Mélenchon, l’espoir.

L’homme est impressionnant. Les idées sortent, logiques et solides, les unes après les autres en s’emboîtant parfaitement dans un plan d’envergure réfléchi, un vrai programme puissant et novateur. L’énergie est extraordinaire. Il entraîne l’adhésion. Jean-Luc Mélenchon est certes un tribun, mais son talent n’est pas au service d’un électoralisme égoïste, il l’est au service du peuple.

Mélenchon émerge très nettement du lot de ceux qui se présentent à la fonction suprême. Il tranche nettement de la tiédeur molle de Hollande et du vide des idées du candidat socialiste. Il n’a rien de commun avec le Président-candidat, éternel ludion, l’as des as du rétablissement, le chat qui retombe sur ses pattes mais dont le bilan est catastrophique et la vocation plus que suspecte. Mélenchon et Le Pen sont aux antipodes sur tout, les émigrés et l’économie en premier lieu.

L’ardeur de Mélenchon est, elle, portée par un idéal populaire, et il s’est déclaré l’ennemi de l’oligarchie financière. Les chroniqueurs qui l’interviewent ne savent pas cacher que l’orateur les séduit. On le sent sincère, se battant avec une ardeur incroyable pour le peuple. Ce peuple qui le connaît de plus en plus et qui a en lui son plus fidèle et brillant défenseur, un pourfendeur des puissants. Il fallait une nouvelle Gauche, pour remplacer la vieille Gauche usée des années 90. Le Front de Gauche porte bien son nom. Un front fait pour affronter, pour faire front à la dégradation de nos conditions de vie, orchestrée avec brio par l’oligarchie financière et une droite qui en veut toujours plus. Face à cette droite prédatrice, la gauche traditionnelle représentée par François Hollande ne fait pas le poids.

Une des clés de la crise, c’est le pouvoir d’achat et c’est pourquoi le candidat du Front de Gauche est pour un écart maximum de 20 entre les plus bas et les plus hauts salaires. Le plan européen a échoué, et les plans d’austérité diminuent l’activité, donc les recettes fiscales. L’Europe entière marche au fouet des agences de notation, où on voit bien la patte des Américains. Mélenchon va, s’il est élu, mettre de l’ordre dans tout ça. Il va réquisitionner les outils de production, mettre au pas les spéculateurs, redonner à la France un espoir.

Peu d’observateurs se sont rendu compte que cette élection présidentielle va créer d’énormes surprises. On pourrait se retrouver au premier tour avec cinq leaders qui recueillent chacun près de 15 à 20% des voix. Un mouchoir de poche avec cinq candidats très différents, certains crédibles, d’autres non. Les 5% de Mélenchon il y a 3 mois sont aujourd’hui à 14% et ça grimpe tous les jours. Il est maintenant au troisième rang !

Ceux qui s’attendent à une lutte classique au premier tour entre Hollande et Sarkozy vont être surpris. Les tenants du "vote utile" veulent que les électeurs sautent une étape essentielle, qui est de s’exprimer. Que le premier tour joue son rôle à plein, qui est de refléter fidèlement les proportions des forces en présence en attribuant à chacun sa valeur dans le coeur des Français. Le deuxième tour est fait pour trancher, pour passer de deux à un, avec des reports de voix. Petits arrangements et magouilles garantis.

Et si, au premier tour, les gens de gauche ayant compris rejoignent les électeurs de Mélenchon, le faisant passer devant Hollande. Et si Sarkozy dégoûte tellement les gens que c’est Marine Le Pen qui devient challenger de Mélenchon. Impossible ? Peut-être pas ! Alors avec un deuxième tour Mélenchon-Le Pen le Front de Gauche gagne la présidentielle.

