Étudiants incarcérés à Taza et à Fez en grève de la faim : Ezedine Eroussi en danger de mort.

Ezedine EROUSSI, détenu politique marocain est en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011. Très affaibli, il a même arrêté de boire de l’eau pendant quelques jours à partir du 26 janvier, ce qui, s’il continuait, pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Nous souhaitons tous qu’il ne vienne pas allonger la liste déjà longue des victimes de la politique de la monarchie depuis bien avant le 20 février…Mais qu’il retrouve au plus vite la liberté et la pleine santé pour continuer ses luttes.

Arrêté le 1/12/2011 pour son appartenance à la mouvance des Basistes de l’UNEM, (Union Nationale des Étudiants Marocains) centrale syndicale arbitrairement interdite, Ezedine a d’abord été condamné à 3 mois avec une amende de 500 dh, puis en appel à 5 mois de prison. Du cœur de la prison de TAZA, il lutte pour améliorer ses conditions de vie dans la prison, pour sa liberté et celle de tous les prisonniers politiques du Maroc. Il demande aux autorités de l’université de Taza de satisfaire les revendications de ses étudiants.

A 120km de Taza, quatre étudiants de l’université de Fez sont détenus à la prison d’Aïn Kadouss. Ils sont en grève de la faim depuis le 23 janvier pour obtenir une amélioration de leurs conditions de vie dans la prison, avoir accès aux journaux, aux livres, et aux programmes scolaires, et contre le harcèlement des gardiens, pour le droit de visite sans conditions, etc. Ils se solidarisent avec Ezedine, ils sont presque dans la même situation que lui. Comme lui, ils réclament le statut de prisonnier politique.

Les cinq grévistes sont : Ezedine Eroussi, Ibrahim Saidi, Mohamed Ghaloud, Mohamed Fettal, Mohamed Ezaghdidi

Mohamed Ghaloud a été gravement violé par la police au cours de son interrogatoire musclé : méthode de la bouteille entre les fesses. Il saignait le jour de son audience devant le juge et sous le regard de sa famille présente.

L’état de santé d’Ezedine est des plus préoccupantes, ses conditions de vie à la prison de Taza sont inhumaines et inacceptables. Il est enfermé dans une petite cellule avec des dizaines de prisonniers de droit commun dont la majorité relève de la psychiatrie. Il est victime de tortures physiques, coups et blessures, et de tortures morales. Des aveux lui ont été arrachés sous la torture. Il a même eu des menaces de mort.

Les parents d’Ezedine à qui les visites à leur fils sont interdites, ont subi des harcèlements par téléphone et par lettres anonymes. Ils lancent un appel de détresse et sollicitent soutien et solidarité avec leur fils emprisonné pour ses activités syndicales et politiques. Sa vie est en danger.

Un appel est lancé à tous ses amis(e) et ses camarades afin qu’ils manifestent leur soutien et leur solidarité à Ezedine emprisonné pour son engagement auprès des étudiants au sein de l’UNEM qui est en train de mourir à petit feu dans la prison de Taza.

Des journaux, des partis politiques et des parlementaires ont été mis au courant de l’état extrêmement faible d’Ezedine, de ce drame imminent qu’il faut à tout prix éviter en dénonçant cette situation inacceptable et en faisant pression sur le pouvoir marocain afin que cessent enfin ces arrestations arbitraires basées sur des aveux extorqués sous la torture. Des lettres ont été envoyées par l’AMDH (association marocaine de droit de l’homme). La famille d’Ezedine a également adressé un appel à toutes les forces progressistes, aux défenseurs des droits de l’homme pour sauver la vie de leur fils et e le protéger contre la torture et la violence qu’il subit.

Aux dernières nouvelles reçues par le président de l’AMDH locale de Taza, l’état de santé d’Ezedine est très grave. Et que dire de cette « générosité » de l’administration pénitentiaire qui offre des comprimés aux prisonniers de droit commun enfermés avec lui pour les exciter afin qu’ils l’agressent sexuellement et le violent. L’ignoble est atteint !

Les nouvelles de Taza sont préoccupantes, les arrestations continuent, des violations extrêmes des droits élémentaires de l’homme sont commises par les administrations civiles et militaires du régime royal.

Le comité de soutien des étudiants à Fez et à Taza.

http://blogs.mediapart.fr/blog/netmamou/080212/urgent-liberte-pour-ezedine-eroussi-en-danger-de-mort

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