Galouzeau de Villepin, profession : Social Killer,

Galouzeau de Villepin, profession : Social Killer, par Antonio Molfese.

Les jeunes, étudiants et lycéens, manifestent depuis un mois. Des millions de personnes, lycéens, étudiants, salariés, retraités, sont descendues dans la rue pour réclamer le retrait du CPE, et désormais de la totalité de la loi soi-disant destinée à promouvoir « l’égalité des chances. » Mais pourquoi Galouzeau de Villepin se cramponne-t-il au CPE ? Que cache un tel acharnement à défendre un texte dont 70% des français ne veulent pas ? Quel visage de la politique et de l’idéologie libérale le CPE laisse-t-il entrevoir pour l’avenir de la France ? Que se passera-t-il si nous ne luttons pas contre le CPE et n’obtenons pas son retrait ferme et définitif ? Question subsidiaire : comment peut-on encore s’appeler Galouzeau de Villepin au XXIème siècle ?

UN PEU D’HISTOIRE

Il était une fois un nouveau Premier Ministre... En ce beau mois de mai 2005, Dominique Galouzeau de Villepin croyait être l’homme de la situation. Sa prise de fonction après le lamentable échec de Raffarin s’annonçait sous les meilleurs auspices : les médias enchantés par le poète technocrate, le pourfendeur onusien de la guerre en Irak, l’éphèbe bronzé aux cheveux d’argent, lui déroulaient le tapis rouge médiatique. C’était l’époque des « Cent jours » salvateurs qui allaient réveiller la France, diminuer le chômage, porter la croissance aux nues, redonner de l’espoir.

Galouzeau de Villepin croyait être celui par qui le libéralisme arriverait en France, dans ce pays soi-disant malade d’archaïsmes, de frilosité, de rigidités, d’immobilisme, qui venait de se payer le luxe de voter massivement non au Traité Constitutionnel Européen le 29 mai 2005, après avoir voté contre la droite aux élections régionales et aux élections européennes de 2004, et protesté massivement dans la rue contre la réforme des retraites de Raffarin en 2003.

Galouzeau de Villepin, voulait mettre tous les atouts de son côté. Il commença par négocier avec les médias compatissants le raccourcissement de son nom en « Villepin », tellement plus peuple et moins hautain. Il s’autoproclama « gaulliste » et « social » et s’arrangea pour que les médias répercutent à l’envi ces qualificatifs apparemment si rassurants. Il se créa de toutes pièces un statut de « présidentiable », rivalisant de joggings et de baignades pour damer le pion à son vil rival Sarkozy, misérable libéral extrémiste dont il voulait qu’on le croie si éloigné. Il obtint des médias tout cela et bien plus encore : lui qui n’avait jamais été élu par le peuple, mais seulement désigné technocratiquement par un Chirac en bout de course, profita avec son gouvernement de la même clémence médiatique qu’une majorité fraîchement élue, comme s’il bénéficiait d’un quelconque élan populaire. Il était Celui en qui la France voulait, devait croire, et les sondages ne manquaient pas pour confirmer son aura et son charisme ...

Bref, Galouzeau de Villepin y croyait et s’y croyait déjà. Avec le courage qui caractérise un homme de droite soucieux de réformer son pays démocratiquement, il décréta avant l’heure « l’urgence » dès sa prise de fonctions, et fit passer par ordonnances des mesures ultralibérales, dont le Medef, ainsi que l’aile dure de la droite, rêvaient depuis si longtemps. Qu’on en juge ! En cet été 2005, Galouzeau de Villepin, imposa antidémocratiquement par ordonnances tout d’abord son « plan d’urgence pour l’emploi », où figurent notamment un certain CNE (Contrat Nouvelle Embauche), mais aussi la non-comptabilisation des jeunes de moins de 26 ans dans l’effectif des entreprises pour l’appréciation des obligations prévues dans le Code du travail (concrètement, ils ne seront plus pris en compte dans les élections professionnelles !), et une quantité d’allègements de charges et de facilités fiscales à destination des employeurs, qui sont comme chacun sait les plus à plaindre dans notre pays, si injuste envers leurs efforts et leur philanthropie ...

