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Vous avez demandé la police ou la gendarmerie ?

Voilà une période propice à tous les excès : la campagne électorale. (Encore que, les excès, me dira t’on, n’ont pas besoin de prétexte.)

Elle commence tôt, il est vrai, (la campagne) dans le domaine de la contestation et de la surenchère s’entend. Les candidats, eux, sont plus lents à se déclarer... officiellement. Hypocrite et fier de l’être, le candidat est comme une belle pisseuse effarouchée et vierge : il se fait prier. Il oublie, certes que la prière du soir n’est plus le sport favori dans les chaumières et que, pour la plupart des manants qui se lèvent tôt ou se couchent tard, qui travaillent à la chaîne ou qui sont tâcherons, la déclaration de candidature de l’ex candidat potentiel ne fait pas partie des préoccupations majeures. Il la juge, si tant est qu’il porte un jugement de valeur sur cette gymnastique de stratégie électorale, aussi préoccupante pour lui que peut l’être la perte de sa dernière molaire. C’est dire.
Ce qui préoccupe le quidam qui sous son air désinvolte réfléchit et parfois vote, aussi, c’est sans aucun doute les désordres nés de ces candidatures tardives et hésitantes.

Or donc, accoudé à sa fenêtre, quelle ne fut pas la surprise du syndicaliste de base, plus habitué à s’en prendre plein la cafetière lors des manifs en tout genre qu’a être complimenté par la gendarmesque engeance veillant sur le bon ordre de la nation ; quelle ne fut donc pas sa surprise de voir que dans la rue, ceux qui d’ordinaire donnaient de la matraque et du bâton (voire du talon) défilaient en rang d’oignon en signe de contestation et pour des revendications pas si éloignées de celles qu’il eu pu défendre, aussi.

Il y a de quoi se taper le cul par terre tout en révisant ses manuels d’histoire afin se rechercher quelques références qui nous éviteraient de sombrer dans le chaos ! Les pandores qui battent le pavé : pour une première c’est une première ! la Grande Muette se lâche et le Ministre rappelle à l’ordre. Mais le mal est fait. Rien ne sera plus comme avant.
(Rassurons-nous en pensant que l’on disait cela, aussi du 11 septembre : "rien ne sera plus comme avant", ce qui est une ânerie avérée. Si, tout est comme avant, rigoureusement comme avant !)

Les flics, les pandores et demain peut être les CRS ? La rue est à tout le monde, certes, mais il est des fois où en qualité de militant, de syndicaliste ou d’homme du peuple tout simplement, on n’aimerait pas la partager avec n’importe qui ! Il ne viendrait pas à l’idée du prolo de base d’aller verbaliser au carrefour, pas plus qu’il ne lui prendrait celle de régler la circulation à la première inersection venue !

Alors de grâce ! Si chacun s’évertue à brouiller les repères de l’autre, comment voulez-vous que l’on s’y retrouve à la fin ?

De la fin, parlons-en : déjà que ceux qui devraient être en prison nous gouvernent si ceux qui devraient maintenir l’ordre se mettent à le troubler, on glisse lentement vers l’anarchie ou pire, la déliquescence qui est l’antichambre de la chute... finale.

Chacun excusera l’incohérence de ces propos ou leur manque de clarté, mais les repères me font défaut ce jour et j’ai de plus en plus l’impression, confronté à la radio du matin, d’avoir raté un épisode essentiel.


 
 
 
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2 commentaires
  • Cet article est intéressant. C’est vrai, si les personnes chargées de maintenir l’ordre public se mettent à le troubler, où va-t-on ? C’est bien l’idée maîtresse du texte ? Personnellement, je me pose d’autres questions. Je vois les choses sous un autre angle.

    Les vrais questions qu’il faudrait se poser sont autres, mais pour cela, il faudrait ne pas être purement et simplement "anti-flic" !

    Les vrais questions sont : pensez-vous qu’aujourd’hui, il existe réellement les moyens nécessaires pour faire appliquer les lois, pour maintenir l’ordre et la sécurité (les spécialistes diront sûreté) publique ?
    Vous sentez-vous vraiment en sécurité ?
    Pensez-vous réellement que les forces de l’ordre ont vraiment la possibilité de rester FORCES de l’ordre ?
    Pensez-vous que les moyens humains, matériels, techniques, légaux, sont réellement adaptés aux risques et aux problèmes actuels ?

