Lilian Thuram. Le plus politique des joueurs français répond à Sarkozy

Lilian Thuram. Le plus politique des joueurs français répond à Sarkozy

« Je ne suis pas une racaille, moi »

« La morale et ses obligations, c’est au football que je le dois. Je ne me sens innocent que dans un stade. »

Albert Camus

Lilian Thuram, figure marquante du onze tricolore, se souvient de son premier sacre mondial. Et pour cause, sa notoriété est née de là, presque incidemment. Il aurait pu être voué aux gémonies après l’erreur qu’il a commise qui a permis à Davor Suker de marquer le but croate. La suite est connue.

Thuram, qui n’avait jamais marqué un but en équipe de France, inscrit deux buts d’anthologie en deuxième mi-temps et permet aux Tricolores de se qualifier pour la finale. Son parcours en sélection est légendaire. Gagner une Coupe du monde en 1998 et l’Euro 2000 reste pour lui un souvenir inoubliable. Mais la médaille a son revers et Thuram annoncera son retrait de l’équipe de France en juillet 2004 après un Euro calamiteux qui n’ira pas plus loin que les quarts de finale. La Grèce en avait décidé ainsi et les Français, tête basse, le cœur lourd, restaient marqués par le syndrome du mondial asiatique. Mais le mercredi 3 août 2005 et devant la piètre posture de l’équipe de France qui n’arrivait pas à décoller des starting-blocs, Zidane annonce officiellement son retour en équipe de France avec Makelele. Sollicité, Thuram le généreux ne pouvait que dire oui. La France sous le choc, et qui était sur le point de gâcher ses chances de qualification pour l’Allemagne, éprouve beaucoup de bonheur à voir ces idoles venir aider un onze sans âme, presque à la dérive. Le pari est tenu et les Bleus certes laborieux décrochent leur billet qualificatif. Il y a quelques jours, la liste des 23 joueurs convoqués par Domenech est rendue publique. Lilian, bien évidemment, en fait partie. Il fait figure de leader de la défense, en espérant, pense-t-il à haute voix, amener l’équipe de France en finale le 9 juillet prochain. Mais Thuram n’est pas qu’un simple footeux. Son engagement politique et ses prises de position en font le porte-flambeau des jeunes. Son franc-parler et son sens critique dérangent certains milieux. Mais il s’en moque éperdument en dénonçant les dérives du football, touché de plein fouet lui aussi par la mondialisation.

Lire la suite en ligne : >>> lire la suite