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Canicule : La température monte.

Ah ! Il est occupé Mattéi depuis qu’il est rentré bien bronzé de vacances. Oui, mais à quoi ? À essayer de sauver sa tête, pardi ! À quoi ça peut bien s’occuper un ministre de droite ?

« Mais c’est pas de ma faute ! C’est les 35 heures, ce sont mes services qui ne m’ont pas averti à temps, et pourtant j’en ai des services qui sont payés pour ça : Les statisticiens de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris qui doivent prévenir des hausses anormales de décès, l’Institut National de Veille Sanitaire qui doit lui aussi prévenir, et enfin la Direction Générale de la Santé qui m’assurait le 11 Août que la situation était maîtrisée, alors que rien n’allait. Que voulez-vous, si je ne suis pas tenu au courant, je ne peux intervenir à temps. Je ne suis ni coupable, ni responsable ».

Eh oh Mattéi ! Ils dépendent de qui ces statisticiens, et ces services ? De ton ministère, mon pote, t’en est donc responsable de A à Z, et s’il y a dysfonctionnement, c’est pour tes prunes mon gars. Il y a des gens pour qui le poste de ministre est une occasion de servir les populations, et d’autres, comme Mattéi, qui trouvent que ça fait beau sur une carte de visite.

D’ailleurs tout ce beau monde a tiré sa sonnette. Pas très à temps, mais quand même, comme l’indique le déroulement chronologique suivant :

- Mercredi 6 Août : Les chiffres de mortalité de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris augmentent de façon visible et alarmante. Personne ne bouge son cul. Quant au ministre Mattéi, il se bronze au soleil et les premières centaines de victimes remplissent les morgues.

- Vendredi 8 Août : Communiqué de la Direction Générale de la Santé, qui prévoit alors des centaines de morts à venir, en plus de ceux qui ont déjà succombé. C’est le week-end, faut pas déconner, on verra ça lundi, le ministre va au restau et peaufine son bronzage.

- Dimanche 10 Août : Forte alerte lancée par les urgentistes. Toute la France connaît le problème. C’est le cinquième jour, mais le ministre préfère continuer à se bronzer, car maintenant qu’il est bien bronzé devant il faut faire le derrière et les côtés, comme bonbonne. Quoi, merde, c’est pas parce qu’on est ministre qu’on n’a pas le droit à un bronzage comme les autres. C’est qu’il est fatigué Mattéi, à force de se reposer. Les vacances, c’est usant ! Faut se reposer car à la rentrée il va falloir refaire des coupes claires dans les budgets de la santé. Pas le choix ! c’est, ou çà, ou augmenter d’une infinitésimale valeur les prélèvements payés par les patrons.

- Lundi 11 Août : La DGS, par l’intermédiaire de son directeur Lucien Abenhaïm, indique au Ministre Mattéi que la situation est maîtrisée. Elle déclenche le plan d’action chaleur extrême. Mattéi est heureux. Ses services font le boulot et lui peut se reposer. Il ne rentre toujours pas diriger le plan d’urgence.

Sept longs jours, au moins, avant de se lever le cul de la plage et de ranger son flacon d’ambre solaire. Faut dire qu’on ne t’avait pas prévenu, hein Mattéi, ce qui fait que tu prétends avoir ta conscience pour toi ! Sept longs jours et des milliers de pauvres vieux qui sont morts cuits par la chaleur, alors qu’on leur refusait l’assistance élémentaire, l’air conditionné, les soins pour les sauver. C’est un cas de non-assistance à personnes en danger à l’échelle nationale, un scandale pour notre société, la honte d’une république de j’en-foutres.

Cette lamentable affaire, où les chiffres sont passés à 5000 pertes en vies humaines, ou plus, est un énorme scandale politique, pour lequel les responsables à tous niveaux doivent payer. On veut les têtes de ceux qui ont permis ce carnage, à commencer par le ministre Mattéi, Lucien Abenhaïm qui a déjà démissionné, mais aussi le directeur de l’Institut national de Veille sanitaire (InVS), Gilles Brucker. Et il faut une enquête parlementaire pour déterminer les responsabilités et faire que cela n’arrive plus jamais.

À défaut de mettre de l’ordre dans ce bordel, la prochaine vague de chaleur tuerait encore des milliers de personnes, et ce serait une autre occasion pour Raffarin de prétendre que lui, il a fait son boulot. Guignol, va ! Tout ce qu’il a trouvé pour s’excuser c’est de promettre un pourboire à ceux qui se sont défoncés au bas de l’échelle hiérarchique pour pallier, au mieux et sans moyens, les carences du gouvernement. Eux en ont sauvé des vies, qui seront encore en grand danger quand le thermomètre fera des siennes la prochaine fois. Sauf si on évacue ce gouvernement incompétent là où il le mérite. Le site d’Oulala, dans un souci d’interactivité, une première sur le Net, laisse à ses lecteurs le choix de l’endroit où il convient de le reléguer, le gouvernement à Raffarin.

Aux dernières nouvelles Chirac, qui a trouvé cet épisode estival "abracadabrancaniculesque", ce qui l’a épuisé après les nombreuses réformes pseudo salutaires et urgentissimes qu’il a initiées, vient de demander à Roseline Bachelot d’écrire un fascicule à l’usage de ceux qui voudront se préserver des fortes chaleurs à l’avenir. Elle avait bien réagi à temps, elle, en lâchant une perle qui devrait rester dans les annales de la connerie, et ses confrères des ministères sont admiratifs pour sa lucidité, alors qu’eux n’ont rien vu venir. Mais son conseil de garer leurs bagnoles à l’ombre n’a pas marché pour les milliers de personnes âgées qui sont mortes pendant la canicule, nos aînés les plus démunis qu’on devait protéger. Depuis quand les petits vieux retraités ont-ils les moyens d’avoir une voiture, avec le maigre viatique que le gouvernement des riches leur laisse pour subsister.

Je ne suis pas un professionnel de la santé, mais je peux donner ce conseil au gouvernement. La prochaine fois faites de la prévention et construisez des annexes climatisés dans les hôpitaux, avec des lits et des moyens d’urgence pour accueillir des gens dont la température oscille entre 40 et 43 degrés. Pour soigner l’hyperthermie il faut baisser la température du corps. Comme avec un frigo, et je ne fais pas allusion, moi, au frigo des morgues.

Algarath.


 
 
 
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