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L’Énigmatique Alain Madelin.

J’ai très longtemps hésité pour le titre de cet article entre plusieurs choix possibles, qui trahissent l’opinion que j’ai du personnage. J’ai pensé à « Madelin au trou », « Madelin un traître à la France et à l’Europe », « Madelin la taupe », « Madelin un dangereux inconscient », « Madelin, ou la non-suite dans les idées », « Les autruches ne votent pas pour Madelin », ou encore « Madelin qui êtes-vous au juste, et pour qui roulez vous ? ».

Je crois que n’importe lequel de ces titres aurait convenu. J’ai finalement choisi la modération, avec ce titre, car Alain Madelin est finalement une énigme pour beaucoup d’entre nous, comme il doit d’ailleurs l’être pour lui-même.

Bon, je sais que Madelin a son CAP de tourneur-fraiseur et qu’il est plus ou moins avocaillon raté, mais savait-on qu’il s’intéressait de près aux oiseaux ? Comme il n’arrive pas à se faire élire, à ses heures perdues, Madelin écrit des ouvrages d’ornithologie, car c’est de cela qu’ils doivent traiter compte tenu de leurs titres. Il y a eu « Quand les autruches relèveront la tête » il y a quelques années, et là, il vient de pondre « Quand les autruches prendront leur retraite », à paraître dans les jours qui viennent. C’est cool, je ne savais pas que, ces oiseaux-là, ça prenait sa retraite comme nous. Merci Madelin pour ces précisions qui contribuent à notre édification.

Lui qui rêvait d’occuper un jour l’Élysée, il joue également le rôle de consultant pour Raffarin, grâce à ses introductions avec plusieurs membres du gouvernement, qui avaient fréquenté « Idées-Action », son club de réflexion, avant « Démocratie Libérale ». Il a récemment apporté ses lumières sur trois dossiers : Les allégements de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), inscrits dans le projet de loi Dutreil sur l’initiative économique, qui sont directement issus de la note de 43 pages qu’il avait rédigée. Il a aussi participé, avec Bercy, à l’assouplissement du code des marchés publics. Enfin, il a participé à l’élaboration du projet de loi constitutionnelle sur la décentralisation. Bon, Madelin a aidé le gouvernement pour que les riches soient encore plus riches et nous encore plus pauvres. Ce n’est pas gentil de sa part, surtout quand on connait ses origines sociales très modestes, mais ce n’est pas ce que nous pouvons lui reprocher de pire, on le lira un peu plus loin. Rendez-vous compte en passant ce que ce gars-là peut être confus dans sa tête. Fils d’un ouvrier et d’une femme de ménage il aide à alléger l’impôt sur les grandes fortunes ! Madelin est bourré, archi bourré de contradictions. Il y a des gens qui croient qu’il est intelligent. En fait Madelin c’est une ampoule de 25 watts vissée dans une douille de 200 watts. Un sous-alimenté du bulbe qui se croit illuminé d’idées géniales. En fait d’idées géniales il ne pond que des niaiseries lamentables.

Les lots de consolation de Madelin ne l’empêchent pas d’être nuisible et très dangereux pour ses compatriotes, et je me demande si c’est par méchanceté ou par bêtise. Je penche pour la seconde hypothèse. Tous les Français ont d’ailleurs pu voir sur leurs écrans de télévision Madelin prôner l’invasion de l’Irak et critiquer ouvertement la France, alors que l’opinion publique française, à qui on ne la fait pas toujours, était en masse dans la rue pour protester. Lui, Madelin, il était encore là à contre-courant de ce que pensait son pays, mais ça n’avait pas l’air de le gêner.

