Elections du 10 mai : L’Algérie joue- t- elle son destin ?

« A l’instant qu’un peuple se donne des représentants il n’est plus libre »
Jean Jacques Rousseau (Du Contrat Social)

450 députés pour 25 000 candidats 500 observateurs internationaux qui sont là pour surveiller que l’on ne triche pas, atavisme hérité de Naegelen . 44 partis politiques dont 21 qui ont deux mois d’existence et que l’on connait qu’à travers des sigles. Leur dénominateur commun est qu’ils sont tous pour la justice, la bonne gouvernance certains pour le retour aux sources d’autres pour l’infitah avec tous la récurrence d’un discours attrape jeunesse. Cette dernière étant à des années lumières du microsome actuel L’unanimisme de tous les partis politiques est total quant au fait que la rente règlera tout et tout le temps Avons-nous fait le bilan de ces vingt ans d’errance ?

Ces élections promises déboucheront-elles sur une vision claire de l’avenir avec au préalable, sur les invariants et les consensus qui transcendent les partis ? Et ces dizaines de partis, comme en 1992, ont-ils un programme capable de donner enfin un cap à cette jeunesse dont on dit qu’elle ne croit plus à rien ! Chacun sait que l’Algérie a payé le prix fort qui a été, de mon point de vue, le paroxysme de l’antagonisme entre deux projets de société : celui du retour aux sources - arrimé à la sphère moyen-orientale - d’une façon totale sans discernement et sans prise en compte de la réalité du monde. Le deuxième courant, traité de parti de l’étranger donnait l’impression de s’arrimer à une sphère occidentale qui n’est pas celle de nos « valeurs » Résultat des courses, la guerre de tranchées qui a commencé en 1962 entre les arabisants et les francisants perdure. La révolte d’Octobre 1988- notre printemps - qui fut, d’une certaine façon, une révolte du pain. Plus de 500 morts passés par pertes et profit

L’interruption des élections en décembre 1991 ouvrit la boîte de Pandore de l’horreur. La société dans son ensemble fut traumatisée et l’Algérie perdit des dizaines de milliers de ses fils - on parle de 200 000 morts - Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas su depuis l’Indépendance réconcilier les Algériens avec leur histoire, leur identité culturelle, nous n’avons pas su dépasser les ambitions de chacun pour former l’homme nouveau bien dans son identité et sa religion. Religion que personne ne devrait instrumentaliser pour en faire un fonds de commerce. L’Algérie durant cette décennie rouge servit de « laboratoire » Personne ne l’aida à transcender ses contradictions. Car parallèlement à la terreur, l’Algérie tomba sous les fourches caudines du FMI qui nous intima l’ordre de nous ajuster structurellement.

Où en somme-nous en 2012 ?

Avons-nous fait notre aggiornamento, notre ouverture sur le monde ? Avons-nous formé l’homme nouveau qui n’utilise pas le fond de commerce galvaudé de la glorieuse Révolution de Novembre qui fut, à bien des égards, pour le monde un tournant. Pour la première fois en effet, un peuple du tiers monde relevait la tête et décidait de tenir tête à une puissance voulant garder en l’état l’ordre colonial établi. Avons-nous tiré les leçons de la guerre de tous contre tous de la décennie 90 ? Mutatis mutandis nous en sommes toujours au même point, sauf qu’une rente insolente en 11 ans a permis de rembourser la dette, mais nous n’avons pas construit quelque chose de pérenne, quelque chose qui crée de la richesse Certes, nous avons des milliers d’écoles, de lycées et près de 70 établissements supérieurs mais que valent-ils quand on sait que notre école est en miettes et que nos diplômés ne répondent pas au minimum de normes requises ? Faire dans le quantitatif dans le siècle du Web 2.0 du data speeding, du Dow Jones est un pis-aller. C’est l’infitah à outrance- l’ouverture débridée- , on ne sait plus rien faire, on s’en remet aux Chinois, Japonais, Français, Turcs pour nous nourrir, nous vêtir, nous construire des logements, nous distribuer l’eau...nous conduire..

