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La peur comme programme électoral

Il y a dix candidats à la course à l’investiture démocrate pour l’élection de 2004 aux Etats-Unis. Un grand nombre qui va sans nul doute diviser les esprits et surtout épuiser les ressources face à un bush toujours plus riche et puissant.

Parmi les dix prétendants, deux challengers se dégagent du lot, Howard Dean et Wesley Clark. Dean est un homme de gauche, qui a toujours lutté contre la guerre en Irak, se faisant le porte-parole des anti-guerre. Une position qui lui assure le soutien d’une importante majorité des membres du parti. En face, Clark, « jeune » militaire retraité de 58 ans, était le commandant des forces de l’OTAN au Kosovo. Selon les experts électoraux, il est le seul a pouvoir représenter une alternative crédible à Bush, lors d’une campagne qui s’annonce déjà placée sous le signe de la lutte antiterroriste et de la sécurité nationale, et a le soutien des chefs de file du parti à la chambre des représentants et au Sénat. Lui seul peut convaincre les indépendants. Mais il y a aussi John Edwards, Bob Graham, Dennis Kucinich, John Kerry, Richard Gephardt, Joseph Lieberman et les Afro-américains Al Sharpton et Carol Moseley-Braun.

Mais à dix contre un, on peut quand même parier sur Bush. Car, de manière réaliste et cynique, on peut dire que l’actuel gouverneur des Etats-Unis (n’ayant pas vraiment été élu, je ne peux pas lui donner le titre de président) n’a fait depuis les attentats du 11 septembre que préparer son élection (là aussi je ne peux pas dire réélection). Une seule politique : « flanquer une trouille monstre au pays ». Et cela s’est vu dans chacun de ces discours, dans toutes ces interprétations des rapports de la CIA ou dans sa conception manichéenne du monde. La stratégie est simple mais efficace et constitue de fait un véritable chantage au patriotisme.

Et c’est à cause de ce chantage que les démocrates ont toutes les chances de perdre les élections. Car à la suite de septembre 2001, l’opposition a joué à un jeu dangereux, celui de l’union nationale. A vouloir faire bloc avec son président dans « un moment de crise nationale », ils ont largement déçu une partie de leur électorat anti-guerre et attachée à ces libertés individuelles. John Ashcroft et Tom Ridge [1] ont ainsi réussi à faire passer de nombreuses lois liberticides ou de pure répression sans la moindre protestation ou opposition des démocrates. Aux yeux de l’opinion publique, ils ont été trop mou face à un gouvernement qui voulait donner l’impression de se préoccuper de la sécurité du pays.

Mais leur principal désavantage, c’est que le camp de l’opposition manque cruellement du nerf de la guerre, car aux Etats-Unis, comme de plus en plus en France, le vainqueur n’est pas celui qui a su présenter le meilleur programme ou celui qui est le plus honnête. Non. Le gagnant est celui qui a le plus de financement pour élaborer une grande campagne électorale à travers la télévision, les radios et la presse. Campagne qui par tradition aux USA se préoccupe plus de ternir l’image et de diffamer son adversaire que de présenter une quelconque politique novatrice. Et pendant que les dix prétendants du parti démocrate épuiseront leurs caisses pour la campagne à l’investiture, Bush lui gardera son pactole de 170 millions de dollars pour la véritable course face à son principal opposant, une fois celui-ci désigné. Et à ce moment là, le déséquilibre sera total, entre un magnat du pétrole multimillionnaire et un candidat fauché dont le parti ne pourra quasiment pas le soutenir financièrement.

Alors face à ce « président » ( ça me fait quand même du mal d’utiliser ce mot), maître d’une propagande patriotique et vecteur de peur, se plaçant dans la position du protecteur de la liberté et de la Démocratie, libertés qu’il est trop content d’enlever à son peuple et démocratie qu’il bafoue à la première occasion, soutenu par une partie de la population aveugle qui lui trouve toutes les excuses possibles. Car il faut savoir que, encore aujourd’hui, et même après que l’autre idiot de la Maison Blanche l’ait publiquement démenti, 70% des américains croient encore que Saddam Hussein était affilié avec des terroristes d’Al Qaeda et que la guerre en Irak a été conduite pour cette raison. Alors à moins d’un scandale de l’ampleur du Watergate, G.W a toutes les chances de tenir les rênes du pouvoir jusqu’en 2008. Avec tout ce qui est à craindre pour notre pauvre planète.

Mais Bush a beau clamé qu’il protège les libertés des américains, il leur a en réalité enlevé leur principale. Car comme l’a dit George Washington, « La plus grande de nos libertés est celle qui nous délivre de la peur ». Et nous vivons dans la peur.

Démosthène.


Notes

[1Respectivement Attorney General et ministre de la sécurité du territoire


 
P.S.

Illsutration : René Bouschet

 
 
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1 commentaire
  • If you are interested in an article on how the governments continues to victimize it’s minority citizens.
    How America physically and socially pushes it’s minorities into a prison industry.
    How the American Civil Rights Bill is about to expire and Bush and the governmental powers have no interest in assuring minority rights.
    How V.P. Chaney is involved in the rebuilding of iraq for profit. And how a profit of Trillions of barrels of oil.

    If you are interested please mail me
    Glenda J. Bronner
    584 W. Thornton St.
    Akron OHio 44307

    The Civil Rights Bill is 39 yrs old.
    How come Federal Representatives can vote and pass pay raises in less than 6 hours. But can not pass a Civil Rights Bill in almost 40 years.

    The European, Asian, and South American governments should levy sanctions against my country ( much like the world did to S. Africa.

 
 
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