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Le business de l’anti-business

Bienvenue à Business Land, ne vous réveillez pas, vous allez faire baisser les bénéfices.

Dans notre monde moderne où le fric corrompt tout, il est bon de savoir que certains luttent contre la mondialisation, le star-système et le capitalisme.
Alors c’est vrai, j’avoue que j’aime entendre Manu Chao chanter « Me gusta marihuana, me gustas tu », avec son pancho et son bonnet sur la tête. Manu chante le Chiapas tout en prônant la lutte contre les puissants et je danse.
Voir le clip des Rage Against The Machine à Wall Street, qui a dut fermer deux heures pour le tournage me fait sauter dans tous les coins de mon salon.
Et un de mes auteurs préférés est sans nul doute Michael Moore, l’Américain qui dénonce la violence urbaine aux Etats-Unis, les soutiens politiques aux grandes multinationales et les méfaits de la politique économique capitaliste sur les ouvriers et sur la « Base Sociale ».

Ces personnes, et d’autres encore, se font les porte-parole médiatiques d’un « autre monde ». Ce sont les rebelles de notre société moderne. Enfin si l’on peut concilier rebelles et le fait d’être un nanti du système que l’on est sensé combattre. Eh oui, il faut savoir que Manu Chao a gagné 6,17 millions d’euros en 2001 et qu’il s’offre des tournées aux quatre coins du monde. Que le groupe de heavy metal Rage Against The Machine a gagné 60 millions d’euros en dix ans. Et que Michael Moore, qui a tant de mépris pour les riches, a fait 20 millions de dollars de recettes avec son dernier film, en tant qu’auteur, producteur et réalisateur, et qu’il a vendu 500 000 exemplaires de ses livres dans le monde. Que c’est moche la mondialisation ! De plus, il s’est offert un appartement dans un quartier chic de New-York pour la modique somme de 1,9 millions de dollars. Et vous pouvez être sûr que cet argent, il n’a pas quitté leurs poches. Même ceux qui prétendent lutter pour plus de justice sociale en profitent pour se hisser parmi le cadre des privilégiés.

En réalité, nous vivons dans un monde de marché, nous n’élisons pas nos dirigeants, l’argent le fait pour nous, l’argent et le capital dirigent ce monde. Cette planète connaît finalement un impérialisme et une hégémonie sans pareil, celui de la vénalité, pire vice de l’humanité. Même ceux qui luttent contre cet état de fait, même nous, nous ne sommes que le fond de commerce d’autres exploiteurs. Il y a ceux qui exploitent la misère, d’autres exploitent nos idéaux, notre morale et nos espoirs pour nous faire consommer comme les moutons qui peuplent de plus en plus les pays occidentaux. Il ne faut pas rêver, nous sommes tous comptabilisés et étiquetés. Je suis sûr que j’apparais dans un bilan comptable truqué ou dans un rapport de parts de marché. Quel pourcentage des bénéfices de la World Compagny est-ce que je représente ? Et vous ?

Démosthène.


 
 
 
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