Résultat des courses : les causes multidimensionnelles de la révolte sont toujours là. Elles sont même accentuées par un manque de vision flagrant. Le pouvoir, dos au mur, achète du temps et pense calmer la foule qui gronde par un saupoudrage proportionnel à des classes dangereuses. Dans l’Algérie de 2012, la compétence n’est plus un ascenseur social, il ne faut pas travailler, avoir un diplôme, être un besogneux soucieux du bien public et d’honorer consciencieusement ses engagements par une assiduité et un travail bien fait. Au contraire, on est pris pour un naïf ! Dans l’Algérie de 2012, brûler un pneu peut vous valoir comme punition...un appartement que vous n’aurez jamais si vous êtes un cadre moyen et plus encore, diplômé du supérieur ou de ce qu’il en reste. Dans l’Algérie de 2012, l’Ecole ne fait plus rêver, il vaut mieux être footballeur et toucher en une fois, d’une façon scandaleuse, le gain d’un enseignant dans toute une vie. Dans l’Algérie de 2012, il vaut mieux investir pour être député car il y a un bon retour sur investissement, peu importe d’ailleurs parti, l’essentiel est d’y être.

Le manque de vision des 44 partis politiques.

On nous dit que parmi les prétendants les élus , beaucoup ont un niveau universitaire. De quel niveau nous parlons ? Est-ce un critère décisif ?Pour ma part, une personne avec un bon sens paysan soucieux du bien public, pétri de valeurs est de loin plus préférable aux mercenaires diplômés qui vibrent à la fréquence du népotisme, de la ‘accabya » l’esprit de clan au XXIe siècle au sens que lui donne Ibn Khakdoun . Pour certains, paléo-enseignants, c’est encore plus dommageable du fait que leur sacerdoce à l’université n’était pas bien solide. Il n’empêche que le titre ronflant sonore et creux de « Profissour » leur permet de tromper le peuple. Les partis politiques notamment les anciens, ont accroché à leurs trophées quelques uns de ces Algériens sans épaisseur.

A l’instar des autres partis politiques, les formations islamistes dont certaines participent au gouvernement ne se distinguent pas par un programme économique se limitant le plus souvent à énoncer des promesses. Le discours populiste prime sur tout le reste. De plus, quelle est la force réelle de chaque parti ? Cependant tout est bon pour saturer et inciter les Algériens à aller voter. Les élections n’intéressent pas les Algériens. Ils pensent qu’il est inutile de voter car les élus ont une marge de manœuvre symbolique.

Cependant, même les zaouïas sont mobilisés pour crédibiliser le pouvoir comme au bon vieux temps colonial pour inciter la plèbe à voter peu importe pour qui. « Les zaouïas écrit Tayeb Belghiche ont des prétentions inimaginables il y a seulement quelques années. Mahmoud Chaâlal, président de l’Union nationale des zaouïas algériennes (UNZA), vient d’affirmer qu’« exclure (ces dernières) du jeu politique est une erreur », ajoutant, ne reculant pas devant la contradiction, que « pour les élections présidentielles 2004 et 2009, Abdelaziz Bouteflika a été réintroduit au palais d’El Mouradia grâce à nous ». Ces propos soulignent la régression terrible de l’Algérie depuis une douzaine d’années. L’action des zaouïas, jointe à celle des islamistes, risque d’enfoncer davantage le pays dans l’abstentionnisme. (1)

On aura donc tout vu devant cette nouvelle mise ne scène d’élections sans réel lendemain Pessimiste mais au fond, inquiet, Kamel Daoud du Quotidien d’Oran écrit : « le peuple ne peut pas se démocratiser : il est encouragé à se diviser, se tribaliser, s’émietter, spéculer, priser, radoter, mais pas à s’organiser en dehors de l’ENTV et sa propagande, du FLN et ses clones. (…) Le plus étrange est que les régimes durs et peu démocrates ont cet étrange habitude de reprendre les préjugés racistes des ethnologues coloniaux d’il y a un siècle : les autochtones ne peuvent pas être libres de leurs choix, ne peuvent pas se gouverner, n’ont pas vraiment une âme et ne peuvent pas être démocrates sauf après quelques dizaines de siècles de rééducation chrétienne ou blanche ou culturelle ou « authentique ». Le même mépris scientifique, la même sociologie du mépris et de suprématie. La solution commune aux deux, le Père du peuple et le missionnaire occidental ? Le temps. Il faut du temps pour que les peuples locaux soient capables d’être traités comme des peuples. Quel temps ? Le temps que je sois président jusqu’à la mort. Moi et les miens. Les proches, les parents. Beaucoup de temps. 5 fois cinquante d’indépendance…etc. D’ailleurs cette idée est même intégrée par l’indigène qui n’a pas lu Frantz Fanon : nous méritons la dictature car c’est la seule solution de barrage contre notre sauvagerie évidente et naturelle.(2)

