An Unspeakable Act

Sur les sites de plusieurs journaux britanniques, a été publié un article sur un jugement rendu dans une affaire de viol. Et après les avoir lus, et relus, j’espère encore avoir mal compris... Deux jeunes hommes de 21 ans ont violé une fillette de 11 ans et ce viol a été filmé. Ils ont tous deux admis ce viol. Cependant le magistrat a prononcé une sentence légère en raison de facteurs exceptionnels. En effet, ils ont prétendu qu’elle semblait avoir au moins 14 ans, ce que le juge a admis, et de plus il a indiqué que malgré son âge il est admis qu’elle était consentante : "Despite her age it is accepted she was a willing participant […]" Certes la durée d’une peine n’est en rien un gage d’efficacité, mais ce n’est visiblement pas cette réflexion qui a inspiré le magistrat. Cette condamnation est, de plus, assortie d’une inscription à vie sur un registre des délinquants sexuels, type de fichage dont on a déjà pu apprécier maintes fois les dérives sécuritaires : divulgation des données y compris sur internet, extension du fichage aux pseudo-délinquants, inscription pour l’éternité... Cette question du sens de la peine pénale, du but recherché, devrait faire l’objet d’un véritable débat loin du populisme pénal ambiant. La peine pénale n’est pas et ne doit pas être une vengeance. Et dans le cas des délinquants sexuels, le suivi aurait sans aucun doute plus de sens que le fichage. Mais faudrait-il en avoir la volonté politique et y consacrer les moyens nécessaires.

Au-delà de la question de la durée de la peine, la minoration de l’horreur de l’acte laisse perplexe. Comment un magistrat peut-il adresser un tel message ? Comment un magistrat peut-il penser qu’une victime puisse espérer se reconstruire alors que la gravité de son agression est niée ?

Le 23 février 2012

Jean-Michel Arberet Conseiller municipal d’Arcueil Partenaire du groupe communiste jm-arberet.over-blog.com


 
 
 
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