Peuples d’entre les peuples

A l’heure où Vladimir Poutine, premier ministre en 1999, président de 2000 à 2008, premier ministre de 2008 à 2012, est à nouveau président de la Fédération de Russie jusqu’en 2018 (et pourra briguer un second mandat de 2018 à 2024)… élu avec 63,9 % des voix…

Qui nous contera l’histoire de tous ces peuples empêchés qui ne parviennent pas à se faire respecter et à susciter auprès de ceux qui sont censés les servir, le désir de les élever à l’infinité de tous les possibles ; êtres humains debout sur leurs jambes, dans toute leur plénitude, chacun selon ses ambitions, ses aspirations et ses capacités.

Maltraités, difficile pourtant d’obtenir de ces peuples une condamnation sans appel de ceux qui portent la responsabilité d’un tel manquement ; ils y reviennent toujours vers cette figure tutélaire qu’est l’Etat ; ils s’y accrochent, y reviennent encore à la recherche d’un geste, d’un signe, un espoir, peut-être bien aussi d’une parole qui exprimerait quelque remords sincère, un peu comme ces enfants mis au monde et abandonnés à leur sort, très vite et très tôt livrés à la violence. Même si l’exil est toujours possible, qu’il soit ici permis de rappeler que derrière chaque adoption il y a un abandon, car, on n’a qu’un pays, celui qui aurait dû être le sien, tout comme un enfant n’aura jamais qu’un père et qu’une mère, celui et celle qui auraient dû être ses parents.

Il leur faut espérer, ils ne peuvent alors compter tous ces peuples que sur un sursaut de conscience, un vrai miracle dans certain cas, de ceux qui ont la tâche de les protéger et de créer la possibilité d’un environnement et d’un climat propices à l’épanouissement de plus grand nombre, tout en sachant que ceux-là ne feront pas le bonheur de leur Peuple malgré eux ! Quant à y contribuer malgré lui…

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise contre un mur d’indifférence ou de flatterie condescendante et crasse...

Privés d’attention, plantés, là, derrière les barreaux d’une vaste prison avec en poche l’espoir illusionné d’un avenir qui semble continuellement leur faire face, mais… de dos, quand ils trouvent encore la force de se retourner, pour mieux le voir disparaître... ils ne se développent plus. Ils ne se reproduisent plus. Ils dépérissent tous ces peuples. Et parfois même à leur insu… tellement on ne leur a jamais autorisé à espérer quoi que ce soit d’autre pour eux-mêmes : un meilleur sort.

Nul doute ! Le Peuple russe (ceux du Maghreb et d’Afrique aussi), appartient bien à ces peuples délaissés, et ce sous tous les régimes – régimes tsariste et communiste qui les considéraient déjà comme des oies, en rangs d’oignons -, et aujourd’hui avec Poutine dont le régime n’a rien à leur envier : une dose de stalinisme, une bonne pincée de tsarisme, et une grande louche d’affairisme : racket et corruption - après tout, on est de son époque ou on ne l’est pas !

S’il n’y a pas de peuples maudits - car enfin, qui pourrait se risquer à affirmer le contraire et à rendre un tel verdict ! -, il y a bien des peuples marqués comme on marque du bétail ou bien encore, des Peuples marqués par une histoire traumatique, contemporaine ou non ; marqués encore ces Peuples par un désintérêt quasi total de leurs classes dirigeantes.

Mais alors, quelles fautes ont-ils bien pu commettre pour mériter un sort aussi cruel et injuste : dénuement, abandon et mépris ?

Pour les Russes, un Tolstoï, un Lénine et l’Armée Rouge n’y auront rien changé, contrairement à ce qui a pu être affirmé à une époque. Pour l’Afrique et le Maghreb, un FLN mythifié et oppresseur, un Frantz Fanon, un Césaire et un Senghor superbement ignorés … pas davantage.

Et pourtant, ici, d’aucuns évoquent des catégories bien calibrées de nos démocraties qui nous empêcheraient de prendre du recul et de relativiser l’humiliation de ces Peuples.

Faut croire que tous les damnés de la terre ne se ressemblent pas. Et puis, ne trouve-t-on pas toujours plus damné que soi ? Et qui peut bien avoir envie d’être le dernier d’entre eux ?

S’il ne faut jamais cracher dans la soupe, et plus encore, s’il ne faut jamais cracher contre le vent, force est de reconnaître que ces "catégories" qui nous rendraient aveugles, ont la fâcheuse habitude de porter les noms d’assassinat et de corruption ; une corruption érigée en un véritable système de gestion économique et politique ; système mafieux : terreur, dépendance et soumission totales, ou bien alors… se faire petit, se faire oublier, disparaître au plus vite.

D’autres mentionnent le caractère imparfait de nos démocraties, ses lacunes, des Etats qui nous mentent, les chiffres du chômage trafiqués, des salaires indécents et des libertés bafouées…

A la fin des fins, en désespoir de cause... sans doute est-ce là tout le malheur que l’on souhaitera aux Peuples russes, africains et maghrébins en attendant... tenez ! Le Grand Soir qui devra, dès l’aube, nous récompenser tous autant que nous sommes de notre patience... même combattive.


 
 
 
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