Galouzeau de Villepin, « social-gaulliste » uniquement dans ses rêves, venait ainsi de faire passer à la faveur de la trêve estivale un cocktail de mesures classiquement ultralibérales, pendant que les Français profitaient gaiement de leurs vacances : belle preuve de courage politique ! Mais Galouzeau l’échalas n’eut pas à subir les foudres des français à leur retour de vacances : la crise des banlieues, qui secoua le pays en octobre 2005, assura l’ensablement médiatique des décisions estivales, et lui permit de réaliser à plus grande échelle son rêve d’un pays muselé par la peur, maintenu dans l’ « Etat d’urgence » permanent au nom duquel on justifie les plus grandes régressions sociales.

Il fallait logiquement réagir dans l’urgence à l’urgence politique et sociale dans notre pays. Ce fut le « projet de loi pour l’égalité des chances », déposé à l’Assemblée Nationale début janvier 2006, avec la mention « urgence déclarée », pour introduire à la faveur des émeutes le concept même d’urgence dans le débat politique, et verrouiller ainsi toute velléité de discussion et d’opposition au sein de l’opinion publique et des médias. Nous voilà enfin arrivés avec cette « loi sur l’égalité des chances » au CPE (Contrat Première Embauche), étendant aux moins de 26 ans dans toutes les entreprises les dispositions du CNE. Le projet comporte encore l’instauration de l’apprentissage professionnel dès 14 ans et de vagues mesurettes censées endiguer l’exploitation des jeunes en stage dans les entreprises.

Contestée en cours d’examen à l’Assemblée et au Sénat, la loi fut votée le 8 mars 2006.

GALOUZEAU DE VILLEPIN : SOCIAL KILLER, LIBERAL WINNER

Non, Galouzeau de Villepin n’est pas seulement Premier ministre, il est aussi le plus éminent social killer, le plus grand artisan en régression des acquis sociaux que la droite ait donné avec Sarkozy. La méthode galouzesque est un ingénieux cocktail de rhétorique sociale, accompagnée d’une large mesure de libéralisme, assaisonnée d’une pincée d’urgence indispensable à l’efficacité du mélange.

D’abord, la rhétorique sociale : Galouzeau de Villepin aime à parler « d’égalité », de lutte contre les « discriminations », de « dialogue », d’ « écoute », « d’éducation », de « chance » et de tous ces thèmes chers au progressisme social et au réformisme de la gauche (de gauche).

Cependant cette rhétorique pseudo-sociale n’a qu’un but : maquiller en droite de gauche une droite ... vraiment de droite. En d’autres termes : présenter en des termes sociaux et généreux une politique libérale dure et injuste.

Le galouzis aime ainsi parler de lutte contre la « discrimination », mais Galouzeau fait tout le contraire : il stigmatise les jeunes de moins de 26 ans, en leur réservant un sous-contrat de travail, et en les condamnant ainsi à une vie plus dure que celle de leurs parents ou de leurs aînés. Le galouzis revendique le « dialogue » et « l’écoute » mais Galouzeau n’écoute que les intérêts partisans d’une minorité patronale, qui rêve de ne plus payer les contributions qu’elle doit à la société, d’embaucher des salariés jetables, corvéables, et malléables à merci : on en veut pour preuve ce fait qu’après la puissante manifestation du samedi 18 mars 2006 contre le CPE, Galouzeau de Villepin, en signe d’écoute et de dialogue, a immédiatement reçu le lundi 20 au matin ... les patrons, bien entendu favorables au CPE ...

Le galouzis parle « d’éducation », mais c’est pour mieux réduire la mission de l’école à transmettre un misérable « socle commun » spolié de toute ambition artistique, philosophique et humaniste, restaurer l’apprentissage et donc le travail des jeunes dès 14 ans en partenariat avec les entreprises, et faire entrer la police à l’école, sans doute pour réprimer toute révolte lycéenne à venir, tant les attaques à leur encontre semblent devoir se multiplier.

