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Ah ! Si j’étais Jeune…

Si j’étais jeune, j’aurais des tas de copains et de copines. J’irai danser les samedis soir, tout en préparant mon bac. Et je travaillerais d’arrache-pied pour entrer ensuite à l’université pour assurer mon avenir. Bref, si j’étais jeune, je ferais tout ce que les jeunes font à cet âge-là et c’est bien normal.

Mais ce n’est pas tout. Si j’étais jeune, je m’engagerais. Pas dans les forces armées de mon pays. Je m’engagerais dans la politique, d’une manière ou d’une autre. Par idéal. Appartenir à un parti politique, être engagé, c’est agir avec d’autres pour le changement. Je m’informerais sur l’Internet. J’y écrirais des messages et des articles, je débattrais avec d’autres. Je voudrais prendre en main mon avenir, sans laisser à d’autres ce soin. Je participerais. Je ne m’en laisserais pas compter. Je ne me complairais pas dans un rôle passif de consommateur. D’abord jeune consommateur courtisé, ensuite consommateur adulte berné. J’irais manifester dans la rue, je m’inscrirais dans des associations. Peut-être en créerais-je une, avec des copains.

Au fil des mois, mon esprit critique s’aiguiserait, se formerait, de plus en plus capable de faire la part des choses. Arrivé très vite à maturité politique je pourrais alors choisir mon camp, pour mener le combat d’une vie. Un combat de jeune socialiste ou de jeune communiste. Je n’essaierais pas seulement de découvrir un nouveau procédé industriel pour déposer un brevet juteux, est-ce vraiment essentiel, j’utiliserais ma créativité pour définir les contours d’une société plus juste, plus égalitaire. Et je passerais une partie de ma vie à lutter pour ce noble idéal.

La démocratie participative est la forme actuelle et future de l’engagement politique. Au-delà de la simple représentation confiée à nos élus. C’est un prolongement complémentaire nécessaire. Que dis je, indispensable. Qui ne participe pas court le risque certain d’être exclu, comme dans le jeu de chaises musicales. Les absents ont toujours tort, c’est bien connu.

Ah ! Si j’étais jeune ! Parvenu au soir de ma vie, je regrette. Je regrette qu’un ancien ne m’ait pas fait la leçon, il y a quarante ou cinquante ans. Je regrette d’avoir trop attendu pour m’engager, même si je m’efforce depuis quelques années de rattraper le temps perdu. Mais comme dit Barbara « Le temps perdu ne se rattrape guère, le temps perdu ne se rattrape plus ».

Alors, vivez si m’en croyez, n’attendez pas demain. Participez à un noble projet social et politique. Informez vous auprès des plus âgés dans votre ville, faites des recherches sur Internet. Et continuez de faire aussi tout ce que les jeunes font. C’est de votre âge et c’est loin d’être incompatible avec une action de militant. Militant, forcément engagé, quel beau nom ! J’en arrive à croire qu’il n’y en a pas de plus beau, qu’aucune vocation ne lui soit plus essentielle. J’aimerais vraiment revenir quelques dizaines d’années en arrière. Si j’étais jeune, je ne lirais pas de façon désabusée cet article. J’allumerais son rédacteur avec des commentaires critiques, pour lui dire ce qu’il n’a pas l’air d’avoir compris. Bref, j’entamerais un dialogue, un début à ma nouvelle raison d’être.

Si j’étais jeune, enfin, je ferais mienne la devise de Pierre Teilhard de Chardin « Rien dans l’univers ne saurait résister à l’ardeur convergente d’un nombre suffisamment grand d’intelligences groupées et organisées ». Méditez-la, ça vaut le coup, c’est avec un tel principe qu’on a viré Louis XVI et le Tsar Nicolas II. C’est la recette miracle pour que des individus isolés, sans force, insignifiants, changent la face du monde où ils vivent et où s’épanouiront leurs enfants.

Algarath.


 
 
 
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