Questions d’après le premier tour.

Le premier tour des présidentielles est dans quelques jours comme chacun sait. C’est le premier temps fort, très important, mais il y aura deux autres temps forts : L’entre deux tours et après l’élection finale. Et après l’élection il y aura la politique qui sera menée et avec quelle coalition, car aucun parti ne gagnera avec ses seules voix.

Le premier tour va être riche d’enseignements. Il va d’abord donner une mesure précise de la cote des dix candidats et de leurs partis respectifs. Il y aura des déçus à n’en pas douter. Parmi ceux qui ont des attentes particulières il y a Sarkozy, Le Pen et Bayrou, les autres candidats en dehors de Hollande et de Mélenchon feront de la figuration. Vu les développements des derniers jours on n’exclut pas que Sarkozy arrive après le deuxième élu du premier tour et soit éliminé d’entrée de jeu. On peut aussi avoir un score de Marine Le Pen en dessous des 17% qu’elle espère, voire un score minable avoisinant les 10%, pourquoi pas. Et Bayrou pourrait rester en dessous des 10%. On attend la surprise, cette fois ci bonne, du côté de Jean Luc Mélenchon. Il pourrait arriver dans le peloton des deux premiers.

L’entre deux tours va être court mais fera l’objet d’une forte activité. Si Hollande et Sarkozy sont les vainqueurs du premier tour ils se disputeront des voix de report. Bayrou sera courtisé par les deux, sans aucun doute, alors que Sarkozy courtisera les électeurs du Front National et que Hollande devra gérer la question du Front de Gauche. Sacré dilemme que celui de François Hollande. Il va vers plus de centre et perd une partie des voix du Front de Gauche, ou va plus à gauche et perd une grande partie des voix de Bayrou. Le pari qu’on peut faire c’est qu’il va courtiser Bayrou en se disant que le Front de Gauche n’ira pas voter à droite et reportera une très grande partie des voix sur lui de toutes façons. Il n’a pas tort de penser ainsi, et ça pourrait l’exonérer de prendre de quelconques engagements avec Mélenchon. Sous un aspect inoffensif et mou, Hollande est madré et calculateur. Un petit côté Louis XVI qui s’est fait décapiter car il disait des choses qu’il ne faisait pas et en faisait d’autres qu’il n’avait pas dites.

Après le deuxième tour on connaîtra le nouveau Président de la République, qui va gouverner. Imaginons que ce soit Hollande, qui semble le plus probable. En fonction de la proportion des voix pour Bayrou et de celles de Mélenchon au premier tour, Hollande va infléchir très fortement sa politique. Si Mélenchon a frôlé les 20%, Hollande va devoir descendre de son piédestal et composer fortement avec Mélenchon. Le plus drôle serait un premier tour où Hollande et Mélenchon soient les deux gagnants. Une lutte gauche molle leader mou contre gauche musclée leader charismatique serait passionnante et fabuleuse pour la démocratie.

Il y a des composantes communes qui ont été soulignées par une majorité des candidats et on ose espérer qu’elles vont faire l’objet de réformes. Une nouvelle politique fiscale souhaitée vis à vis du capital, des hauts revenus et des mesures d’économies sur les dépenses de l’État, par exemple. Ou encore des mesures visant à limiter les profits de l’oligarchie financière. Si Mélenchon, du fait d’un score important, avait une influence sur un Hollande gagnant, le peuple en bénéficierait et on irait vers un progrès social accru.

Sarkozy ne serait plus présent sur nos écrans sauf peut-être s’il était l’objet de poursuites judiciaires, ce sera bien sûr à la Justice d’en décider. Chacun aura noté avec plaisir ou regret que l’actuel Président aura scié copieusement lui-même la branche sur laquelle il était assis. Une encyclopédie ne suffirait pas pour détailler par le menu les erreurs qu’il a faites et, c’est bien connu, on est souvent l’artisan de son propre malheur. Et, avec Hollande Président, Ségolène Royal aurait son strapontin d’ex-épouse et d’ex-candidate malheureuse et on la verrait un peu plus à l’antenne. Par galanterie je tairai l’effet qu’elle me fera.

On serait repartis pour cinq ans. Une énorme question : Quid de Mélenchon perdant cette présidentielle, quid de l’ardeur restante de ses électeurs une fois cette campagne terminée ? À cette question, on peut répondre en citant Teilhard de Chardin : « Rien dans l’univers ne saurait résister à l’ardeur convergente d’un grand nombre d’intelligences groupées et organisées ». C’est le principe de la centrale d’énergie, qu’a su si bien créer Jean-Luc Mélenchon. On croit en lui pour cette présidentielle, mais ça ne suffira peut-être pas. Il faut croire en lui pour l’avenir. Moi, je sais qu’il ira jusqu’au bout et qu’il finira plus tôt que plus tard à gagner une présidentielle.

Algarath


 
 
 
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