Le galouzis parle de donner leur « chance » aux jeunes, mais ici l’ironie galouzesque atteint son comble, car on ne voit pas quelle chance constitue pour un jeune la perspective d’être éjecté à tout moment de son poste de travail, de bénéficier d’une éducation au rabais, d’être soumis aux quatre volontés de son employeur, de n’avoir pour seul projet dans l’existence que de conserver un emploi précaire, et de mener une vie où l’angoisse de tout perdre côtoie l’humiliation de se voir licencier sans motif, comme on se débarrasse d’un vêtement qui ne plaît plus.

Partout Galouzeau de Villepin nous inonde de paroles de gauche, mais applique une politique de droite. Partout il se dit sincère et loyal à la jeunesse, partout il lui ment et la trahit. Et un tel grand écart, loin de témoigner d’une quelconque stratégie de haut vol, marque au contraire l’extraordinaire faiblesse de l’idéologie libérale en France. Ce besoin d’enrober d’un voile progressiste des mesures réactionnaires ne peut signifier qu’une seule chose : il est tout simplement devenu impossible de défendre clairement une franche politique libérale en France, car elle ne susciterait, telle quelle, que la méfiance, l’hostilité et le rejet immédiat de l’opinion publique, dans un pays qui a eu le courage de rejeter massivement le projet de Constitution Européenne précisément parce qu’il était libéral. C’est pourquoi, paradoxalement, la droite aujourd’hui en France doit faire semblant d’être gauche, si elle veut assoupir les consciences, faire avancer ses projets, et finalement faire voter ses lois socialicides. C’est pourquoi Galouzeau de Villepin adopte le comportement bâtard d’une façade de justice sociale masquant la réalité libérale et réactionnaire de ses projets : la « loi sur l’égalité des chances » n’est ainsi au total qu’une loi visant à casser l’égalité des salariés et en particulier des jeunes face au code du travail, et d’assurer aux employeurs la chance de disposer d’une exonération de contributions sociales, et de salariés bâillonnés, flexibles et peu coûteux.

Mais la rhétorique ne dure qu’un temps : vient un jour où les français, stupéfaits, découvrant la scandaleuse injustice du CPE, le rejettent à une très large majorité, dans des manifestations puissantes dont l’intensité n’a fait qu’augmenter depuis février 2006. C’est dès lors le temps qui joue contre Galouzeau de Villepin, car chaque jour passé à commenter ses lois, à manifester contre elles, à traduire en langage clair et franc les sophistications mensongères du galouzis, contribue à pulvériser les bonnes intentions du gouvernement, à démolir sa creuse rhétorique, à lever le voile sur le glauque avenir auquel on promet la jeunesse. Galouzeau de Villepin est alors démasqué : on découvre son autisme sous sa prétendue « ouverture », son monologue libéral derrière son « dialogue social », sa morgue derrière sa « modestie », son incapacité politique derrière sa « compétence » technocratique, sa surdité derrière son « écoute », son mépris pour les jeunes derrière sa « préoccupation » pour la jeunesse, ses intérêts partisans derrière son soucis de « tous », son aveuglement béant derrière sa « lucidité » d’homme d’Etat.

Démasqué, Galouzeau de Villepin l’est en même temps que l’UMP et que Nicolas Sarkozy, dont personne ne doit oublier qu’il est favorable à l’instauration d’un contrat de travail unique au rabais et à la suppression pure et simple du CDI, dont la création du CNE et du CPE ne sont que les prémices. Dévoilée, découverte, mise à nu, cette politique réactionnaire n’a qu’un seul moyen de passer : l’urgence. C’est sur elle qu’il faut donc maintenant s’attarder.

DE L’URGENCE EN POLITIQUE COMME INSTRUMENT ANTISOCIAL

L’urgence est, selon le dictionnaire, « la nécessité d’agir vite ». On comprend qu’il puisse être urgent d’expédier une lettre ou de soigner un blessé. Mais cette appréhension intuitive de la notion d’urgence ne justifie en rien son application à la politique, surtout lorsqu’il s’agit de prendre des décisions qui engagent durablement la vie de millions de jeunes, et même le visage entier de la société française.

