’’La violence des jeunes’’ : un discours criminel

Si les meurtres commis par des mineurs ne datent pas d’hier, le traitement médiatique et politique de ces meurtres est en revanche nouveau : depuis quelques années, chacun de ces meurtres est l’occasion d’une mobilisation générale autour du thème de ’’la montée de la violence des jeunes de banlieue’’.

Un exemple parmi de nombreux autres : à la une du Parisien du 5 décembre 2000, on pouvait par exemple lire ceci : « Le triste assassinat du jeune Soufiane à Grenoble, par deux ados du même âge ou presque vient, au terme d’une terrible série, rappeler une évidence : les violences commises par des mineurs se multiplient ». Et dans les deux pages suivantes, tout laissait entendre que les homicides font partie de ces violences qui se multiplient : le sous-titre indiquant que « selon les spécialistes, la violence augmente chez les mineurs » , l’intertitre ("Un phénomène récent et assez inquiétant") et surtout le titre principal, s’étalant sur deux pages : « Ces adolescents qui n’hésitent plus à tuer ».

Cette présentation est mensongère. Car, en vérité, le phénomène n’a rien de récent : si certains chiffres peuvent à la rigueur laisser penser qu’il y a chez les mineurs une augmentation de certaines formes de délinquance (notamment les vols), les chiffres concernant les homicides sont en revanche sans ambiguïté : le phénomène reste très marginal, et aucune augmentation notable n’a eu lieu dans ce domaine. Entre 1987 et 1998, le nombre de condamnations pour homicide volontaire commis par des mineurs oscille entre 30 et 35, parfois un peu plus (37 en 1988 et en 1996), parfois un peu moins (26 en 1991, 20 en 1994, 27 en 1997).

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