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French Bashing : Les plus cons ne sont pas ceux qu’on croit.

Les temps de crise sont des révélateurs, car les individus les plus méprisables, les plus bêtes et les plus vils, peuvent alors donner libre cours à leurs instincts les plus bas et les plus primaires. Ça ne rate jamais. Mettez un capo dans un camp de concentration, il fera du mal par sadisme, profitant du moment. Laissez un soldat dans la ville après la prise de Berlin, il violera même des enfants, sûr de l’impunité.

Bien moins grave cependant mais de même nature, la crise irakienne a déclenché ce qu’on appelle le « french bashing » aux Etats-Unis, ou la raclée à la française. Tout l’humour douteux de ces gros ploucs d’Américains s’exerce à nos dépends dans cette nouvelle forme d’ethnocentrisme critique. On ressort les phrases foireuses, comme celle du Général Patton qui disait lors de la seconde guerre mondiale : « J’aime mieux avoir une division allemande devant moi qu’une division française derrière moi ». Le sénateur McCain, « héros » pour le moins contesté du VietNam, et qui fourre son nez de fouille-merde de politicard manqué partout, d’en rajouter : « Vous savez, les Français me rappellent un peu une actrice vieillissante des années quarante qui aimerait se faire inviter pour son look, mais qui n’a plus la jolie gueule qu’il faut pour dîner gratis ». Et le commentateur-vedette de télévision Jay Leno, désespérément à la recherche d’un effet facile pour son audimat, de s’exclamer : « Je ne sais pas pourquoi les gens sont surpris que la France ne nous aide pas à virer Saddam de l’Irak. Après tout ils ne nous ont pas aidé à virer les nazis hors de France ». Gros rire garanti sur le plateau, ce qui était bien-sûr l’effet recherché. Tous ceux qui cherchent des flatteries faciles en Amérique enfourchent allègrement ce nouveau moyen de se faire des admirateurs, sur le dos des petits Français à bérets et à baguette sous le bras.

Je pourrais vous citer des dizaines de phrases semblables, qui traduisent le ressentiment de certains Américains à notre égard. L’attitude manichéenne de l’administration Bush « qui n’est pas avec nous est contre nous », a incité les plus cons à en rajouter. Une certaine presse, menée par Rupert Murdoch, fait ses choux-gras de ce genre d’attitude. Ça fait vendre ses torchons, lus par le lectorat le plus con et le plus haineux de la planète, aux quatre coins du globe.

Les Américains, qui ne comprennent que le langage de la force et la légitimité du plus fort, nous reprochent de nous comporter encore comme un grand pays, alors que tout leur indique que nous sommes des nains, aux plans militaires et économiques. Même Jospin reprochait récemment à Chirac d’avoir un comportement hautain qui incitait à ce genre de ressentiment américain. Plus récemment, la décision de la Mairie de Paris de décerner à un tueur de flic américain le titre de citoyen d’honneur de la ville a provoqué un tollé outre-atlantique.

Quoi qu’il en soit, les enjeux planétaires et les menaces, dont la liste est longue, auront besoin pour leur solution de la coopération des grandes démocraties. Alors que s’y emploieront des responsables sérieux, la strate fangeuse des lecteurs de Rupert Murdoch gloussera encore bêtement du sport sans risque de « french bashing ».

Ce qui me gêne le plus dans ce phénomène, ce n’est pas qu’on se moque de la France, c’est la crasse bêtise de ceux qui s’en rendent coupables. Ça m’attriste sincèrement qu’une partie de l’humanité en soit encore à ce pré-stade de développement. Et les Américains, qui se croient malins de rire à bon compte des Français, seraient moins fiers s’ils comprenaient qu’ils sont les victimes de la manipulation de ceux qui leur font payer le prix fort de cette guerre. Des milliards de dollars à raquer et deux soldats morts par jour, sans compter les milliers de blessés, pour une minorité de politiciens véreux et des neo conservateurs vendus au Likoud, donc en fait à un pays-tiers.

Faut-il être bête, mais bête, pour un Américain moyen de se livrer au « french bashing » au lieu de tout simplement faire l’effort intellectuel pour ouvrir les yeux, pour être, un instant, moins con et bien moins ridicule.

Algarath.


 
P.S.

Illustration : Emma

 
 
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