président de la banque Goldman Sachs en Europe, Mario Monti ancien directeur de la même banque et Papandémos aussi. Tous ces nouveaux dirigeants à des postes clés en Europe sont aussi membres du Bilderberg ou de la Trilatérale.

À moins d’avoir du caca dans les yeux, des oeillères et un nombre limité de neurones, on se rend compte que l’Europe est aux mains de la haute finance. C’est d’ailleurs une explication du fait qu’elle n’a pas explosé. La haute finance a réussi à se créer un deuxième fief, après les États-Unis avec la Réserve Fédérale américaine. Ce n’est pas pour la faire disparaître, en perdant tout le bénéfice à venir. Car la saignée, qui a commencé, est à venir. Les européens vont le payer lors des prochaines décennies. Les banques au pouvoir en Europe ne peuvent se permettre que des pays fassent défaut en créant un évènement de crédit car ces mêmes banques ont vendu des CDS sans collatéral. En gros, si des pays européens font défaut, les 5 grandes banques mondiales (américaines et membres de la FED) sont ruinées car elles paieront plus de 26,000 milliards d’Euros de CDS en assurances et pénalités. C’est bien pour ça aussi qu’elles ont fait nommer leurs hauts dirigeants aux postes clés politiques en Europe. Vu de ce point de vue, la crise est différente, hein ! Mais c’est justement pour sauver la mise à ces banques qu’on nous met dans la mouise.

Alors, vous comprenez, choisir entre Sarko ou Hollande, c’est vraiment sans intérêt car les enjeux ne sont pas là, la solution non plus d’ailleurs. Nos parents et grands parents avaient eu la joie et la satisfaction des avancées sociales nées du Front Populaire, des syndicats et de l’organisation des travailleurs. Nous, on aura vu les délocalisations et la perte progressive mais irrémédiable de ces droits acquis. Nous nous dirigeons vers un appauvrissement généralisé des travailleurs, sous l’oeil désintéressé de ces mêmes travailleurs résignés, leurrés par la fameuse perte du triple A dont on n’a que faire et abrutis par un audio visuel lénifiant.

Rien ne semble pouvoir arrêter cette tendance qui s’accélère au fil du temps. Seule une prise de conscience, illusoire, et l’émergence d’une nouvelle classe politique lucide, courageuse et pro-active pourrait renverser les choses. À défaut, la caste des nobles servie par des serfs serviles et pauvres au Moyen-âge et jusqu’à la révolution redeviendra réalité, la caste de la haute finance au XXIème siècle étant désormais servie par des travailleurs réduits à la portion congrue. Une minorité, par le passé, avait su accaparer les richesses par la force. Aujourd’hui, par le biais de la finance, une autre minorité a réalisé ce tour de passe-passe. Comment les gens peuvent-ils accepter sans broncher que les banques, qui nous ont ruiné depuis quarante ans et surtout depuis 2008, puissent consolider leur position enviable de maîtres du monde ?

Face à ces enjeux majeurs qui devraient être la seule préoccupation de nos dirigeants, une classe politique médiocre tente de récolter nos voix et rêve d’accéder à la fonction suprême. Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon Sarkozy serait pulvérisé. Il faut un culot d’acier pour se présenter comme "le candidat du peuple". Sarkozy, candidat du peuple ? Ce peuple, il a tout fait pendant son quinquennat pour l’ignorer et attaquer ses intérêts, au profit des plus riches. Menteur et mystificateur, sa place est aux oubliettes de l’histoire. Je trouve profondément ignobles et ironiques les arguments du candidat Sarkozy. En gros, c’est "il faut travailler plus pour gagner plus car la crise est là et moi, Sarkozy, j’ai sauvé les Français en sauvant les banques, toutes les banques du monde ont failli disparaître et en les sauvant j’ai sauvé vos emplois". La vérité c’est que Sarkozy a continué à brader la France au profit des banques. Un type qui emploie ces arguments est inconscient et se moque du monde. Quelle morgue, quel mépris, quel cynisme !

Je trouve désespérant que s’il est réélu ou si Hollande est élu, on ne touchera pas au principe de financement privé et il faudra effectivement travailler plus pour gagner plus, pour ceux qui sont encore en activité. Quant à ceux qui sont à la retraite, aux sans-emploi et aux plus démunis, ils devront bien viser le trou du prochain cran à se serrer dans leur ceinture, car c’est là que la boucle ira.

Quiconque gagnera les élections fera le jeu de la haute finance et ceux d’entre-nous qui sont lucides (quelques pour cents) le savent bien. Toute cette agitation, ces articles et reportages dans les journaux, les sondages et les meetings électoraux ainsi que les élections sont de la poudre aux yeux. Les politiciens de tous bords sont des guignols qu’on agite pour laisser dans l’ombre les vrais maîtres du jeu mondial.

