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Le milieu ambiant global devant un carrefour

Le Worldwatch Institute nous dresse un portrait peu reluisant de la situation environnementale mondiale. A quoi s’attend-t-il de la part des États-Unis ?
Traduit de l’espagnol par : Pierre

VIA ALTERNA
Colombie 25-01-2002
LE MILIEU AMBIANT GLOBAL DEVANT UN CARREFOUR
Par : L’Institut Worldwatch

Au commencement de ce nouveau siècle , les tendances du milieu ambiant global sont arrivées à un moment crucial , tel qu’on peut relever dans « La situaciòn del mundo ». Ce travail , traduction d’un rapport du Worldwatch Institute de Washington a été présenté le 5 juin dernier à Madrid. La version espagnole a été co-éditée par la Fondaciòn Hogar del Empleado ( FUHEM ) et Icarìa Editorial .

Selon le rapport de cette année , tous les signes qui mettent en évidence la dégradation accélérée de l’environnement coïncident avec une perte d’intérêt des milieux politiques envers les questions environnementales , de façon que l’on peut remarquer, par exemple, dans l’interruption des conversations sur le changement climatique.

Cet échec met sur la table la question suivante : Est-ce que le monde sera capable de changer ces tendances avant que l’économie souffre d’un dommage irréversible ? Christopher Flavin, président du Worldwatch et co-auteur du rapport, a déclaré : « Les gouvernements ont gâché une opportunité historique pour faire reculer la détérioration environnementale dans la prospère décade 90. Si dans le climat actuel d’incertitude politique et économique les leaders politiques rétrogradaient en ce qui concerne les lois environnementales, ou échouaient à l’heure d’accomplir des accords internationaux décisifs, des décades de progrès seraient anéanties .

De nouvelles évidences scientifiques indiquent que beaucoup d’écosystèmes globaux atteignent des niveaux dangereux, ce qui augmente la pression sur les politiciens. La couche de glace de l’Arctique a diminuée de 42%, et 27% des récifs coralliens mondiaux ont été perdus. De tels chiffres montrent que quelques écosystèmes clés de la planète ont disparu, selon les chercheurs du Worldwatch.

Progressivement, la dégradation du milieu ambiant cause des désastres naturels d’envergure majeure. Ainsi, on constate que dans la dernière décade ces désastres ont coûté au monde plus de 608,000 millions de dollars, l’ équivalent de ce qu’avait coûté les quatre décades antérieures réunies.

Avec beaucoup d’écosystèmes qui courent le risque d’être endommagés à longue échéance, le choix qui se présente aux leaders politiques est historique, même révolutionnaire, dans sa nature. Par leurs décisions, ils auront à opter entre la construction d’une économie soutenable ou bien, on risque que, par une augmentation de la population, l’accroissement de l’effet de serre et la perte de systèmes naturels, achèvent de saper l’économie.

Si l’utilisation de combustibles fossiles ne diminue pas drastiquement , la température de la terre pourrait augmenter , par rapport aux niveaux de 1990 , jusqu’à 6 degrés en l’an 2010 , en accord avec les derniers modèles climatiques . Un accroissement d’une telle magnitude pourrait conduire à une pénurie d’eau aiguë, une diminution dans la production alimentaire et à la prolifération de maladies mortelles comme la malaria et le dengue .

Dans La Situaciòn del Mundo 2001 , on rapporte qu’un signe de déclin écologique de notre planète est le danger d’extinction qui menace des douzaines d’espèces de grenouilles et autres amphibiens. Cette situation est causée par des pressions qui vont de la déforestation à la réduction de la couche d’ozone. Ashley Mattoon, co-auteur du rapport décrit les amphibiens comme des bio-indicateurs très importants, une espèce de baromètre pour mesurer la santé de la terre, dû au fait qu’ils sont plus sensibles au stress environnemental que d’autres organismes.

Le déclin du milieu ambiant a aussi un coût pour les personnes. Malgré de ce que dans la dernière décade la pauvreté a diminué dans beaucoup de nations , 1,200 millions de personnes manquent encore d’accès à l’eau potable et des centaines de millions d’autres respirent un air contaminé . Les pauvres comme ceux des pays comme les Philippines ou du Mexique sont poussés à détruire les forêts et les récifs de corail dans un but désespéré d’améliorer leur niveau de vie.

« La dégradation du milieu ambiant fait que les effets de beaucoup de désastres naturels sont plus graves » affirme Janet Abramovitz co-auteur du rapport. « Seulement dans la période 1998-99, plus de 120,000 personnes moururent et des millions d’autres furent déplacées surtout dans les régions comme l’Inde et l’Amérique Latine. »L’augmentation de la population a fait que les personnes qui s’établissent dans les vallées et dans les collines instables courent le risque de souffrir d’inondations, dans lesquelles la déforestation et le changement climatique a augmenté leur vulnérabilité. Ces situations de risques permanents peuvent causer des désastres comme ceux produits par l’Ouragan Mitch, qui causa une perte économique de 8,500 millions de dollars en 1998 en Amérique Latine, un chiffre comparable au Produit National Brut du Honduras et du Nicaragua.