    Ne pensez-vous pas que, pour le bien, la sécurité et la paix publique, il faudrait peut-être penser à faire évoluer tout cela ?

    Vous êtes réellement convaicus que les policiers ou les gendarmes interviennet souvent après la bataille parce qu’ils ont peur de la livrer, ou qu’ils ne veulent pas s’embêter ?
    Vous êtes réellement convaincus qu’ils laissent volontairement la délinquance et la criminalité augmenter ?
    Vous pensez vraiment qu’ils ne veulent rien faire par choix personnels et que tous nos commissariats et nos brigades sont remplis d’incompétents ?
    Vous êtes réellement sûrs qu’ils ont les moyens pour agir ?

    Ces questions, je vous les poses car je suis concerné. Je suis gendarme.

    Si nous avons revendiqué (je ne parle pas de manifestation car, contrairement à ce que vous dites, nous n’avons pas envahi les rues, nous n’avons pas fait de manifestation, nous n’avons rien cassé et nous n’avons causé aucun trouble à l’ordre public, en tout cas en ce qui concerne la gendarmerie), c’est parce que nous avions envie de pouvoir travailler. Nous avions envie d’être éfficaces. Nous avons tous une mission profondément inscrite dans notre coeur : protéger les citoyens, lutter contre le "mal", faire appliquer les lois, garantir les droits et les libertés de chacun, sans distinction. Nous avons tous le même rêve : un monde sans délinquant, sans criminel, un monde qui n’aurait plus besoin de nous. Plus d’affaires "DUTROUX", plus d’affaire "OMAR..." plus d’affaire "ELF" , plus d’affaire "MARION" ...

    Cela ne se fait pas tout seul. Mais manifestement (et vous n’êtes pas le seul), vous pensez juste que notre inefficacité est dûe à notre inaction. Vous n’avez jamais pensé que cela serait peut être dû au fait que nous n’avons pas les moyens ...

    Si les citoyens avaient revendiqué pour demander que la justice puisse réellement être efficace et appliquée, si les gens s’étaient révoltés contre les difficultés vécues par les personnes chargées de les protéger, alors nous n’aurions pas eu besoin de le faire nous même.

    Notre action est dûe, en partie, à votre inaction.

    Les choses commencent à s’arranger pour nous, mais nous sommes encore loin d’avoir atteint le minimum nécessaire.

    Alors, au lieu de philosopher sur des sujets que vous ne comprenez manifestement pas, ou que vous ne voulez pas comprendre par conviction personnelle (anti-lois, anti-flics, non ?), essayez d’ouvrir les yeux et de vous attaquer aux vrais problèmes.
    Le problème n’est pas que les "flics revendiquent". Le problèmes est : pourquoi revendiquent-ils ???

    Enfin, je me dis que cela vous aura servi à vous occuper quelques minutes. Pendant ce temps là, vous n’étiez, potentiellement, pas un délinquant...

    Bonne chance à vous.

  • > Vous avez demandé la police ou la gendarmerie ? 28 mai 2004 12:11, par Une épouse de gendarme

    Avant de parler et d’en écrire des lignes, il faut comprendre la motivation des gendarmes. En parler avec eux n’est pas interdit, malgré tout "la grande muette" est ouverte au plublic. Vous parlez, eh oui encore, des repères qui se perdent, pensez a celui qui veille sur votre sécurité de jour comme de nuit, sans le matériel adéquat, avec des heures de travail à rallonge, la semaine des 35 heures quelle blague. Ce n’est pas pour eux. Pensez y, recherchez le renseignement sur la vie d’un gendarme, sur la vie de l’épouse, de la famille. Je crois qu’avec un minimum de renseignement sur le sujet, vous pourriez dicerter sur le sujet de manière plus objective.
    une épouse de gendarme.

    Voir en ligne : Vous avez demandé la police ou la gendarmerie ?

 
 
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