Les élections truquées un atavisme africain fruit d’un héritage

Aminata Traore ancienne ministre de la culture nous décrit la situation au Mali on croit être en Algérie ! Les mêmes thérapies de l’extérieur avec les mêmes effets ! En vingt ans, écrit-elle, de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d’une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d’Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel. (…) Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, s’est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d’habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l’aide au développement » et des opportunités d’affaires que le système néolibéral offre. Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s’apprêtaient à se disputer la place d’ATT en achetant tout ce qui peut l’être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices. »(3)

« Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique. (…) Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l’indignation des jeunes déshérités qui n’ont droit ni à une école de qualité ni à l’emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs. Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd’hui d’une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l’exercice de leurs fonctions.
La société civile, dont le rôle est d’éduquer, de contrôler et d’interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. (…) La liberté d’expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l’existence d’un paysage médiatique dense (journaux..) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l’unique chaine de télévision nationale, l’ORTM, elle est « la voix de son maître ».(3)

Comment désintégrer un pays ?

En Algérie, nous avons de plus en plus l’impression que malgré nos certitudes d’un autre âge, l’Algérie peut très bien basculer dans une nouvelle horreur de par la volonté des grands de ce monde , pour qui l’intervention l’ingérence au nom de valeurs faussement humanistes- même chez eux où c’est la jungle et le règne d’un libéralisme sauvage- est une nouvelle façon de régner sur les peuples surtout s’ils disposent de matières premières et notamment d’hydrocarbures . Cela n’a pas échappé à certains partis politiques qui agitent à raison le spectre de la peur du complot étranger, naturellement pour leur propres survie et prospérité loin, justement, du bonheur du peuple et de son aspiration à vivre d’une façon apaisée socialement avec les fondamentaux d’une vie digne, emploi, éducation et santé. Ecoutons l’un de ces partis qui pense que la solution est dans une assemblée constituante :

« Les députés ont souillé l’image des Algériens tandis que l’Assemblée nationale est devenue un espace de business et d’affaires », a lâché le premier secrétaire national du Front des forces socialistes, Ali Laskri. Sur sa lancée, il a expliqué que « la participation du Front des forces socialités aux joutes du mois de mai porte dans ses projets le rétablissement du politique d’où la nécessité du retour à l’Assemblée constituante car l’APN actuelle n’a aucune valeur ». « Ce qui se passe actuellement dans certains pays voisins, la Libye, les pays du Sahel et peut-être l’Algérie, exige de nous tous de rester vigilants et d’être mobilisés pour éviter une éventuelle contagion. » « Nous ne voulons pas d’un Irak bis »

Justement, il ne faut pas croire que nous sommes invulnérables, que nous avons déjà donné ! Le Nouvel Ordre Mondial fait fi des identités des spiritualités , rien en doit entraver la rapine et tous les moyens sont bons pour déstabiliser les pays ne mettant en œuvre chaque fois de nouvelles méthodes. Après les méthodes de « démocraties aéroportées » de l’ère Bush, depuis quelque temps se ont jour les techniques soft des réseaux sociaux , véritables chevaux de Troie pour créer la discorde

Si nous ne voulons pas servir de laboratoire nous devons éviter de prêter le flanc à la critique Sinon à Dieu ne plaise on s’occupera de nous et ce sera comme en Libye la curée. Ces petites informations tirées du bréviaire du parfait révolutionnaire anti-dictature donne des pistes de résistance et de combat. Sans être naïf quant aux droits de l’homme version occidentale s’agissant de l’application aux « autres » « Depuis plusieurs années écrit l’un des idéologues , la manière dont les peuples peuvent prévenir ou détruire les dictatures a été l’une de mes principales préoccupations. (…) De ces considérations et de ces expériences monte l’espoir résolu que la prévention de la tyrannie est possible, que des combats victorieux contre des dictatures peuvent être menés sans massacres mutuels massifs, que des dictatures peuvent être détruites et qu’il est même possible d’empêcher que de nouvelles ne renaissent des cendres de celles qui sont tombées ». (4)