Mais parlons de NAI, dont Madelin est un membre très actif, et qui fait de lui un vendu, car c’est le terme qui convient. En mai 1996 a été mise sur pied la « New Atlantic Initiative » (NAI), sous les auspices de l’American Entreprise Institute de Washington. Ses objectifs officiels sont de rénover l’OTAN et d’y intégrer les nouveaux États " démocratiques " d’Europe centrale et orientale, et de créer une vaste zone de libre-échange américano-européenne. Placée sous le haut patronage de Vaclav Havel, Margaret Thatcher, et Henry Kissinger, la « New Atlantic Initiative » rassemble surtout le gratin du Pentagone et du Département d’État. On y retrouve tous les faucons de Bush qui, au travers de cet organe, veulent torpiller l’Europe, et placer leurs pions. Ça a permis notamment aux pays d’Europe de l’Est de faire partie de la coalition de circonstance pour l’invasion de l’Irak, et ça va aider à contrecarrer les projets de défense commune européenne et l’Europe économique. Parmi les membres français de ce lobby, outre Alain Madelin, on remarque des relais d’opinion comme Jean-François Revel, qui déplore dans ses bouquins qu’on n’aime pas Bush.

En œuvrant au sein de la « New Atlantic Initiative », Madelin sert sans vergogne les intérêts américains, au détriment des intérêts fondamentaux de la France et de l’Europe. En plus ce guignol voudrait être élu chez nous ! Non mais, je rêve. Ou plutôt c’est lui qui rêve. Prendrait-il les électeurs français pour des cons ?

Il faudra bien qu’un jour on sache si Madelin c’est du lard ou du cochon. À force de prendre les Français pour des autruches, et de rêver pour eux de les transformer en « Françicains » (je viens d’inventer ce mot grotesque, contraction de Français-Américains pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris), Madelin joue contre les intérêts de la France. Il avoue : "Je n’ai pas de plan", en confiant que s’il décelait "un appétit fort dans l’opinion", il serait "au rendez-vous". Non merci Madelin, restez chez vous, on n’a aucun appétit pour vous demander de nous trahir. Fort heureusement, son étoile a pâli, comme l’ont confirmé ses maigres 3,91 % à l’élection présidentielle. « Son influence est nulle », juge un ministre. « Il n’est pas sorti des schémas néo-libéraux de sa jeunesse. Au mieux, c’est sympathique ; au pire, c’est kitsch ».

Moi, Madelin, je ne le trouve pas sympathique, avec sa tête de bulldog à-la George W Bush et ses « idées » nulles. C’est un Judas sans aucun honneur, un paumé de la politique, qui encombre les allées de la démocratie. Je ne le trouve pas kitsch non plus. Un dinosaure, au pire, qui ne laissera assurément aucun souvenir honorable dans l’histoire de France, même si, un jour, les Américains le citeront comme collaborateur et sympathisant à la grande cause colonialiste du XXIème siècle, dans leur désir effréné de dominer le monde.

Faut-il enfin qu’Alain Madelin soit bête, mais bête à pleurer, pour espérer être plébiscité par les Français, alors qu’il joue ouvertement contre eux. Je suis critique à son égard, sans raisons personnelles. Pourtant j’aurai pu avoir des griefs. Je le connais personnellement. Je l’ai connu alors qu’il était ministre de l’industrie en 1986. Il a torpillé en quelques semaines MFL, pôle français de la machine-outil dont j’étais un des cadres dirigeants. Nous avions pu, avant son intervention, redresser les affaires de la machine-outil française de part le monde. Il a mis fin à l’aventure sans manifestement connaître le dossier, en menaçant gravement l’emploi des 500 salariés et il a, de ce fait, sonné le glas de cette industrie. Comme je le disais, Madelin c’est un perdant qu’il faut, surtout, garder à l’écart d’un quelconque pouvoir. Je l’ai vu à l’oeuvre. Un vrai éléphant dans un jeu de quilles.

Algarath


 
P.S.

Voiçi une liste partielle des membres de la "New Atlantic Initiative", avec qui Madelin complote contre nous.

Elliott Abrams
President, Ethics & Public Policy Center,
Former Assistant Secretary of State

Richard Armitage
President, Armitage Associates L.C.
Former Assistant Secretary of Defense

James A. Baker, III
Former Secretary of State

John Bolton
Senior Vice President,
American Enterprise Institute
Former Assistant Secretary of State

Zbigniew Brzezinski
Former National Security Advisor

Richard Cheney
Former Secretary of Defense

Warren Christopher
Former Secretary of State

Paula J. Dobriansky
Vice President, Director of Washington Office,
Council on Foreign Relations

Bob Dole
Former U.S. Senator

Lawrence Eagleburger
Former Secretary of State

Douglas J. Feith
Managing Attorney, Feith & Zell, P.C.