L’urgence, dans la vie politique française, désigne en effet d’abord la faculté que possède le gouvernement de faire procéder au vote d’une loi en une seule lecture par chacune des assemblées du Parlement. Mais cette urgence peut prendre encore d’autres formes : l’engagement par le Premier Ministre de la responsabilité de son gouvernement sur le vote d’un texte (c’est le fameux « 49-3), et la promulgation de lois par ordonnances, permettant sous certaines conditions d’adopter des lois par une procédure de simple décret.

Enfin, le conseil des ministres peut déclarer « l’état d’urgence » pendant une durée d’abord limitée à 12 jours (mais pouvant être étendue par le Parlement), permettant notamment l’instauration d’un couvre-feu par les Préfets, l’assignation à résidence, les perquisitions de nuit, d’ « ordonner la fermeture de salles de spectacle, de débits de boissons et lieux de réunions », ainsi que de « prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toutes natures ».

Toutes ces procédures sont, par définition, exceptionnelles, puisqu’elles ont pour conséquence d’affaiblir ou de supprimer le libre examen démocratique des lois par le Parlement, représentant du Peuple. Décider dans l’urgence, c’est passer par-dessus la représentation nationale, par-dessus les libertés constitutionnelles (état d’urgence), c’est-à-dire par-dessus les valeurs fondamentales qui structurent notre société et assurent l’exercice réglé et mesuré du Pouvoir. Décider dans l’urgence, c’est bloquer la libre discussion des lois par les députés et les sénateurs, et par conséquent paralyser l’examen des lois par l’opinion publique, qui a besoin de temps pour les analyser, en débattre et les approuver ou les rejeter. Décider dans l’urgence, c’est annuler le rôle des partenaires sociaux, et principalement des syndicats de lycéens, d’étudiants ou de salariés, qui ne peuvent participer à l’élaboration des projets de loi.

Galouzeau de Villepin a beau dire que l’urgence sociale, symbolisée par les émeutes de novembre 2006, l’a contraint à légiférer dans l’urgence. En réalité, c’est depuis mai 2006, donc depuis qu’il est Premier Ministre, qu’il décide dans l’urgence : c’est depuis mai 2006 qu’il accélère le vote des lois en une seule lecture, qu’il il use et abuse des ordonnances et du 49-3. Dans cette perspective, l’instauration de l’état d’urgence après les émeutes n’a pas été une rupture avec l’exercice démocratique et réglé du pouvoir, mais le prolongement d’un exercice arbitraire, autoritaire et autiste du pouvoir.

Et tout cela nous ramène bien évidemment au CPE : contrat de travail plaçant le salarié désarmé fac à l’arbitraire du patron, ce qui fait écho aux décisions arbitraires de Galouzeau le Grand face au Peuple français. Dans un pays qui a dit Non au libéralisme en rejetant le TCE, dans un pays où la jeunesse est malade de stages, de petits boulots sans avenir, mal payés et précaires, où peut bien être « l’urgence » d’infliger aux moins de 26 ans un CPE qui relève du libéralisme le plus archaïque, qui consolide et légalise la précarité, l’arbitraire patronal, les petits boulots successifs et sans avenir ? Dans un pays où la jeunesse s’inquiète pour son avenir, où est « l’urgence » de lui imposer par la loi une totale absence d’avenir, de projets et d’espoir par un emploi jetable ? Dans un pays épris d’égalité et de justice sociale, où est « l’urgence » d’injecter une inégalité entre moins de 26 ans et plus de 26 ans, de mettre en concurrence les jeunes et les moins jeunes ? Dans un pays attaché au code du travail, où est « l’urgence » de casser les règles de licenciement et de protection du salarié ? Dans un pays émancipé depuis bien longtemps du féodalisme, où est « l’urgence » de remettre à l’ordre du jour la figure d’un patron-seigneur ayant le droit d’utiliser son salarié-serf comme une chose, dont on dispose à sa guise et que l’on jette quand on veut ?