Pour sa part, Federico Mayor qui a écrit la préface du Livre de Gene Sharp : « Résister, c’est le début de la victoire, a déclaré Adolf Pérez Esquivel. C’est effectivement le début d’une grande transition à l’aube du XXIe siècle, de sujets soumis à citoyens, de spectateurs impassibles à acteurs. le temps d’agir à temps est arrivé. Temps de surmonter l’inertie, de ne plus s’obstiner à vouloir résoudre les défis présents avec des formules valables hier. (…) Jamais plus le silence ! Le moment de la participation sans présence (Internet, SMS, …) est arrivé. Savoir pour prévoir, pour prévenir. Savoir en profondeur pour transformer la réalité comme il faut. De la force à la parole ! Il faudra élever la voix pour éviter qu’on lève les mains, comme d’habitude. Mains tendues pour aider, pour soutenir. Genoux pour se lever, jamais plus pour s’humilier, pour se soumettre. (…) Notre rôle, maintenant, c’est de contribuer à une rapide diffusion de ce que représentent la guerre et la violence pour générer un sentiment de refus, pour produire une clameur populaire d’aversion aux tambours de la confrontation inéluctable et ensanglantée… Il est temps de dire à ceux qui ne le savent pas encore, qu’il y a aujourd’hui des méthodes non seulement plus modernes mais surtout plus efficaces, qui font appel à l’intelligence, au réalisme et à la préparation. Il s’agit de véritables stratégies, conçues pour gagner et non seulement pour résister ; cela change tout ». (5)

Ce serait en définitive, un moindre mal si ces nouveaux députés mettaient en place une Assemblée Constituante qui poserait enfin les jalons d’une Assemblée où les fondamentaux d’un projet de société pour les générations à venir étaient posés. Il reste à savoir si la jeunesse de 2012, celle des réseaux sociaux de Facebook de Twitter, bref, de l’Internet, est aussi vulnérable que celle d’avant. Gageons que cette jeunesse est plus à même de comprendre les grands enjeux du monde et qu’elle donnera sa voix à bon escient. Quelque part dans les officines, un logiciel de détricotage de l’Algérie est en marche Saurons nous y faire face ?

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole polytechnique enp-edu.dz


 
P.S.

1. Tayeb Belghiche L’autre régression El Watan 29.04.12

2. Kamel Daoud Démocratie : l’explication coloniale du décolonisateur Le Quotidien d’Oran avril 2012

3. Aminata Traore Le Mali, Chronique d’une recolonisation programmée

4. Gene Sharp De la dictature à la démocratie Editions LHarmattan 2009

5.Federico Mayor Préface de l’ouvrage de Gene Sharp Editons L’Harmattan 2009

 
 
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5 commentaires
  • Rien de ce que nous dit l’article du Pr.Chems Eddine Chitour ne semble contre dire la vérité et pourtant. Rien des conclusions auxquelles il veut nous amener n’est recevable.
    Rien n’est recevable parce que il traite à charge et jamais, à aucun moment, il ne cherche à montrer ou à rappeler ce qui a pu se faire de positif durant les 50 ans de vie indépendante de notre pays.
    Il est évident que le, parcours n’a pas été sans fautes, personne ne le prétend.
    Beaucoup de choses auraient dû se faire autrement. Beaucoup de choses auraient dû se faire et restent à faire encore aujourd’hui.
    Cependant lorsqu’on sait quel était la situation de départ et lorsqu’on regarde avec un tant soit peu d’impartialité où nous en sommes aujourd’hui, on devrait alors se faire moins incisif dans des critiques souvent justifiées.
    Des critiques souvent justifiées par ce qu’il n’est pas dans mon propos de prétendre que le pouvoir en place est louable, ni même qu’il est sans taches ou sans reproches.
    Mais il faut bien comprendre que l’agressivité et les exagérations, le déni de toute positivité de toute action menée jusque là, le discrédit sur tout et sur tous ne peuvent conduire qu’à la violence et à l’anarchie.
    Octobre 88 n’est pas loin.Les idées qui y ont conduit et les ambitions malsaines qui s’en sont saisi comme d’une vague sert le surfeur sont encore présents.
    Des hommes de la trempe du Pr Chems Eddine Chitour devraient je crois mettre leur savoir et leur compétence au servir de la mise en place des équilibres nécessaires et indispensables entre les institutions et le peuple, entre les différents acteurs dans la vie politique, dans la vie économique et sociale plutôt que de souffler sur un feu encore mal éteint aujourd’hui.
    Les exagérations portent, par exemple sur l’école et la formation, alors que l’auteur, sauf erreur de ma part, est un pur produit de cette même école et que le lisant nous ne pouvons pas croire un instant tous les maux dont il l’accable.
    Nous ne pouvons pas croire tous les maux dont il l’accable lorsque nous voyons le nombre d’universitaires et de gestionnaires, de chercheurs, de journalistes, de médecins et d’autres encore qui ont fait le choix, très regrettable, de quitter le pays et la manière dont la majorité d’entre eux s’en sortent notamment au Canada et pas seulement.
    50 ans d’erreurs, de fautes, de malversations, oui bien sûr mais pas seulement et c’est heureux pour nous.
    Le Pr. ne regarde que la moitié vide de la bouteille. Il a sans doute ses raisons pour cela.