Francis Fukuyama
Hirst Professor of Public Policy,
George Mason University

Alexander M. Haig, Jr.
Former Secretary of State

Richard Holbrooke
Vice Chairman, Credit Suisse First Boston
Former Assistant Secretary of State

Samuel Huntington
Weatherhead University Professor,
Harvard University

Kenneth Jensen
Executive Director,
The American Committees on Foreign Relations

Robert Kagan
Senior Associate, Carnegie Endowment for
International Peace

Max M. Kampelman
Chairman, American Academy of Diplomacy
Former Counselor, U.S. Department of State

Adrian Karatnycky
President, Freedom House

P. X. Kelley, Gen.USMC (ret.)
Former Commandant of the U.S. Marine Corps

Jack Kemp
Co-director, Empower America
Former Member of Congress

Zalmay M. Khalizhad
Director, Strategy and Doctrine Program
RAND Corporation

Jeane Kirkpatrick
Former U.S. Ambassador to the United Nations

Henry Kissinger
Former Secretary of State

William Kristol
Editor, The Weekly Standard

Melvin Laird
Former Secretary of Defense

Michael Ledeen
Resident Scholar,
American Enterprise Institute

I. Lewis Libby
Partner, Dechert, Price & Rhoads
Former Principal Undersecretary of Defense

Robert J. Lieber
Professor of Government,
Georgetown University

Seymour Martin Lipset
Hazel Professor of Public Policy,
George Mason University

Robert C. McFarlane
Former National Security Advisor

John Melcher
Former U.S. Senator

Walter Mondale
Former Vice President of the United States

John E. Moon
Commander in Chief,
Veterans of Foreign Wars of the United States

Joshua Muravchik
Convenor, New Atlantic Initiative Working
Group on NATO Enlargement
Resident Scholar, American Enterprise Institute

Matthew Nimetz
Partner,
Paul, Weiss, Rifkind, Wharton & Garrison
Former Undersecretary of State

John O’Sullivan
Founder and Co-chairman,
New Atlantic Initiative
Editor, National Review

Richard Perle
Resident Fellow, American Enterprise Institute
Former Assistant Secretary of Defense

William Perry
Former Secretary of Defense

Norman Podhoretz
Editor-at-large, Commentary Magazine
Senior Fellow, Hudson Institute

Colin Powell
Former Chairman of the Joint Chiefs of Staff ;
Former National Security Advisor

Dan Quayle
Former Vice President of the United States

David Rockefeller
Retired banker

William Rogers
Former Secretary of State

Donald Rumsfeld
Former Secretary of Defense

Jeffrey D. Sachs
Director,
Harvard Institute for International Development

Jeffrey T. Salmon
George Shultz
Former Secretary of State

Leon Sloss
President, Leon Sloss Associates

Stephen Solarz
President, Solarz Associates
Former Member of Congress

Helmut Sonnenfeldt
Guest Scholar, The Brookings Institution
Former Counsellor, U.S. Department of State

Robert S. Strauss
Akin, Gump, Strauss, Hauer & Feld
Former U.S. Ambassador to Russia

William O. Studeman, Adm. USN (ret.)
Former Deputy Director of Central Intelligence

Cyrus R. Vance
Former Secretary of State

Ben J. Wattenberg
Senior Fellow, American Enterprise Institute

Vin Weber
Partner, Clark & Weinstock
Former Member of Congress

William H. Webster
Former Director of Central Intelligence

George Weigel
Senior Fellow, Ethics and Public Policy Center

W. Bruce Weinrod
Former Deputy Assistant Secretary of Defense

Paul Wolfowitz
Dean, Johns Hopkins SAIS
Former Undersecretary of Defense

Ronald B. Woodard
President,
Boeing Commercial Airplane Group

R. James Woolsey
Former Director of Central Intelligence

 
 
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