La presse israélienne y voit un "signal d’alarme"

La presse israélienne y voit un "signal d’alarme"

LE MONDE | 23.03.06 | 14h29 • Mis à jour le 23.03.06 | 14h29

JÉRUSALEM CORRESPONDANT

’étude consacrée par deux universitaires américains, John Mearsheimer et Stephen Walt, à l’influence du "lobby" pro-israélien américain sur la politique des Etats-Unis, pouvait difficilement passer inaperçue en Israël.

Le quotidien populaire Yediot Aharonot a été le premier à réagir, le 20 mars. Une fois pointés le ton "légèrement hystérique" et des "dérapages qui rappellent les Protocoles des Sages de Sion", un brûlot antisémite du début du XXe siècle, l’article estime pertinente l’analyse selon laquelle les intérêts israéliens et américains ne seraient pas nécessairement convergents.

Après la véritable symbiose qui a caractérisé les relations entre George Bush et Ariel Sharon, l’auteur de l’article, Gadi Taub, estime qu’une fois que les Américains seront revenus de la "vision" de M. Bush concernant le Proche-Orient, ils seront mécaniquement conduits à revoir leur politique. Gadi Taub ajoute que la génération qui dirige le "lobby" pro-israélien va bientôt s’effacer. Elle sera remplacée, selon lui, par une nouvelle qui s’est forgée dans l’opposition à la guerre du Vietnam et qui risque d’être autrement plus critique vis-à-vis de la politique israélienne dans les territoires palestiniens.

Cette idée a été reprise, mercredi 22 mars, par le quotidien Haaretz, qui a consacré un éditorial similaire à la controverse. "Il serait irresponsable d’ignorer le message dérangeant de l’article estime le journal. Le gouvernement israélien doit comprendre que le monde ne va pas attendre éternellement qu’Israël se retire des territoires." Même si les projets de nouveaux retraits prêtés au prémier ministre Ehoud Olmert vont, selon le Haaretz, dans le bon sens, le quotidien estime qu’il sera "impossible de fixer une frontière de manière unilatérale" sans le soutien des Etats-Unis et de l’Europe. "L’article ne mérite aucune condamnation. Il constitue au contraire un signal d’alarme", conclut le Haaretz.

A la vérité, il ne s’agit pas du premier. Après la reprise en mars des ventes d’armements israéliens à la Chine, les Etats-Unis, estimant que leurs intérêts étaient menacés, avaient vivement réagi.

Gilles Paris

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