    • Khaled
      Juste quelques lignes pour rappeler que notre élite, ces gens qui se disent intellectuels et ces hauts responsables, pour la majorité, ne mettent pas leur savoir au service au pays.
      C’est l’inverse que l’on observe chez eux.
      Ils dénigrent au lieu d’apporter des solutions.
      Ils partent à l’étranger pour tirer à boulet rouge sur leur propre pays, et parfois se sont alliés à des services étrangers.
      Ils écrivent des livres pour insulter les leurs.
      Dénigrer, et encore dénigrer, insulter, mentir, humilier, trahir.
      Voilà grosso modo, à quoi se limitent le savoir et la compétence des algériens.
      Cet amour du pays, cette disponibilité à se sacrifier pour se pays, on ne le trouve que chez les simples citoyens, les humbles personnes.
      Ainsi sont ces messieurs qui à longueur de temps brassent du vent, et les citoyens se sont rendus compte de ce cinéma et ne prêtent nullement attention à leur élucubrations.
      Dansez la musique c’est l’Occident qui l’ordonne.

    • Mr Khaled, croire que, malgré tout, l’Algérie ne va pas si mal c’est tenter le diable. Et pas à peu près !
      Quelques exemples si vous le voulez bien :
      Dans les années 70, on pouvait réussir au baccalauréat français et rater le baccalauréat Algérien.
      Dans les années 70, les algériens qui partaient poursuivre leurs études universitaires en France, en Allemagne, aux États Unis et en URSS finissaient parmi les premiers dans les examens universitaires et autres concours des grandes écoles. Aujourd’hui les bacheliers algériens ne réussiront pour la plupart même pas l’examen du BEG d’antan. Et je n’exagère rien. Pour preuve en 2011 la première université algérienne, selon le classement de l’Unesco (je crois), est l’université Mentouri de Constantine. Elle a été classée 2434ème. La dernière université algérienne selon ce classement est l’université de Khenchela, classée 11765ème.
      Est-ce qu’il vous arrive de suivre l’actualité Mr Khaled ?
      Continuons un peu si vous le voulez bien. Dans les années 70, les importations algériennes n’étaient pas de 37 milliards de dollars même après correction (démographie et inflation combinées). Dans les années 70, le dinar algérien valait 1,50 francs français. Aujourd’hui le dinar algérien, en franc constant et après conversion euro franc, vaudrait 0,0025 Fr c’est à dire 40 fois moins. Dans les années 70, L’Algérie, malgré son tiers-mondisme marqué, était respectée de tous et l’algérien aussi. L’algérien d’alors n’émigrait pas ou si peu et pouvait se rendre un peu partout dans le monde sans avoir jamais, ou rarement, besoin de visas. Aujourd’hui, il est humilié dans son propre pays par les ambassades et les consulats qui lui refusent ce sésame et l’obligent à tenter le diable dans des felouques de fortune.
      Oui il y a des algériens qui réussissent ici et là mais creusez bien et vous trouverez qu’ils sont tous des produits de l’ère Boumediene. Ce dernier avait ses zones d’ombre et elles furent nombreuses mais il avait aussi ses réussites et elles sont louables. Dire que depuis Chadli, il y a eu et il y a des choses qui se font bien c’est tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. C’est du reste ce nationalisme abscons qui est la principale plaie de notre pays car il permet de taire nos tares, de les ignorer, de les combattre au besoin car tout est si bien, tout est si bon sous le ciel azuré de l’Algérie. Offense suprême !
      Aimer son pays Mr Khaled, c’est crier sa rage de le voir échouer si lamentablement, si désespérément. Détester son pays c’est faire ce que vous faites, c’est à dire cultiver une sorte de nationalisme à rabais. Au fait connaissez-vous la chanson ’’Tout va bien madame la Marquise’’. Il m’arrive de temps à autre de la réécouter. Souvent quand je pense à mon pays. Vous devriez en faire autant.
      Sans rancune !