« Mobiliser la réponse mondiale nécessaire pour tenir sous contrôle les tendances environnementales destructives est une tâche ardue » selon ce que soutient Gary Gardner. « Mais l’humanité a déjà relevé de grands défis, depuis l’abolition de l’esclavage au XIXè siècle à l’obtention du droit de vote chez les femmes au début du XXè siècle. Le changement d’impossible à inévitable peut se faire très rapidement.

L’Islande a lancé un effort pionnier pour produire de l’hydrogène en utilisant sa force géothermique et hydroélectrique. Ce gaz pourrait être utilisé pour produire le combustible des automobiles et des bateaux de pêche. Le projet attire présentement des investissements des grandes entreprises pétrolières et automobilistiques.

Les produits agricoles biologiques qui évitent l’utilisation de fertilisants synthétiques et de pesticides ont atteint une valeur de marché de 22,000 millions de dollars au niveau mondial. L’industrie est la clé du progrès environnemental. L’année passée, William Ford, président de Ford Motor Company, remit en question le futur à longue échéance tant du moteur à combustion interne que de l’automobile privée. De même, sa compagnie dirige ses efforts vers le développement de technologies qui permettraient de nouvelles formes de transport. D’un autre côté, trois compagnies pétrolifères ont annoncé qu’elles allaient aller « au-delà du pétrole », vers une diversité majeure d’investissements énergétiques.

L’année passée, avec l’augmentation simultanée du pétrole, du gaz naturel et de l’électricité, on a rappelé au monde que sa sur-dépendance des combustibles fossiles, centrée géographiquement, constitue une recette pour l’instabilité économique. Dans beaucoup de régions, l’énergie renouvelable est actuellement la source énergétique la plus économique et non inflationniste. De plus, elle peut être installée beaucoup plus rapidement que les trois années que requière l’installation d’une usine de gaz naturel.

Les co-auteurs Hilary French et Lisa Mastny notent que l’échec dans l’accomplissement de beaucoup d’accords internationaux environnementaux rend difficile le progrès sur d’autres fronts. De là que La Situaciòn del Mundo 2001 demande une imposition plus grande des traités et de la coopération Nord-Sud, spécialement entre les pays du E-9 , (environnemental 9), les pays considérés milieu ambiant et économiquement plus influent : Chine, Inde, États-Unis, Indonésie, Brésil, Russie, Japon, Afrique du Sud et l’Union Européenne. « Il faut que la globalisation aille au-delà des relations commerciales et inclue des liens et politiques et de la société civile entre les diverses nations, si nous voulons éviter une catastrophe partagée », selon le rapport.

Un exemple de l’influence potentielle des pays du E-9 est l’ef- fort pour combattre le changement climatique . Ces neuf pays sont responsables des trois quarts du total des émissions de gaz qui provoquent l’effet de serre. Un compromis collectif de la part des pays du E-9 vers de nouveaux systèmes énergétiques pourrait avoir un impact drastique dans le marché énergétique et réduire le niveau de réchauffement global de la planète.

Avant que n’arrive le changement de présidence aux États-Unis( ce livre fut publié dans ce pays au début de janvier ) , Christopher Flavin, président du Worldwatch Institute avait dit : « La perspective d’un nouveau président américain au gouvernement a suscité des doutes à savoir si les États-Unis choisiront d’être un leader ou un empêchement pour le progrès environnemental global dans cette décade. Les États-Unis possèdent la meilleure économie et génèrent le plus grand impact sur l’environnement, de sorte que le signal qu’ils envoient sera crucial ».

Au milieu de l’échec des négociations sur le commerce global en décembre 1999, et de la paralysie dans les négociations climatiques de l’année passée, il est clair que le monde, encore, est à la recherche d’un consensus afin d’asseoir les bases d’une économie environnementale soutenable.

Si les États-Unis reviennent à une vision plus défensive devant les menaces environnementales, ils créeront une absence de leadership. Les négociateurs internationaux se sont montrés préoccupés sur la rhétorique anti-environnementale de la campagne de Bush, mais ils espèrent qu’une fois au pouvoir la nouvelle administration continuera avec le traité climatique et les autres politiques avancées par l’administration de Bush père, il y a une décade.

« La question maintenant est sur le leadership », rajoute Fla- vin. « Est-ce que les États-Unis dirigeront le monde vers une économie soutenable au XXIè siècle, comme ils le firent pendant les crises globales du siècle dernier, ou laisseront-ils à d’autres pays le soin de montrer le chemin vers une économie soutenable en ce nouveau millénaire ? »


 
P.S.

Traduit de l’espagnol par : Pierre Trottier, juin 2003 Trois-Rivières, Québec, Canada
Source : viaalterna.com.co
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