Aberrations et Ordre du monde...

La pire aberration, la plus bête au monde, est le primat de quelque intérêt que ce soit sur la justice et le bonheur dus à l’homme ; la plus abominable indécence, est la primauté criminelle d’un quelconque principe d’État ou d’Économie sur le bien-être collectif de tous les membres de la société… Tout est et doit être au nom de l’homme dans la politique des États, sans quoi c’est de la félonie oligarchique d’État.

L’aberration est essentiellement la bêtise de l’intelligence dénaturée, portée aux confins de ses extrêmes, déviée par des pulsions et passions personnelles ou idéologiques aliénant sa sensibilité et sa lucidité dans le raisonnement y ajustant un semblant de logique selon une rationalité factice qui justifie ses bévues.

Aberration, logique absurde qui porte les oeillères de la bêtise dont s’accommodent les préjugés, les idées arrêtées et les discriminations morbides de l’homme ou de la société volontairement alexique devant les faits par lâcheté ou par la mauvaise foi de la méchanceté.

Est-il une chose au monde plus aberrante et plus ignoble que l’institution sociale, sinon l’individu servile qui feint arrogamment d’être libre tout en reproduisant et répétant comme un réflexe ambulant et avec violence envers et contre autrui, toutes les aberrations de la société ?! En vérité, des légions d’individus de notre civilisation, ne sont que des aberrations incarnées anthropomorphes, rejetons-rejets du système immonde en règne auquel ils délèguent toute assumation de leur propre vie, au point d’être rendus choses infâmes, jetables et irrécupérables à toute rudologie imaginable !

Les aberrations sont devenues des signes de la tératogénie prolifique de l’écosystème comportemental et symbolique de la société. Du symbole qui dévore son référent tel la masse de nullards surdiplômés qui gangrènent l’espace public par la pollution de leur ineptie gargarisante, véritable palilalie de la communication officielle, à la compétence confondue à l’insigne des universités au nom prestigieux dont viennent des individus très moyens en passant par l’argent, symbole de la richesse érigée seule richesse par des banquiers qui ne produisent rien ; de la course à la consommation de biens onéreux pour prendre de l’importance et masquer la ruine de soi par la misère ontologique à nos élections légitimant via le vote populaire, la politique servile de partis et d’élus totalement larbins parce que les uns et les autres financés par quelques riches magnats de l’oligarchie qui leur dicte leur conduite, nous sommes immergés dans un environnement d’absurdités loufoques qui, néanmoins, perdent tout aspect plaisant vu leur nocuité et nuisance virulente dans l’espace public sur le sort d’innombrables vies des vastes majorités victimes de leurs effets.

Aberrations ordinaires de la vie courante...

(DANS LA FAMILLE)

La famille est une des plus dévouées dispensatrices de l’aberration systémique, car tout en constatant l’infamie sociale, les parents consacrent toute leur énergie et autorité pour y soumettre et assimiler leur progéniture par respect des immondes des codes et conventions institutionnels et le souci sourd des convenances inhumaines de l’institution sociale. La famille en devient donc la première matrice d’entretien et de reproduction des monstres qui font du monde, la géhenne d’horreur, et d’injustice qu’il est.

Quand je considère la famille, cette cellule de toute société et nation, je ne peux ne pas y voir les sources majeures de la déchéance et du maintien du monde l’infrahumanité viscérale qui y domine. D’abord, la lâcheté et la soumission aux aberrations systémiques sont bel et bien cautionnées et mises en acte par la famille, cette pire dénaturatrice de l’homme, matrice de toutes les aliénations inculquées aux enfants. Le père de famille sait que l’ordre du monde est abject, inhumain et sale, pourtant, ô paradoxe monstrueux, c’est lui qui fait tout pour que ses fils et filles s’y assimilent tel qu’il est, sous prétexte d’intégration sociale, de socialisation voire de chance de réussite dans ce qui est humainement un échec sur le plan humain, je veux dire une société platement matérialiste, grossièrement moulée pour la consommation compulsive et interminable, vilement égoïste et perverse par l’incommunication qu’elle engendre en créant des murs idéologiques de classe par l’avoir et le paraître. Et dire que les familles pourraient changer le monde par une réforme des mentalités en leur sein selon un nouveau regard et d’autres repères transmis à leurs enfants et une exigence de transformation d’éducation, de conversion et de répression qui sont dans la société qu’elles constituent et où, si elles s’organisaient, elles pourraient avoir tant de pouvoirs. Mais hélas elles n’en ont guère vraiment conscience et préfèrent se soumettre aux puanteurs du système socioéconomique opérant malgré elles, en leur nom, en sacrifiant l’humanité de leurs enfants au moralisme putatif fait à la gloire des oligarques.

