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Bush : Mission accomplie.

Un des chefs de l’opposition démocrate a récemment qualifié Bush de « lamentable échec », ce qui est, vous en conviendrez, une appréciation insultante bien modérée pour un président qui rate rigoureusement tout ce qu’il entreprend, du moins pour un observateur naïf. Mais pour ceux qui ont capitalisé sur Bush, et qui tirent de son élection des profits énormes, Bush n’est pas un échec mais un franc succès.

Arrivé au pouvoir présidentiel début 2001, en volant une cinquantaine de milliers de voix en Floride grâce à son frère Jeb et à la cour suprême, véritable repaire de conservateurs républicains, Bush passe relativement inaperçu pendant les premiers mois de son règne. Médiocre orateur à l’esprit embué, il collectionne les perles et n’est guère pris au sérieux, et c’est pendant ces premiers mois qu’il élabore son programme. Il lui faut une doctrine. C’est là qu’il va adopter à la lettre celle d’une poignée de neo conservateurs, qui ont servi Reagan et qui avaient tout tenté, sans succès, pour vendre leurs idées foireuses à Clinton. Il écoute le chant des sirènes de ces dangereux idéologues, au nombre desquels Rumsfeld, Wolfovitz, Perle, et Libby. Leur idée, c’est de créer le chaos pour prendre les pleins pouvoirs, imposer les valeurs américaines partout dans le monde, y compris dans les pays musulmans. Cette idéologie colle à merveille avec quatre autres impératifs : Ceux de satisfaire le lobby pétrolier, le lobby militaro-industriel, le lobby juif, et de satisfaire l’appétit du gain de tous ceux qui vont désormais tremper dans l’association de malfaiteurs la plus importante jamais vue aux Etats-Unis, qui en a pourtant connu bien d’autres. Il choisit son vice-président, Dick Cheney, et Condoleeza Rice, car ils viennent du milieu pétrolier.

Quels vont être les politiques et les objectifs pour que tout ce beau monde y trouve son (énorme) profit ? : Faire la guerre va satisfaire le lobby militaro-industriel, en décuplant les dépenses militaires. On fera donc la guerre aussi souvent que possible, mais à qui ? À l’Afghanistan pour faire passer un pipe-line, à l’Irak pour s’accaparer le pétrole et agir sur les cours et la politique de l’OPEP. Mais l’Amérique ne voudra pas faire tuer ses soldats et dépenser ses milliards de dollars, alors on laisse faire les attentats du 11 septembre. On les lie à des terroristes musulmans ce qui convainc les Américains et donne une certaine légitimité face à l’opinion internationale. Et comme le lobby militaro-industriel américains tire aussi d’énormes profits en vendant des armes à Israël, on n’y veut surtout pas la paix. Powell invente le concept de la « feuille de route » et Sharon s’arrange pour éliminer le Hamas et pour que le modéré Abbas soit viré par l’Autorité palestinienne. Retour à la case départ en Palestine.

« Pourvu que ça dure » disait la mère de Napoléon. En politique, ça veut dire être réélu pour avoir accès au jackpot deux fois plus longtemps. C’est ce à quoi Bush s’emploie actuellement, en réduisant les taxes pour son électorat républicain de base, quitte à hypothéquer dangereusement les finances du pays. Les dépenses militaires énormes relancent un peu la croissance. Avec une majorité des votes juifs en 2004 et le magouillage électoral, Bush compte bien être réélu.

Bush, un lamentable échec ? De notre point de vue, sûrement. Pas de celui de ceux qui feront tout pour qu’ils continuent à se goinfrer. Bush fait très bien le boulot pour lequel il a été choisi. Pas si con qu’il en a l’air le texan ! Et il a de qui tenir. Papa Bush a toujours bien servi ses maîtres. Son rejeton le fait aussi, sans brio et sans classe, mais tout aussi efficacement.

Ce qui devrait faire prendre conscience aux plus naïfs que la politique, principalement à droite de l’échiquier politique, est un big business, qui poursuit les mêmes buts que les autres investissements du grand capital. Vendre des armes en quantité considérable à l’échelle planétaire, ou contrôler les flux de pétrole en réalisant au passage d’énormes profits, sont des objectifs ambitieux mais infiniment rentables, qui nécessitent la mise en place de politiciens véreux qui savent camoufler leurs desseins sordides sous un vernis cynique. Avec Bush, c’est armes et pétrole, avec une grosse louche d’aide à Israël et des réductions d’impôts pour les riches. On peut dire que Bush roule pour l’argent, contre le peuple.

Chirac est moins ambitieux, mais lui aussi, il roule pour l’argent, contre le peuple. Il nous faut faire un constat effarant : Bush a finalement tué moins de civils Irakiens que Chirac n’a tué de petits vieux pendant la canicule : 8000 irakiens contre 13,000 personnes âgées. Et ça a coûté bien moins cher à Chirac. Pas besoin de blindés, de bombes, ou de fusils. Seulement de l’irresponsabilité criminelle et de la cynique indifférence. Avec en prime, comme à l’habitude, un sourire niais et une tronche de circonstance, avec trois semaines de retard, ce qui disqualifie le guignol.

Algarath.


 
 
 
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