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Fritz Haber.

L’histoire, qui souffre parfois d’amnésie, n’a pas trop retenu son nom. Il faut dire que Fritz Haber, brillant chimiste allemand, ne fut pas à proprement parler un bienfaiteur de l’humanité. Il est l’inventeur du gaz moutarde qui fit des milliers de morts pendant la première guerre mondiale, et c’est aussi lui qui aura eu le triste privilège de découvrir le gaz Zyklon B, qui tua des centaines de milliers de gens dans les camps de concentration nazis.

Le 2 juillet 1917, à Ypres, le gaz moutarde, inventé par Fritz Haber et baptisé « ypérite », cause, en trois semaines, davantage de pertes parmi les troupes franco-anglaises que toutes les attaques de l’année 1916. Ce liquide huileux, qui dégage une odeur légèrement piquante, provoque des brûlures accompagnées d’éruptions cutanées, de fièvre et d’infection broncho-pneumonique. Au terme de la Première Guerre mondiale, le bilan est éloquent : sur 1 360 000 combattants gazés, 94 000 décéderont.

Fritz Haber gagne une année de salaire supplémentaire comme prime, pour sa découverte du gaz moutarde, et perd sa femme Clara, chimiste comme lui. Elle se tire une balle dans le cœur, ne pouvant supporter que son mari passe son temps à créer des armes de mort. Nullement inquiété après-guerre pour ses travaux, il se vit au contraire attribuer, en 1919, le Prix Nobel de chimie pour de précédentes recherches sur le nitrate.

C’est encore lui qui, en 1920, inventa le fameux zyklon B, utilisé par les nazis dans les chambres à gaz. Ironie de l’histoire, mort en 1934, il ne sut jamais que sa découverte envoya ad patres des millions de Juifs comme lui, quelques années plus tard. Converti précédemment au catholicisme, Fritz Haber devint sioniste en 1933, un an avant sa mort. On garde de ce personnage ambigu, un surdoué des inventions maléfiques, le souvenir de quelqu’un qui fût capable du meilleur comme du pire.

Algarath.


 
 
 
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