Il est dommage que ces élections n’aient pas permis à un candidat de valeur d’apporter une lueur d’espoir, et on peut penser à l’ancien patron du FMI. Strauss-Kahn a t’il été ou non la victime d’une machination ? Peut-être que oui, peut-être que non. C’est oui si son élection aurait nui à la haute finance . Depuis peu ses positions au sein du FMI gênaient les intérêts américains. Mais c’en est fini pour le pauvre Dominique, brillant politicien et gestionnaire, d’une intelligence hors-normes, malheureusement mis hors d’état par un seul coup (un coup de quoi, je vous laisse deviner). Un seul coup qui n’a peut-être d’ailleurs jamais eu lieu. Parmi la médiocre bande aspirant au poste de Président de la République Française, à de rares exceptions que vous connaissez, qui choisir ? Peu ont le pedigree ou la compétence de Dominique Strauss-Kahn, et aucun des deux candidats qui bénéficient des meilleurs sondages ne sont dans ce cas. La France vient de laisser passer sa chance historique en disqualifiant un candidat de valeur. Tiens, juste pour rire, mettez la majorité de ces candidats pendant une heure dans un débat télévisé avec Strauss-Kahn et l’évidence vous sautera aux yeux. Il y a d’autres candidats de valeur dans le lot, mais ont-ils réellement leurs chances alors que Strauss-Kahn, du grand et puissant parti de Gauche, était un candidat redoutable contre la Droite. Ceux qui ont un brin de cervelle s’étonneront de l’incroyable acharnement contre Strauss-Kahn. À raison. Pour ses adversaires il est un concurrent redoutable qu’il faut éliminer pour toujours. Mais en politique il n’y a pas de toujours, et c’est à souhaiter que Strauss-Kahn revienne un jour d’entre les morts (morts politiques, s’entend) pour mettre une raclée mémorable à ceux qui ont profité de sa mise à l’écart du jeu politique. Mise à l’écart à un moment stratégique, on notera la coïncidence.

Il y a quand même des candidats d’envergure, le Front de Gauche et Mélenchon notamment, lui qui ne pratique pas la langue de bois, qui dénonce la haute finance et prône le financement par les banques centrales. Rien que cela suffirait à justifier son élection, sans compter qu’il a aussi beaucoup d’autres idées de valeur. Sera-t’il au finish de 2012 ou plutôt au rendez-vous de 2017 ? L’idée que ça va encore se jouer entre les deux grands partis, PS et UMP, est dérangeante pour la démocratie. Il faut introduire la proportionnelle et raviver le débat démocratique, éteint par le quasi bi-partisme.

Résoudre le problème du financement de la dette française est simple, on l’a vu. Que celui qui est élu fasse un référendum auprès des Français, après les avoir informé. Si on passe autant de temps et qu’on fasse autant de battage qu’on a fait auprès de la perte du triple A on aura un grand OUI FINANÇONS NOTRE DETTE AUPRÈS DE LA BANQUE CENTRALE ET SAUVONS AINSI PLUS DE 50 MILLIARDS D’EUROS CHAQUE ANNÉE. Un bon gouvernement saura quoi faire de cet argent, à commencer par sauver des emplois menacés, reconstruire un tissu économique et industriel en France générateur d’emplois, embaucher des jeunes, arrêter de flinguer nos retraites, donner des moyens à l’Éducation Nationale, aider les plus pauvres, aider à l’exportation, etc... Imaginez ce qu’on peut faire avec plus de 50 milliards d’Euros par an pour l’emploi des Français. Avec l’emploi, la croissance et le bien-être des Français sont garantis.

Nos quatre derniers Présidents de la République ont oeuvré contre la France et les Français, et ils méritent tous un grand coup de pied au cul de l’Histoire : Mitterrand a fortement endetté la France, Chirac aussi, et Sarkozy l’a fait sur une encore plus grande échelle. Giscard d’Estaing fut un piètre artisan de l’Europe et il joua un rôle central dans la loi de 1973 qui a ruiné la France. À ces deux titres il ne mérite que du mépris de la part des Français. On pardonne trop à ceux qui nous ont nui le plus. On va condamner à la prison une mère de famille pauvre qui pique au supermarché et un ancien Président de la République qui dépouille la France va garder sa légion d’honneur, jouir du respect des citoyens et toucher une pension confortable. Le monde est mal fait ma pauv’ dame.

Algarath


 
 
 
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3 commentaires
  • Je n’ai pas plus d’espoir que vous encore moins en Lepen fille qu’en tous les autres politiciens que vous citez dans cet excellent article quant à l’historique, l’analyse et la solution technique.

    Mais serait-ce par esprit partisan, par tricherie inconsciente que vous la mettez dernière après Dupont Aignan, Chevènement, Buffet, Mélanchon.
    Quand on veut éviter cette remarque, on utilise l’ordre alphabétique.
    De plus, vous oubliez même de la citer, quand après avoir fait l’éloge justifiée des compétences de Strauss-Kahn (à ma connaissance, Strauss-Kahn, était pourtant aux antipodes de votre solution), vous présentez comme candidats d’envergure, le Front de Gauche et Mélenchon.
    Quelle envergure ? Quelle compétence si ce n’est celle de hâbleur agressif comme son opposée ?

    Pourtant chronologiquement historiquement Lepen père, fut le premier de ceux que vous nommez, à émettre la même analyse, la même solution que vous préconisez.
    Si demain ce grossier personnage ou sa progéniteur déclare que l’eau est inodore, tous lui découvrirons une odeur.

    Alors j’inscrirai sur mon bulletin de vote au 1er comme au 2ème tour, Antoine Pinet pour faire rire ou rêver un scrutateur cultivé. Je sais, il ira à la poubelle ... comme tous ces bonnes idées que vous avez développées.

    • La loi du 3 Janvier 1973, qui ruina la France. 24 février 2012 16:22, par Algarath

      Merci. J’ai du mal avec Marine LePen, à cause de ses positions économiques qui sont franchement irréalistes. Elle a le mérite de dénoncer beaucoup d’abus et d’erreurs mais elle ne tient pas du tout la route sur les solutions économiques.
      Comme vous je déplore cette mauvaise foi la concernant.

    • La loi du 3 Janvier 1973, qui ruina la France. 24 février 2012 16:28, par Algarath

      Oui Antoine Pinay fut un très grand homme d’État, un sage. Refusant Vichy, sauvant quantité de Juifs, et gérant les finances de la France de la meilleure manière qui soit. Quand on compare le calibre d’Antoine Pinay avec les guignols actuels, on ne peut que s’alarmer.

 
 
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