ABERRATION PSEUDO-DÉMOCRATIQUE

(DANS L’ÉTAT)

Un système électoraliste qui permet à n’importe quel importun grossier et vendu aux intérêts des oligarchies, de se faire légitimer par des élections, peut-il représenter un tant soit peu l’intérêts de tous ? En vérité, l’exclusion est inhérent voire immanent au mode politique de transmission du pouvoir social. Et, après tant et tant de questionnement théorique du mal systémique affectant la société bourgeoise soi disant démocratique, les peuples se laissent berner volontiers par un électoralisme monstre, véritable tératologie politique où se succèdent les monstres félons qui trahissent leurs espoirs. Aberration collective que la foule engouffrée de faux rêves, impose à la minorité clairvoyante qui crie au chambardement et à l’implosion de cet ordre à effacer et remplacer. Voter des roublards au discours flagorneur des voeux populaires, qui dit exactement ce que les peuples veulent entendre, est une aberration répétée encore et encore par l’indolence maladive des cohues en mal d’un pouvoir par délégation aux partis oligarchiques. L’on comprend que ces mêmes cohues devront se jeter dans la rue à travers des manifestations dangereuses où elles se font tabasser par les gardiens et soudards de l’ordre, lorsqu’elles veulent réclamer leurs droits bafoués par leurs élus ! Hélas ! les majorités oublient souvent que chez tout prédateur, comme chez tout méchant, les danses séductrices, l’accomplissement même d’un bien, sont stratégie, ruse de guerre et prétexte vers des projets infects et de prédation. De toute façon, une démocratie fondée, réduite uniquement au droit de propriété et à ses prérogatives comme la succession et les lobbying accapareur du peu de pouvoir qui reste à l’État déjà de fait entre les mains des oligarchies, n’est qu’une ironie de la souveraineté populaire.

ABERRATION ET RELATIONS INTERNATIONALES

Parmi les aberrations internationales, l’on peut évoquer la mainmise sur les finances mondiales par quelques institutions telles, la banque mondiale et le Fmi, elles-mêmes serviles de quelques autres institutions vouées à des intérêts particuliers comme la Fed dont le nom est fortement trompeur, Goldman sachs et leurs émules déterminant les crédits et bourses et déclanchant des crises qu’elles font payer lourdement aux peuples et États. On doit aussi citer la dictature économique sur les petits États endettés malgré eux pour appliquer les politiques économiques que le nord leur dicte et qui est souvent aux antipodes de leurs besoins de développement. La Cpi est, elle aussi, avec sa justice mondiale à statut variable selon les origines des criminels contre l’humanité, une aberration récemment ajoutée à l’ensemble absurde qui sert de configuration au faciès d’un monde mené par quelques cossus au mépris de toute décence et de toute justice à l’égard des nations et des populations.

Dans cette partie du texte, il serait un manquement d’oublier l’aberration de la dénucléarisation discriminatoire jusqu’au loufoque et au ridicule quand on sait que l’Inde vient de tester le 19 avril 2012 une fusée nucléaire sans le moindre blâme de ceux qui braillent leur volonté de protéger la planète contre la prolifération nucléaire. La bourde haineuse de criminaliser le nucléaire et les violations des droits de l’homme selon l’appartenance idéologique des États en cause, prouve l’infamie discriminatoire de la politique mondiale quand les larbins politicards et journalistiques des oligarchies crient haro sur l’Iran, Cuba en ménageant Israël, les Usa, l’Inde...

Autre aberration internationale, le socle imaginaire et essentialo-théocratique du conflit israélo-arabe sous-tendu par le sionisme et l’islamisme, ces deux hiératismes politiques bellicistes, brimant, altérant l’entendement rationnel des sociétés qui les subissent. Dans ce contexte éminemment essentialiste idéologique, l’aberration a, par essence, une propension morbide au fanatisme, à l’extrémisme lié à un absolutisme magico-religieux étayant une triste et bête intransigeance arrogante, violente et meurtrière. En politique conflictuelle interétatique voire en société multiculturelle, l’aberration idéologique de l’essentialisme, nourrit facilement le racisme voire le crime "racial".

Me refusant à tout pessimisme sentencieux mais aussi à tout optimisme béat, car un tel optimisme n’est que béance de débilité phagocytant le sens, je dis que tant que l’eschaton n’effacera ce monde, les choses seront et bougeront à la mesure du stade de conscience et de volonté des hommes.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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