  • Elections du 10 mai : L’Algérie joue- t- elle son destin ? 14 mai 2012 19:39, par Prof. Chems Eddine Chitour

    Bonjour monsieur Khaled

    Je vous remercie d’avoir pris la peine de lire cette contribution et pris aussi le temps de répondre d’une façon aussi intense. Je suis effectivement de l’Ecole algérienne et j’en suis fier. Je dois dans le même temps en honnête courtier décrire avec la rage au coeur ce qui ne va pas !
    Cinquante ans après l’indépendance -nous étions alors tout feu tout flamme- la foi s’est refroidie en rites. Notre espérance pour un monde plus juste avec une jeunesse fascinée par l’avenir s’est muée en résignation. Non nous pouvions mieux faire, n’était ce le tribalisme la ’accabya, et les satrapes qui ont pris en otage les symboles d’un peuple. Sa fierté, ses fondamentaux pour les galvauder ad nauseam. Quel est le jeune qui s’est ce que c’est que l’histoire de ce pays ? quels sont ces mythes fondateurs ? Quelle est l’aura du FLN devenu par la force des choses une rente pour la "famille révolutionnaire" et autres affiliés..
    J’enrage de voir notre pays qui peine à se redéployer j’enrage par ce que je vois, une anomie un pays qui a perdu le sens du travail bien fait, de l’effort de la sueur. La rente a et reste une malédiction . Tant que les gouvernants ne rendent pas compte n’incitent pas à l’effort en donnant le premier exemple eux même. Tant qu’on continuera à ne pas vouloir d’une Algérie unie avec ses repères identitaires, et religieux, rien ne perenne ne persistera. On sen remettra élections après élections à la rente qui couvre notre gabegie . Pendant ce temps là le monde bouge avance et les Algériens voient avec deseperance passer le train du progrès

    Voilà ce que je voulais compléter. Il ne faut croire que je suis résigné ! Depuis quarante ans , je me bas pour former des ingénieurs de qualité en espérant qu’un jour ils reviendront au pays, après le mirage de "l’émigration choisie"

    Cordialement

    Pr.C.E. Chitour

  • Vous le dites trés bien M.Chitour nous sommes assis le "cul" entre deux chaises et pourtant nous avons notre propre identité il suffit de la vouloir .Mais les ennemis de notre HISTOIRE ne l’entendent pas de cette oreille c’est pour celà qu’ils occultent le fait que notre pays est peuplé d’amazighs à plus de 90% et qu’il a un passé aficain et méditerraneen et européen(ne serait-ce que par la colonisation).Comment voulez vous vous diriger si vous ne connaissez pas votre trajectoire.Mathématiquement si on place tous les points anterieurs de notre passé (coordonnées) on pourra effectuer une projection ...el là on ne sais même pas où nous sommes ni dans le temps ni dans l’espace alors....
    Donc construire un projet pour un pays bonjour les degâts Avant l’independance le projet des algeriens était intitulé : devenir indépendant .Une fois independants plus de projet (donc plus d’objectifs ) CAR LE SEUL PROJET (avant- projet)qui existait avait été élaboré lors du Congrés de la Soummam justement pour reflechir sur l’aprés 62...malheuresement les ignares qui détenaient la force en ont décidé autrement .Nous sommes en 2012 et il n’y aura pas de projet en vue pour ces elections.car avec la plus bonne volonté du monde si on ne vise que des objectifs sans que ceux-ci ne fassent partie d’un projet vrai et ficelé celà sera vain et c’est ce qu’ont fait les différents gouvernements depuis 62
    Quant à la relève universitaire (car c’est l’université qui est la base d’un pays ) elle a du retard parcequ’on ne lui a pas donné les moyens ,parcequ’on a arabisé n’importe comment et par n’importe qui etc etc et un retard de 1 an en 2012 equivaut à un retard de 50 ans du 19eme siecle alors si le Professeur ne regarde que la moitié de la bouteille vide c’est qu’il a ses raisons et cela pourrait nous mener à un autre débat qui est celui de la RAISON ISLAMIQUE

 
 
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