Vie Humaine et Traitement Animal : Le juste Milieu...

Si l’individu, quel qu’il soit, est le représentant phylétique, c’est-à-dire, cet organisme vivant, indivisible et unique manifestant les caractéristiques de l’ensemble de l’espèce concernée, le fœtus humain est un véritable être humain, même s’il est loin du statut d’Homme ou de Personne.

Il y a un abîme entre maltraitance et utilisation judicieuse des animaux. Il faut impérieusement minimiser la souffrance des bêtes. Toutefois, il faut avoir à l’esprit que d’une manière ou d’une autre nous ne pouvons vivre sans utiliser les autres espèces vivantes animales ou végétales. La sensibilité (sensiblerie) de Peter Singer dans sa "Libération Animale", malgré l’idée centrale louable, par son développement théorique (un peu anthropomorphique) sur le respect des animaux, pour pourfendre nos préjugés phylétiques qu’il nomme spécisme, est de pertinence très ténue car il intronise un déclassement artificiel des espèces, une déclassification de la valeur des espèces. Au-delà de toute bioéthique, jamais le culicidé, la puce voire le chiroptère hématophage ne vaudront dans l’interaction avec l’humain ou dans leur apport à la nature ni une abeille ni un cheval ni un chien ni une poule ni même un papillon. Ce qu’il faut condamner, ce sont les plaisirs sadiques comme la chasse, l’extermination d’espèces vivant dans leur milieu naturel, les combats organisés d’animaux ou les sports dangereux-douloureux auxquels on les emploie pour le spectacle, les manières cruelles d’abattre les animaux ou de les domestiquer pour notre compagnie en faisant fi de leurs libertés et autres besoins naturels et spécifiques (d’espèces)... Hors de cela, les propos d’humanisation des bêtes sont inapplicables et le spécisme, une excentricité théorique sans assez de nuances pour être sérieuse. Manger mon plat de poisson ou de dinde, en effet, serait un crime spéciste au prisme singerien !

Mélanger Humains et Bêtes en évoquant les crimes nazis comme Singer le fignole, voilà une bien loufoque manière de défendre les animaux. Je n’ai pas le droit d’être anthropophage mais j’ai bel et bien la prérogative de manger de la viande ! Et puis, qui me dira que la blatte ou l’anophèle qui envahissent des habitats humains ne doivent pas être exterminés ! Et l’enfant qui a des vers, doit-il rester sans vermifuge pour ne pas tuer le ver ? Il y a animaux et animaux et ils ne sont pas égaux. Certains sont terriblement dangereux ou nuisibles. Il faut ici remarquer, qu’à ne plus savoir vivre entre eux ni respecter la vie humaine, dans un système où les intérêts particuliers priment les droits de l’Homme au bien-être, certains se perdent en vaines conjectures au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes de l’humanité. Comme ces gens qui défendent tout avortement (je ne parle pas des cas thérapeutiques) comme droit sacré des femmes mais qui s’offusquent de me voir tuer une mouche qui vole et pénètre dans mon bureau ! Du Respect de la Vie ou singerie collective des monstres de la pseudohumanité sociale, pour se laisser croire moraux ?

Moralisme putatif

Quand on sait que le même P. Singer, après avoir supputé la parité des souffrances humaines et animales "hommes ou animaux, même souffrance" - pour avoir bonne presse et être bien vu de la majorité - consacre par l’argutie de la non souffrance du fœtus (absence de souffrance que l’on ne peut prouver hors de tout doute car ce n’est qu’une supposition du stade actuel de la science), l’avortement non thérapeutique dit interruption volontaire de grossesse traduit par le gracieux mais combien sinistre concept acronymique "ivg" (que d’ailleurs parfois, choisit le procréateur l’imposant à la procréatrice), voilà ce qui ouvre une porte diabolique aux assassinats de n’importe qui, pourvu qu’on lui évite la souffrance. Déjà, même pour les animaux, cela pourrait inciter des braconniers à inventer des techniques de tuerie instantanée qui leur permettent d’exterminer autant d’animaux voulus sans acquis de conscience, arguant que leurs gibiers ne souffrent point. Et entre humains, où le taux de pervers criminels est exponentiel, un conjoint ou une conjointe pourrait occire son ou sa partenaire en lui faisant absorber un gaz empoisonné ou autre poison violent indolore en plein sommeil. N’importe qui peut faire ingurgiter n’importe quel produit mortel qui ne provoque de la douleur mais cause un arrêt cardiaque et une mort instantanée. La nocuité de cet utilitarisme qu’est la (non souffrance) dans le choix de tuer un être (le fœtus) qui, de toute façon, relève du point vue strictement phylétique, à l’humanité et constitue une vie humaine en devenir, est effroyable. De l’aberration flagorneuse pour flatter une société carnassière, moralisme putatif parce que opportuniste, tel est le singerisme ! Comme je l’ai écrit ailleurs, une théorie du plaisir, dont l’utilitarisme, auquel appartient entre autres, P. Singer, qui vise presque uniquement à la minimisation de la douleur pour plus de plaisir ou de commodité comme précepte sans soutenir le caractère sacré de la vie humaine, quelque louable soit-elle, ne peut être qu’une doctrine ontohumaine très limitée voire lacunaire.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
Forum lié à cet article

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes