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Les Vraies Raisons de la Guerre.

La propagande Américaine nous a rabâché, jusqu’à écœurement, les raisons qu’elle mettait en avant pour envahir l’Irak : L’éradication des armes de destruction massive, la lutte contre le terrorisme et le renversement du régime de Saddam Hussein.

Or, si ces raisons peuvent passer pour plus ou moins valables, elles ne sont que des grossiers prétextes destinés à masquer les vraies motivations qui, vous le verrez, sont nettement moins honorables.

Il existe des dizaines de documents, sérieux et accessibles, qui peuvent nous aider à comprendre pourquoi l’Amérique a pris le risque insensé de torpiller pour très longtemps l’ONU, l’OTAN, ses relations internationales avec ses meilleurs alliés historiques, France en tête, et pourquoi ils ont abattu leurs cartes ouvertement, sans vergogne, avec une hallucinante arrogance et un mépris pour le reste du monde.

L’Irak a été envahi :

- Pour que l’Amérique prenne le contrôle du pétrole Irakien, et à court terme du pétrole de la région.
- Pour que l’Irak serve de base militaire américaine au Moyen-Orient et puisse remodeler la région, en faisant encore plusieurs fois usage de sa force militaire.
- Pour assurer la protection d’Israël.

Ce qui suit va, je l’espère, vous convaincre.

Le 16 mai 2001, le Vice-Président Américain Dick Cheney remettait à Bush un rapport de près de 200 pages, signé par lui et une dizaine de personnes, dont Colin Powell. Ce rapport, appelé Politique Nationale pour l’Énergie (National Energy Policy) que vous pouvez aisément trouver sur internet, nous renseignait déjà sur le destin de l’Irak et l’avenir proche du Moyen-Orient. D’après le rapport, la dépendance américaine en pétrole étranger devrait passer de 52 % de la consommation totale en 2001 à 66 % en 2020. La consommation totale augmentant elle aussi, les Etats-Unis vont devoir importer, en 2020, 60 % de pétrole de plus qu’aujourd’hui, passant ainsi de 10,4 millions de barils par jour à environ 16,7 millions. Le seul moyen d’y parvenir est de persuader les fournisseurs étrangers d’augmenter leur production et de vendre davantage aux Etats-Unis. Or, les besoins en pétrole de l’Asie vont tripler en 20 ans et ceux de l’Europe vont doubler. Autant dire que, du pétrole, il n’y en aura plus pour tout le monde et qu’il faudra le payer considérablement plus cher. Dick Cheney recommande donc dans son rapport de « accroître, par la puissance militaire, la sécurité des approvisionnements en pétrole en provenance des pays instables politiquement, notamment au Moyen-Orient » et il fait bien comprendre que c’est une question stratégique majeure, presque de vie et de mort, de survie pour le mode de vie privilégié des américains. Dans ce même rapport, il envisage de forer dans les réserves naturelles d’Alaska, et, pour ceux qui suivent l’actualité, le Sénat américain vient de rejeter aujourd’hui même, jour du déclenchement des hostilités avec l’Irak, le projet en Alaska. Tu parles Charles, le pétrole d’Alaska ils n’en ont plus besoin, ils vont avoir l’Irak dans pas longtemps.

L’Irak possède 11 % des réserves de pétrole mondiales connues, sachant que ses réserves réelles sont bien plus importantes car seulement 10 % du terrain a été sondé. L’Irak de Saddam a signé des accords à très long terme avec la France, la Russie et la Chine pour 44 milliards de barils, ce qui mettait hors course les compagnies pétrolières américaines pour 20 ans ! L’opposition Irakienne, qui sera mise en place par les américains après la guerre, a déjà fait savoir qu’elle annulerait les engagements de l’Irak envers la France, la Chine et la Russie, et qu’aucun accord de fourniture de pétrole ne serait signé avec les pays n’ayant pas pris part à l’invasion. On comprend mieux pourquoi ces trois même membres du Conseil de Sécurité ont agité la menace du véto…

Les années qui viennent verront la lutte entre les pays industriels et les pays en développement rapide pour l’accès aux ressources naturelles, dont, bien sûr, le pétrole. Michael T. Klare, qui a écrit un article dans Monde diplomatique de novembre 2002 intitulé « Les vrais desseins de Bush », a également écrit un livre fort intéressant sur « les guerres pour les ressources, une source de conflits globaux » (Resource Wars : The New Landscape of Global Conflicts). Il prétend, avec des dizaines de preuves à l’appui, que les conflits mondiaux éclateront pour que les plus forts militairement puissent s’accaparer les ressources naturelles des pays moins forts militairement. Ça nous ramène aux tristes heures du colonialisme envers les régions comme l’Afrique au début du siècle dernier.

Les pays du Golfe représentant 66 % des réserves de pétrole, ils sont convoités par l’Amérique. Quand on sait que l’Europe aura du mal à se procurer du pétrole à prix abordable dans quelques années, on mesure la trahison envers nous de Tony Blair, de Berlusconi et d’Aznar. Ou ils n’ont rien compris au problème ou ils ont négocié avec les Américains. En tout cas, ces trois zozos n’ont plus leur place au sein de l’Europe.

Qui détient le pouvoir à Washington ? On peut les classer en deux catégories : Les politiciens issus de l’industrie du pétrole comme Bush, Cheney, Condoleeza Rice, et les faucons pro-sionistes et néo-conservateurs, comme Richard Perle, Paul Wolfowitz, Rumsfeld, Feith. Que les premiers aient décidé de se servir ouvertement et sans limites des armées américaines pour le contrôle du pétrole est une chose. Les conseillers Juifs de Bush ont profité de la proximité des pays du Golfe avec Israël pour sécuriser l’État Hébreu en « installant, même de force, des régimes démocratiques au Moyen-Orient ». Une étude, signée par Perle en 1996 pour Netanyaou, mettait le renversement du régime Irakien comme première priorité pour Israël. Sharon, au travers de ses amis, ou complices, je pense qu’on peut les nommer ainsi, a détourné la puissance militaire américaine pour son profit. Quel est le prix que Sharon a payé ? Et si les attentats du 11 septembre avaient été pilotés par le Mossad, en manipulant des aspirants terroristes arabes, avec la complicité passive des services américains ? Tout ça pour légitimer auprès de l’opinion publique américaine et mondiale les décisions unilatérales qui allaient permettre d’aller en guerre sans autre légitimité que la force.

En tout état de cause les téléspectateurs du monde entier, américains en tête, subissent la plus grande manipulation, la plus énorme intox jamais utilisée pour les berner. Pour les américains, ils sont enfumés par leurs dirigeants mais c’est justement pour qu’ils puissent continuer à brûler la plus grande partie des ressources de la planète sans devoir subir des restrictions. Mais tous ces cons en Europe regardent la télé avec une malsaine délectation (tiens regarde ce missile Tomahawk qui va péter sur Bagdad, c’est beau hein ! Ils sont forts ces Américains !) en voyant Saddam Hussein être viré du pouvoir, sans comprendre que la main-mise éhontée des américains sur l’Irak signifie surtout le détournement de l’énergie dont ils auront besoin dans pas longtemps, mais pour des décennies.

Mais si ces mêmes abrutis savaient que ce qui se joue réellement maintenant, c’est la disponibilité du fioul qui chauffe leurs maisons, qui fait tourner les usines où ils n’auront plus, un jour, d’emplois car leur compétitivité s’est trop dégradée. Qu’ils se préparent, dans 10 ans, à payer le litre d’essence à 20 balles, ou plus. Les moins cons se souviendront peut-être alors que Jacques Chirac avait mené un combat dantesque, démesuré, à la hauteur de ce qu’un homme d’État d’une pareille envergure pouvait faire. Car lui, il savait quelles étaient les vraies raisons de la guerre d’Irak.

Peut-être a t’il eu le tort, cependant, et je lui reproche, de ne pas avoir dénoncé ouvertement lors des séances à l’ONU que l’enjeu réel était la stratégie américaine pour détourner et s’accaparer à leur seul profit les ressources en pétrole de la planète. Il a préféré faire semblant de croire qu’on parlait du désarmement de l’Irak, sur fond de péripéties des inspections de l’ONU. Trop diplomates, trop polis, nos politiques ont laissés passer une occasion de mettre les pieds dans le plat. Ceci a fait le jeu des Américains, ces requins prédateurs, qui continuent à nous « amuser » avec leurs alertes au terrorisme et toute leur propagande de merde dont on a vraiment marre. Non seulement ils spolient les pauvres peuples qu’ils envahissent, mais, en plus, ils voudraient nous faire compatir sur leur sort à eux. Ces pourris continuent de mettre à sac la planète en nous montrant leurs sourires de faux-culs.

Parfaitement déguelasse. Frustrant, à pleurer. J’assiste impuissant à ce viol flagrant et éhonté de nos intérêts, alors que l’immense majorité de mes contemporains s’en fout ou, au mieux, croient qu’il faut mener un combat pour la paix. Ce combat pour la paix, je le revendique au tout premier rang de mes motivations, mais je lui ajoute l’impérieuse nécessité de sauvegarder les ressources de la planète et de me battre pour avoir une part d’énergie, dont la rareté grandissante et le côut exponentiel fera que la vie sera bien plus difficile pour mes enfants. Et pour les vôtres, sachez-le…

Je ne peux m’empêcher de penser à tous les oubliés, dont la liste est très longue, des Palestiniens aux Africains, tous ces sacrifiés à l’autel de notre consommation démesurée d’énergie, même si les Américains gaspillent dix fois plus de cette précieuse ressource que les plus favorisés de cette planète, qui s’épuise. Et je place beaucoup d’espoir dans les efforts de ceux qui ont consacré leur vie à la défense des ressources naturelles et de l’environnement. Ce combat, pacifique, peut cependant être efficace. À l’Amérique qui a choisi la manière forte, ne pas faire d’économie d’énergie en s’accaparant par la guerre des ressources qu’on devrait partager équitablement par la loi du marché, on doit plus que jamais opposer et préférer la manière douce, l’économie, la modération, la gestion sage de cette énergie qui nous est indispensable.

Algarath


 
P.S.

Illustration : José Souza , (extraite du site www.contrelaguerre.org)

 
 
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