Baroud d’honneur des opposants orthodoxes à Marie-George Buffet

Le Monde

Les opposants "orthodoxes" à Marie-George Buffet ont décidé, vendredi 24 mars, de se rappeler au bon souvenir du congrès du Parti communiste français, réuni au Bourget (Seine-Saint-Denis). Alors que depuis la veille, les 958 délégués communistes avaient studieusement écouté leurs dirigeants défendre à la tribune la "ligne Buffet" - pas de candidature communiste annoncée mais une invitation aux forces de gauche à construire une "candidature unitaire de la gauche sur un programme antilibéral" -, les courants minoritaires ont tenté d’exister par tous les moyens. Y compris l’esclandre.

André Gerin, député du Rhône, dont la motion intitulée "Fiers d’être communistes" a recueilli 13,25 % des votes, après avoir essayé de mettre quelques congressistes de son côté en dénonçant le "rassemblement en trompe-l’oeil du microcosme parisien" proposé par la secrétaire nationale du PCF. Son camarade Jean-Claude Danglot, patron de la fédération du Pas-de-Calais, lui avait emboîté le pas, fustigeant le "flou le plus complet de l’orientation pour 2007" et ironisant sur cette "ouverture limitée à la LCR qui, jusqu’il y a peu, criait "élections pièges à cons"".

Mais seuls quelques timides applaudissements venus de leurs partisans leur ont fait écho. D’autres opposants avaient même fait le choix, devant un congrès acquis à "Marie-George", de ne pas intervenir à la tribune. Robert Hue, son prédécesseur et ancien candidat à l’élection présidentielle, faisait juste part dans les couloirs de son étonnement que la secrétaire nationale se prête à "une course à l’échalote pour attendre qu’Olivier Besancenot parte le premier". Alain Bocquet, président du groupe communiste à l’assemblée nationale, lui, rappelait qu’un parti politique, "ça doit annoncer la couleur clairement et ne pas tergiverser" avant d’invoquer une grippe pour quitter la salle.

Vendredi matin, c’était au tour de Maxime Gremetz, député de la Somme, d’essayer de se faire entendre. Sans mandat de délégué, il s’est d’abord manifesté bruyamment dans les travées. Puis il a provoqué un vif incident à la tribune en riposte aux propos du secrétaire de sa fédération, Joël Carliez, avec lequel la crise est ouverte depuis plusieurs semaines. M. Carliez a évoqué le score d’à peine 4 % obtenu par le député de la Somme sur son texte de congrès dans son propre fief. Et a expliqué que les communistes locaux avaient souhaité ainsi "rejeter le populisme et les agissements de celui qui prétendait porter la colère et l’espoir". M. Gremetz a alors tenté de s’emparer du micro, provoquant l’irritation de la salle.

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