L’oligarchie financière a pris son pouvoir d’achat au peuple, fait réduire les retraites, et a exigé des mesures d’austérité qui plomberont la croissance pour longtemps. On n’a plus confiance dans l’Europe, dans l’euro, on a peur des délocalisations, des émigrés. Le monde est devenu moche depuis le premier choc pétrolier. Plus de plein emploi et surtout du chômage en masse. Dans un monde qui s’effrite, où l’avenir des enfants est compromis, il y a le choix entre se résigner ou trouver l’espoir. Avec Jean-Luc Mélenchon les Français peuvent croire encore en un avenir meilleur, et c’est la raison première d’être séduits par un candidat et de voter pour lui. Outre la peste et le choléra, Sarkozy et Hollande, il y a Mélenchon. Dieu merci la solution est là, pour peu que les Français sachent choisir à temps.

À situation critique et extrême il faut un chef de l’État extrême. Un homme qui a de l’énergie à revendre, les pieds sur terre mais la tête dans les rêves possibles et qui ose oser. Il faut à la France des raisons d’espérer et de rêver, elle en crève d’envie. Tous avec Mélenchon au premier tour… et au deuxième !

Algarath


 
 
 
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7 commentaires
  • Mélenchon, l’espoir. 28 mars 2012 08:52, par Rudolph

    Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent.
    Mélenchon fait partie de ces êtres que le désespoir amène parfois au plus haut.
    L’histoire et le monde en a toute une collection. De césar à Alexandre en passant par napoléon, Staline, mao.
    Le ciel et l’intelligence veuille nous protéger de ces hommes providentiels.
    Qui se révèlent les pires despotes et les plus puissants fabricants d’ hécatombe.

    Il se peut bien sûr que je me trompe, mais sincèrement je suis convaincu du contraire.

    • Mélenchon, l’espoir. 28 mars 2012 15:55, par Algarath

      Rudolf, je comprend votre méfiance. Nous sommes habitués au pire avec les hommes politiques alors quand il y en a un qui semble très différent on s’interroge.
      Pourtant s’il y a un politicien qui donne de l’espoir c’est Jean Luc Mélenchon. Faisons-lui confiance. Pensez vous qu’on puisse laisser les choses telles qu’elles sont en France. Rien ne va plus.

  • Mélenchon, l’espoir. 28 mars 2012 20:24, par Libre Plume

    @ Rudolph
    Bien d’accord. Rien n’est plus faux et apparence que ce qu’on appelle "l’homme providentiel". Il n’y en a pas.
    La citation sur la vanité (tiré de l’Ecclésiaste) m’a fait revenir à l’oraison funèbre de Bossuet prononcée à la mort de la princesse Henriette-Anne d’Angleterre. La cour était choquée et ne comprenait pas comment une princesse de si haut rang pouvait disparaitre en quelques heures. Voici la réponse de Bossuet (extrait) :

    ".... Vanité des vanités, et tout est vanité.( ....) J’ai pris, sans étude et sans choix, les premières paroles que me présente l’Ecclésiaste, où, quoique la vanité ait été si souvent nommée, elle ne l’est pas encore assez à mon gré pour le dessein que je me propose.(......)
    Non, après ce que nous venons de voir, la santé n’est qu’un nom, la vie n’est qu’un songe, la gloire n’est qu’une apparence, les grâces et les plaisirs ne sont qu’un dangereux amusement : tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités, et le jugement arrêté qui nous fait mépriser tout ce que nous sommes. [...]
    Considérez, Messieurs, ces grandes puissances que nous regardons de si bas.... "
    etc, etc. J’adore ces textes !

    Tiens, m’en vient une autre de Montaigne au roi "Sire, d’aussi haut que vous soyez assis, vous n’êtes assis que sur votre c..."

    Ca remet les grands, les puissants et les hommes providentiels à leur place, non ?

    Je vois juste Mélenchon comme un homme qui a le courage de proposer une autre politique, une autre république, un réel changement de société. Pourquoi pas ?