Il n’y a ici, pour le bien du Peuple, nulle « urgence ». La seule urgence que l’on peut trouver, est caricaturalement du côté des employeurs et du patronat, et seulement de leur côté. Dans un pays où des règles protégent encore le salarié de l’arbitraire patronal, il y a « urgence » à supprimer tout motif de licenciement. Dans un pays où les patrons sont tenus de verser des cotisations utiles à la société, il y a « urgence » à supprimer toute cotisation sociale pour accroître le profit des employeurs, en privant l’Etat des ressources nécessaires à une politique de justice sociale. Dans un pays où les salariés parviennent encore à s’unir pour protester contre des lois injustes, il y a « urgence » à casser la solidarité et l’égalité de statut des salariés, pour les mettre en concurrence entre eux comme des chiens. Dans un pays où tous aspirent à un travail stable et protégé, à un CDI, il y a « urgence » à introduire une brèche dans le code du travail, et à préparer la disparition du CDI, ainsi que du code du travail lui-même. Dans un pays où le social prime encore sur l’économique, il y a urgence à désespérer le Peuple d’un quelconque progrès social pour les générations à venir. Bref, dans un pays gouverné par l’Union pour la Majorité des Patrons, il y a effectivement « urgence » à imposer le CPE...

Mais l’urgence selon Galouzeau de Villepin est aussi diverse qu’il y a d’intérêts patronaux à satisfaire. Il est ainsi urgent de criminaliser le peer-to-peer pour satisfaire les intérêts d’une poignée de multinationales avides de contrôler la distribution et l’exploitation des biens culturels, au lieu de penser une démocratisation généreuse et audacieuse de la culture à la faveur de nouvelles technologies de partage. Il est urgent de légaliser la culture des OGM, pour satisfaire l’intérêt des multinationales de l’agriculture, et des industriels désireux d’accroître leurs profits par l’utilisation de produits moins chers mais sans doute nocifs pour l’environnement voire pour la santé des consommateurs. La frénésie « d’urgence » de Galouzeau de Villepin semble aussi insatiable que les intérêts patronaux auxquels il obéit comme un chien à son maître .

IL EST URGENT ... DE REAGIR

Replacé dans son contexte, le CPE apparaît au total comme un projet d’une violence antisociale inouïe, emblématique d’un exercice autoritaire, partisan, autiste et libéral du pouvoir.

Si nous laissons faire, nous ne perdrons pas seulement la notion juridique d’un contrat de travail réglé et contrôlé par la loi ; nous ne perdrons pas seulement le principe que l’employeur doit contribuer par des cotisations au budget de l’Etat, ou que le travail doit être stable et garantir un avenir au salarié. Nous perdrons l’idéal d’un pouvoir réellement à l’écoute du Peuple et des syndicats, d’un exercice patient et contrôlé du pouvoir, d’une démocratie vivante et juste. Nous perdrons le principe que les intérêts économiques doivent être subordonnés à l’exigence fondamentale de justice sociale. Nous perdrons l’idéal d’une société qui doit élever la jeunesse au-dessus des conditions de vie des générations passées, et non lui faire dévaler la pente du progrès en la condamnant aux affres du prolétariat.

De manifestations en grèves, jeunes et moins jeunes, lycéens, étudiants et salariés découvrent ou redécouvrent dans l’action la véritable signification de l’urgence : la nécessité, imposée par une politique antisociale et injuste, d’agir au plus vite pour contrer la destruction accélérée des acquis sociaux et des idéaux d’égalité, de protection et de progrès sans lesquels une démocratie ne saurait vivre.

Il est de notre devoir de réussir la grande grève générale du mardi 28 mars prochain. Si Galouzeau de Villepin s’obstine encore après à maintenir le CPE, ne commettons pas l’erreur de demander sa démission, car il serait bien vite remplacé par un nouveau pantin du Medef. Mais cessons de travailler, réunissons-nous au contraire pacifiquement, jour et nuit, joyeux et solidaires, dans les rues de nos villes, comme le font actuellement les citoyens biélorusses, jusqu’à ce que ce pouvoir injuste tombe de lui-même, comme le fruit mûr de notre plus lucide colère.

Antonio Molfese, mars 2006.

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