"Sans électricité ma fille va mourir"

"Sans électricité ma fille va mourir" ( Loutfi Halaoua, samedi 1er juillet 2006 )

A l’hôpital pour enfants Al Nasser, Loutfi Halaoua se tient près du lit d’Isra, sa fille de neuf mois, et prie pour que les coupures de courant dans la bande de Gaza n’affectent pas le respirateur artificiel qui la tient en vie. "Sans électricité ma fille va mourir", explique-t-il.

Des responsables palestiniens du secteur de la santé affirment que les frappes israéliennes qui ont détruit la principale centrale électrique de Gaza ont mis en danger la vie de centaines de patients. Israël mène depuis mercredi 28 juin une vaste offensive militaire dans la bande de Gaza Les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge ont déclaré que cette offensive avait privé les hôpitaux et les habitants d’électricité et coupé des conduites d’eau.

La fermeture des frontières par Israël empêche également les produits de première nécessité, comme le carburant, d’entrer dans la bande de Gaza.

L’hôpital Al Nasser où est soignée Isra a utilisé jusqu’à présent un générateur lors des coupures de courant mais les réserves en carburant ne tiendront que cinq jours, affirment des médecins.

"Ces patients attendent leur exécution dans le cas où il n’y aurait plus de carburant ou si l’électricité reste coupée. Ceux qui ont détruit la centrale seront responsables", lâche le docteur Madjid Aouadallah, qui dirige une unité de soins intensifs. "La différence, c’est que d’habitude, les gens qui attendent leur exécution sont des criminels et ici ce sont des enfants innocents", ajoute-t-il.

Les autorités palestiniennes ont décidé d’établir un système de rotation pour fournir de l’électricité aux différentes parties de la bande de Gaza.

Chacun à leur tour, les habitants doivent vivre sans électricité pendant huit heures. Ils utilisent alors des générateurs. Mais ces équipements risquent bientôt de ne plus être d’aucune utilité car selon les stations-service, les réserves en carburant seront épuisées dans quelques jours.

L’armée d’occupation a déclaré vendredi que le terminal de Karni serait ouvert la semaine prochaine pour laisser entrer des produits de première nécessité.

En attendant, Anouar Abou al Kass remplit les rayons de son supermarché de bougies et lampes de poche, devenues indispensables pour circuler la nuit à Gaza. "Nous en vendons toute la journée", explique-t-il.

De nombreux habitants accusent Israël d’avoir pris comme prétexte l’enlèvement d’un de ses soldats pour envoyer des troupes dans la bande de Gaza et renverser le gouvernement du Hamas.

"C’est un mensonge de dire qu’Israël fait tout ça pour libérer son sale soldat", affirme Ammar Hamed, un chauffeur de taxi. "Dans un jour ou deux, je ne pourrai plus mettre de carburant dans ma voiture et je ne pourrai plus travailler."

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