    • Mélenchon, l’espoir. 29 mars 2012 18:44, par Algarath

      Personne ne voit en Mélenchon l’homme providentiel. Avec un minimum de sagesse on sait que ça n’existe pas, d’où un faux débat. Tout le monde aussi sait qu’à quelque niveau qu’on soit on est mortel. Deuxième faux débat.
      Vous reconnaissez que Mélanchon a le courage de proposer une nouvelle république et un vrai changement de société. Ça c’est un vrai débat et merci de le souligner. Au pays des aveugles les borgnes sont rois. Avec la médiocrité des campagnes de Hollande et de Sarkozy, Mélanchon passe par comparaison pour un phoenix qu’il n’est peut-être pas.

  • Mélenchon, l’espoir. 29 mars 2012 22:33, par Rudolph

    Morceau choisi de vos deux écrits

    Faisons-lui confiance...Pourquoi pas ?

    désolé j’ai arrêté !

    • Mélenchon, l’espoir. 30 mars 2012 11:29, par Algarath

      C’est vrai que Mélanchon n’est pas un nouveau venu de la politique et qu’il n’a trouvé le ton juste que très récemment. Il a pu décevoir par le passé. Mais alors où que l’on tourne les yeux il n’y aurait pas d’espoir ?

  • Mélenchon, l’espoir. 2 avril 2012 12:30, par Le Grümph

    Si je peux comprendre votre réserve face aux "leaders maximo" que l’histoire nous a donné à voir et à supporter, je souhaiterai attirer votre attention sur plusieurs éléments :

    + d’une part, Mélenchon est le porte-parole d’un mouvement, pas un homme seul proposant ses idées. Il est le nexus de plusieurs sensibilités, la synthèse d’une gauche de combat qu’il défend depuis toujours. S’il n’était pas audible au sein du PS, cela ne signifie pas que, déjà, il portait ces mêmes idées au nom de différents mouvements et en compagnie de plusieurs collègues. Avez-vous remarqué qu’il ne dit que rarement JE, mais qu’il emploie plus souvent le NOUS, qu’il cite les gens avec qui il signa naguère ses textes et propositions de loi ? Ce fut particulièrement frappant lors de son face à face avec Marine Le Pen : non seulement, il vint en tant que contradicteur (pour discuter du programme de l’adversaire et non pour parler de celui du Front de Gauche sinon en creux), mais qui plus est, il ne dit JE à aucun moment. Mélenchon a trouvé sa place de porte-parole, certes, grâce à son immense talent d’orateur et à son immense culture (en plus d’une réflexion poussée sur ses idées - voir pour cela, par exemple, ses interventions sur la laïcité en 2007 ou simplement ce qu’il dit face aux féministes). Mais il est d’abord un porte-parole, la façade d’un collectif qui a su apprendre à travailler en commun.

    + d’autre part, Jean-Luc Mélenchon, et le Front de Gauche, s’appuient sur un programme parfaitement découplé, longuement travaillé au contact de la société civile, au cours d’innombrables réunions publiques, colloques, conférences, séminaires, communications et allocutions. C’est le travail de plusieurs années qui a produit le Programme partagé. En meeting, il fait appel à la raison et à l’intelligence, non à l’émotion (comme la peur et le vote utile) ou aux pulsions (la haine des autres). Le PG a inscrit dans son projet fondamental l’éducation populaire (que chaque militant apprenne à penser par lui même et s’éduque, qu’il n’attende pas les consignes) ; le FdG ne donne aucune consigne de vote, ni d’ordre - tout au plus, Mélenchon expose-t-il des arguments sur les raisons pour lesquelles, selon lui, il faudra éventuellement voter Hollande pour détruire la droite. Il fait appel à la raison, à l’intelligence personnelle et collective, à la réflexion.

    Ce sont deux raisons (le collectif, l’éducation) qui sont, à mon sens, complètement à l’opposé du sectarisme ou du danger totalitaire des autres partis (le culte du chef, le contrôle par les émotions). Comme c’est un discours porté depuis déjà de longues années (et non pas une sorte d’opportunisme électoral), je ne crois pas à la manipulation. On est loin de Machiavel, ici, quand bien même il y aurait certainement de la tactique et de la stratégie politique en jeu...

    LG

 
 
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